AMOUR CONTRARIE
Argument.
Nous avons ici les plaintes de deux jeunes gens dont les parents contrarient le mariage , et qui attendent l'âge légal pour s unir, en dépit de tous les obstacles.
Le petit oiseau , dont l'autorité est alléguée dans l'avant-dernier couplet , rappelle notre ancien Lai de l'Oiselet, dont le personnage emplumé débite trois maximes, pour sa rançon, au vilain qui l'avait fait prisonnier. Aucune des trois, il est vrai, ne se rapporte aux paroles que le coblacari basque prête à l'un de ses pareils ; mais l'oiselet du trouvère débite en non latin un sermon destiné
à exalter Amour et à le mettre sur le même pied que Dieu luimême , dont il recommande d'observer la loi , surtout en allant à la messe >.
AMODIO CONT R A R IST ATI A .
AXIOt'R COKTRAKIK.
(8ub«roUrr«.)
Non cira , mailla , norat joao cira?
Nie ci citât ikbousten , Ez berrlric jaqolten, Norat galdn cira?
Naski cambiale da cure Ideia; Hitz eman cincraiuo , El bebin, bai bietaa.
Eoéa cinela.
— Ex , ex niz cambialu ; Bainnieo deliberatu , Eta ça Onki hartu, Dihotzez maitatu ; AiU enidel baler nau huntaratn :
Çorekio mintçalcelJe, Gotiago egoiteteie, Baino defendatu.
— AiU Jcloscorra , Doço igorri combenturn Çore albaba ederra :
Balioba ex abal da SaMbnren serora.
Pede bedera dupu , Elgarri eman duga , llori segura da.
Ez dakit jakltalex, Bainaa bai segnr usiez , Erra nie ebori balec .
Cerbeit saiet balez
Bi presuna direnian agr.nlo» eljçarrez , Ez delà probetchuric licier ilcusic erra nez, Ez coDira eguioen , Pielate hab direnez.
(Di«leot« aoultttn.)
Où êtes- vous, ma bien -aimée? en quels lieux Je ne tous rois plu» [avez- voos fui?
Ni n'entends de vos non tel les.
Où avez-voos foi?
Sans doute que tos sentiments ont changé; Cependant tous m'aviez donné parole, Non une fois, mais deox, Qoe vous étiez à moi.
— Non, je n'ai point changé; J'avais agi avec réflexion,
Et voos avais choisi pour mon onlqoe Aimédce<eor;
Mais on père cruel m'a réduite la :
De parler avec voos ,
De vous fréquenter surtout ,
Il m'a défendu.
— Père jaloux ,
Vous avez envoyé an couvent
Votre Ûlle si belle :
J'espère qoe peut-être
Elle s'y fera point de vœux.
Nous n'avons qu'one foi ,
Et que nous l'ayons jurée l'un a l'antre,
Cela est tàr.
Je ne le sais pas de science certaine ,
Mais certainement par oui-dire ,
Dit par un petit oiseau,
Qu'en certaine matière
Lorsque deux personnes se conviennent ,
Il est inutile d? les en dissuader.
Ni de le* contrarier.
Mais pitié pour ceux (qui sont) ainsi éprouvés.
' F«*H««x el contts, édil. de Méon, I. Kl, p. 119, v. 138-173.
LK PAYS B ASQll fc.
— Jin çaiiqnit ikhaustera Kta consolatcera , Ailaren ictuUc.
tioKol eu bar tudltat betherlc Urlhe baten bu ru un :
Nie et dokel orduien Amarefl acbolic , Aitaren beldorrlc.
— Ah ! venet me voir Et me consoler,
A l'iosa de mon père.
J'ai tingt-qnitre ans accomplis
Dans on ao :
Je n'aurai pins alors NI souci de ma mère , Ni cralnle de mon père.
L'AMANT CONSOLfi.
Argument.
Un amant éconduit et se déclarant console 7 tels sont le sujet et l'auteur de la chanson qu'on va lire , petit drame dialogué dont le fond n'a rien de bien neuf, il est vrai , mais qui est piquant par sa forme leste et dégagée.
Dans le dernier couplet , le poëtc s'annonce comme étant le personnage qui vient d'être congédié : rien de plus commun , dans la poésie populaire , que de finir par des détails sur l'auteur :
Qui fit la chansonnette ? un noble aventurier, Lequel est de Grenoble, du lieu de Dauphiné, etc.
\ Chansons nouvellement composées sur divers chants tant de musique que de rustique ,etc. Paris, Bonfoos, 1548, în-8<>. — Vaux-de rire d'Olivier Basselin , Cêtn , 1821, ln-8", p. 202.)
Celuy qui fist Ceste jolye chanson (bit).
Un cuisinier, Qui estoil de Lyon , Cuisinier en gallcre , Kl ballant l'aviron Tousjours en grand'misere , Hélas! tousjours en grand'misere.
Qui fit la chansonnette? fut un gentil gallant, Venant de La Rochello; n'avoit pas cinq cens francs, Pas dix eseuz pour vivre. Par quoy, chantons trestous, etc.
(ibid., pag. 201. )
{ibid, p. 200.)
BOMÀNCES.
Qui a fait la chansonnette ?
Un bon drosle près Paris , En promenant la fillette Dans un fourmant au Mesnil.
( Chan$on nouvelle d'une nouvelle mariée, etc. ( L'Stlite
des chanson* Us plus belles du tempe prêtent
A Paris, ehei Pierre Des-Haye*. M. DC XXX!., in-12, p. 24.)
Tinodi, poète hongrois, qui vivait dans le XVI* siècle, termine ainsi une de ses pièces 1 :
- ; Tinodi; a écrit eeci fort triste, dans une chambre froide, souvent il soufflait dans ses ongles, car il n'y avait pas d'argent dans sa poehe 4. »
AMOROS COXTSOLATIA.
Gaztctasunac bainerabila Airean anhara beçala ; Gauac pasateen ditut ardura Kguna balire beçala, Oil
Ardura nabila maitia gana.
— Maitc nauçula eue erraiteaz, Ni ez naiz alegueratzen ; Baicican ère nerc bibutza Arras duru tristetzen.
Oil
Ceren ez nauçun quitatzen?
— Amodioric nie badudala Kz ceratçuia bada iduri?
Itsasoa pasa niro Curegatic igueri,
Oi!
Ceren çarcn charmagarri.
— Cliarmagarri baniça ère,
l'amant consolé.
( Di»l*ct« ût U burie N»t»rre.)
La jeunesse me mène En l'air comme l'hirondelle; Je passe souvent les nuits Comme si elles étaient le jour, Oh!
Auprès de ma bien-aimée.
— Vos paroles flatteuses Ne me conviennent guère ; Elles ne font que m 'affliger Et m'inspirent de la pitié.
Oh!
Que ne m'abandonnez- vous?
— Que j'aie de l'amour pour vous Ne vous semble-t-il pas?
Je passerais la mer A la nage pour vous, Oh!
Parce que vous êtes charmante.
— Si je suis charmante,
> Pr. Toldy (Uandhtch ier mgriseken Poésie. Peslh und Wleii , 18», ln-8°, 1. 1, p. 15) dit que Tinôdy termine plusieurs de ses poésies par ces deux vers ; je ne les ai «routés qu'une seule fols.
» Eronica Tinodi Sebestyèn sibrsèse... Colostarba (Klauseoburg), 1554, n° 3. t.
LE PATS BASQUE.
Ez naitoko içan cure.
Bada munduan berlzeric Nitaz agradalzen dcnic.
Oit
Urrun çaite niganic.
Gantu hoicn eraaileac Bz zuen escripularic ; Caderan dago jarriric , Segur alegueraric, Ui!
Penaric gabe bat galdungalic.
Je ne puis pas «Hre a vous.
Il y en a d'autres dans le monde Qui sont épris de moi.
Oh!
Éloignez -vous de moi.
L'auteur de ces chansons N'avait pas de chagrin ; 11 est assis sur sa chaise, Certes bien joyeux , Oh!
Sans chagrin d'en avoir perdu une
garnie ).