A SIRÈNE
A-ftoneat.
Cfaap. II, p. 41, ii.
allusions aux sirènes, dont Wace avait donné une description détaillée ». Dans la Bataille de Loquifer, un aucien trouvère en représente une à la chevelure éblouissante qui se met à chanter ». Guillaume de Lorris , voulant donner une haute idée de certains oiseaux, compare leur chant à celui de seraines de mer, qui, dit-il, doivent leur nom à la sérénité de leur voix *. C'est, en général, cette voix merveilleuse des sirènes que nos anciens auteurs s'accordent à louer *. Cependant, ils vantent aussi leur beauté • et la rapidité de leur marche •.
Tout le monde connaît une apostrophe du Cid au roi Alphonse, dans laquelle il qualifie des paroles trompeuses de chants de sirènes 7 ; mais les érudits seuls ont lu ce couplet de Juan de Mena , qui ressemble à celui du poëte basque :
Solamente con cantar Diz que engafia la serena ; Mas yo no puedo pensa r Cual manera de enganar A vos no vos venga buena.
; Guay de aquel hombre que mira, etc. (Caneionero, e(c, publ. por D Aguslin Daran. Madrid, imprenta «le D. Eusebio Aguado, 1829,in-18, p. 10, col. 1. Cf. p. 3, col. 1; 99, col. 1; 181, col. 1.)
Dans le Pays Basque français, j'ai rencontré, sur la route de Bayonne à Irun, une sirène sculptée au-dessus d'une porte : c'étaient sans doute des armoiries pareilles au premier et au quatrième quartier des armes de Fontarabie 8 et à celles de la
1 U Homan de Brut, etc. Rouen, M DCCC XXXVI, in-8°, 1. 1 , p. 37, v. 735 et soi».
* Ma. de la Bibl. imp. n° 7533, fol. «96 recto.
* Le Roman de la Rose, édlt. de Méon, t. I, p. Î8. Voyez encore t. II, p. MO, v. 8511.
* Voyez encore la ballade de Villon, des Damée d» tempe jadis, couplet III; l'Amant rendu eordelier è robserrance d'amours , st. i.
* Roman de Blancandin, Ms. de la Bibl. imp. n° 6987, fol. Î57 recto, col. î, v. 18. — La Fleur des batailles Doolin de Mayenee , etc.
* Guillaume Coiart, Branche de$ royaux lignages, ann. 1Î04, v. 3001. [Ckron. nat. (r., édit. Verdière, t. VII, p. 160.)
' Esc bnen Cid Campeador, etc. ( Romancero castellano, etc. Leipsiqoe , F.-A. Brockhaus, I844,in-li, l. I,p. 197.)
» An XIVe siècle, le seeau de la ville de Fontarabie représentait une barque dans laquelle se trouvent des pécheurs qui harponnent une baleine. ( Archives de l'Fjnpire, série J, car* ton 615, pièce n° 9. ■ Autour de ce sceau on Ut : Sigillum eoncilii de Fonte Arabia. Le conire-scel représente un château avec cet exergue remarquable : France le protège, qui
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famille Vertiz, dont l'écu porte une sirène avec un miroir à la main », emblème national, que M. Cénac Moncaut a retrouvé sur neuf écussons du village d'Aparté. La reine Jeanne d'Évreux possédait une représentation semblable, ainsi indiquée dans le compte de l'exécution de son testament, en date de 1372: « Item une damoiselle eu façon d'une serainne d'argent doré , qui tient un miroir de cristail en sa main, pesant marc et demy, prisié xiij francs *. »
Navigateurs , les Basques des côtes de l'Océan ont dû prendre pour armes la représentation d'objets en rapport avec leurs courses lointaines et de nature à en consacrer le souvenir. Or, les sirènes passaient, au moyen âge, pour exister toujours dans la mer des Indes sous deux espèces : l'une, moitié femme et moitié poisson : l'autre, moitié femme et moitié oiseau », et il n'était pas sans exemple qu'il s'en fût montré quelqu'une sur les côtes du Pays Basque, où on les désignait sous le nom de lamiac *. J'ouvre le Compendio hislorial du docteur de Isasti , et je lis , liv. Ier, chap. XII, sect. 19, p. 153, qu'au temps de cet écrivain une sirène fut portée par une vague sur un navire du Passage qui rentrait par une tourmente, qu'elle resta sur le pont, à la grande admiration des marins interdits qui cherchaient comment ils s'en pourraient rendre maîtres , et qu'à la faveur du roulis elle sauta à la mer et s'échappa. « Une personne digne de foi , ajoute le crédule docteur, m'a certifié le fait , et je le tiens pour certain ». »
vicDt a P appui de ce que P. de Marc* (Histoire de Bear», lit. I, chap. IV, seet. V, p. 14) et le P. de Larramenrii {Diccionario /n/i»$«<f,prologo, pari. Il, cap. V, 1. 1, p. txij) ont dit des anciennes limites de la France sur la frontière d'Espagne.
1 Nobiliario de el valle de la Valdorba, etc. Su autor el I>. D. Francisco de Elorza y Rada. En Pamplnna : por Francisco Antonio de Neyra , ailo de 1714, in-4°, p. 344. M. de Cénac Moncaut donne à la vallée ou université de Vertissana, sur la Bidassoa , composée des bourgs de Narbarte, d'Olereguy et de Legas&a, la sirèno flottant sur ondes, tenant a la main le miroir et le flambeau. {Histoire de» Pyrénées, etc., t. V, p. 428.)
1 Collection de dissertations, notices et traités particuliers relatifs è t histoire de • France, etc., t. XIX, p. 134, 135.
' Sotice d'un atlas en langue catalane, manuscrit de l'an 1375, etc. {Notices el extraits des manuscrits de la Bibliothèque du Roi, etc., t. XIV, 2e part., p. 138.)
* Voyez ci-dessus, cliap. VIII, p. 153.
* On lit uuc histoire presque semblable d'un homme marin qui s'était montre dans la mer de Cadix, dans V Histoire naturelle de Pline, liv. IX, chap. IV. - On trouvera sur les
On me dirait que lu figure de pierre dont je parlais tout à l'heure est pour quelque chose dans les mentions de sirènes qui viennent de passer sous nos yeux , que je n'en serais que médiocrement étonné. Le chemin de Bayonue en Espagne était autrefois très-fréquenté par les pèlerins, qui charmaient les ennuis de la route à l'aide de la poésie et de la musique. L'un d'eux le dit expressément, mais hélas! de la façon la plus vulgaire :
J'entens à chanter la chanson Du Pèlerin sur la couronne , Que nous changeasmes à Baïonne, Où chacun estoit beau garçon.
( U Triiput de Piquemouche trwoyé pour estreneu par Guéridon , à Vaut heur de la plaincte apologétique , pour faire le voyage de S. Jaque*. M. I)C. XXVI., in-8", coup!. 125, p. 34.)
Il y a plus, les pèlerins île marque étaient dans l'usage de se faire suivre de jongleurs. Messire Jean de Chartres et Pierre de Montferrand, qualifiés dans un ancien document 1 de cfievaliers de Gascogne, amenèrent, en 13G1 , trois de ces artistes à Saint- Jacques en Galice. La somme de seize florins d'or qu'ils reçurent, à leur retour, de l'infant de Navarre D. Luis, nous montre à quel point ces voyages étaient fructueux aux gens de leur espèce ». On le voit encore, plus par la confession de Robert de Wourdreton, Anglais, valet de Walter, ménestrel anglais, qui avait accompli le même pèlerinage, et qui ne manquait jamais de s'arrêter dans les bonnes maisons, d'où il partait toujours avec un présent plas ou moins considérable ». Après cela, on s'expliquera peut-être plus facilement l'inféodation de la jonglerie de Mimizan au
sirènes, qne Je ne vois pas flgnrer dans les Fies du moyen âge, etc., de M. Alfred Maury, des détails dans les Illustrations of Sorthern Anliquities, etc., p. 287-392, yoles on Lady Grimild's Wrodt. P. 319, l'a ntcur donne en noie l'analyse de la légende allemande de Melosine, la fée moitié femme moitié poisson ; il avait la une excellente occasion de mentionner la légende racontée par Jean Bromt on , d'une comtesse d'Anjou qui s'était envolée d'une église ou elle était retenue. {Historiée Anglican* Script or es X, 1. 1, col. 1045, 1.40.)
• Archives de la Chambre des comptes, à Pampelune, cari. 14, n° 96.
* Diccionario de antiçuedaéts del reino de Nararra, t. Il, p. 706 , 707, pal. peregrhios 0 r orner os.
1 Mémoires pour servir à r histoire de Charles II... surnommé le Mourais, etc., par Secousse, t. II, p. 494 et suiv.
XIIIe siècle, c'est-à-dire le droit de percevoir certaines redevances sur les jongleurs qui passaient dans cette ville *.
A cette époque , ce n'était pas chose facile que de passer les Pyrénées et d'arriver sain et sauf à Saint-Jacques, bien que des chanoines de Saint- Éloi de Coinpostellc eussent entrepris la police des chemins, € et de conduire et reconduire seurement les pèlerins, venants le grand chemin François, qu'ils appellent encores à présent , qui vient des Landes de Bordeaux à Léon *. »
Déjà , au XII" siècle , Richard Cœur-de-Lion avait été obligé d'employer la force pour obtenir des Basques et des Navarrais de laisser les pèlerins traverser paisiblement leur territoire, ou, comme on disait à l'époque, les ports ».
De là le terme de passeport, employé dans le principe pour désigner le sauf-conduit dont avaient soin de se munir les pieux voyageurs. An milieu du XIII' siècle, un bourgeois de Bordeaux en obtenait un du roi d'Angleterre * ; et près de cent ans pins tard , Aimcri , vicomte de Narbonne , et Thibaut de Berone, s'étant
* Notice d'un manuscrit de la bibliothèque de Wolfenbûttel , etc., ebap.VI , § iv. ( Notice* et extrait» de» manuscrits, etc. , 1. XIV, p. 372.1 — Un passage des Enfance» \ï viens, que nous avons cité dans nos Recherches sur les étoffes de soie, etc., t. II, p. 63, not. 1 , nous moutre les jongleurs se rendant aux foires et amusant les marchands pendant une traversée; mais ils affluaient surtout aux pèlerinages. Guillaume de Saint-Pair les signale, an XIT siècle, accourant au Mont-Saint-Michel , en Normandie. ( Le Roman du Mont Saint-Michel,*. Itf.)
» André Favyn, Histoire de Navarre , etc., llv. IV, ann. M. CCIH., p. 221. - Tout le long de ce chemin, entre Bordeaux et Saint -Jacques, il existait des hospices destinés à ces pieux voyageurs, nommément a Barp, Belin . Saint-Esprit , Saint-Jean-de-Luz. ( Von». Chron. de Bayonne, p. 25, 26 ; Somm. dit pays Basque, p. 35.) — Nous avons, dans le récit du voyage d'un évéque portugais, de Bayonnc dans son pays, au XIIe siècle, un tableau saisissant qne nous demandons a présenter an lecteur sans y rien changer : « Après avoir déposé ses habits pontificaux, dit l'écrivain, après avoir pris avec lui deux serviteurs cl un indigène qui connaissait a la fols la langue barbare des Basques et les chemins impratiqués du pays, il entre dans les Pyrénées, traverse le Guipnzcoa, la Navarre, la Biscaye, les Asturies, et tanlôt à pied, tantôt a cheval , longe la mer qui se brise contre les rochers des extrémités de l'Espagne. Dans ces montagnes reculées et dans ces lieux inaccessibles habitent des hommes farouches , parlant une langue inconnue , toujours prêts a tous les crimes ; et ce n'est pas sans raison que les habitants d'une contrée si âpre et si riante passent pour un peuple sans frein et sans loi. Cette route infréquentée menait a travers des rochers, des broussailles et des déserts, » etc. Historia Composlellana, Mb. II, cap. XX, A. D. 1120. (EspaU sagrada, etc., t. XX , p. 298. — Compendio klatorial de la protincia de Guipmcoa, p. 165. Cf. p. 157, not. 31.)
* Rogeri de Hoveden Annalium par» posterior, sub ann. 1177. ( Herum Ânglicarum Scriptore» pont Bedam precipui , ed. Henrico Savlle. Francof. M.DCI.. in-folio, p. 560, l. 38.)
* Th. Carte, Calai, des rolles goxems, etc., t. I. p. 6.
rais en route pour Saint-Jacques par la Navarre, reçurent de l'infant D. Luis, gouverneur du royaume, un ordre à tous les mérinos, bailes, prévôts, juges, amirantes, alcaides, alcades, villages, péagers , portiers et autres fonctionnaires, de laisser passer et voyager librement ses bons amis sire Aiineri, etc., qui allaient au seigneur saint Jacques de Galice, et leurs bêtes, monnaies d'or et autres biens quelconques !.
Ainsi recommandé, un pèlerin devait être encore plus exposé aux entreprises des voleurs qu'un pauvre jongleur souvent hors d'état de payer autrement qu'en monnaie de siuge. Les gens avaient alors la faculté de se faire assurer, du moins ils l'avaient du temps de Cleirac, qui semble, il est vrai, n'avoir eu en vue que les pèlerinages de Jérusalem et d'outre-mer; mais il nous autorise à croire que l'on en usait de même pour ceux de Saint- Jacques, quand il ajoute : « Ceux qui entreprenent voyages, ou vœux pour longtemps, ou un passage d'un pays en autre, se pourront faire asseurcr pour leur rançon ». »
ZKRENA. (D»84 t»»r«rt»rr« )
Urandian umen bada Cantasale oder bat Zerena deitzenden bat.
llsasoan inganatzen Ditu hac pasaierac, Hala nola, ni maitenac.