‹ Le Pays de Waas préhistoriqueChapitre 24 sur 67 · Ibidem, page · texte numérisé non relu

Ibidem, page

composée de carbonate de calcium, d’argile, de sable et d’oxide de fer 1 : sa composition ne diffère donc guère de celle de notre dépôt de marne. Les carrières ne sont distantes de ce dépôt que d’une vingtaine de kilomètres. Leurs environs sont de 39 à 43 mètres audessus du niveau de la mer, tandis que les rives de la Zuidleede ne sont qu’ù la côte de 5 mètres. Tout cela étant, nous nous sommes dit : s’il ne serait pas possible que les eaux torrentielles du ciel ou celles d’une source souterraine de l’époque quaternaire, se fussent chargées des parties calcareuses et siliceuses de ces carrières, et que, devenues calmes au bout de leur course précipitée, elles eussent déposé ces parties dans les bas-fonds inondés de la Zuidleede? Mais, quelque vraisemblable que celte explication nous parût d’abord, il a fallu l’abandonner, lorsque M. Nyst , qui a bien voulu examiner pour nous les empreintes des fossiles des carrières de Baelegem, nous écrivit que les deux échantillons que nous lui avions envoyés, « étaient garnis de moules d’Annélides (Ditrupa), de Polypiers (Lunulites), et de coquilles marines (Lucina, Venus, Nummulites, Peclen), semblables à celles qui se rencontrent dans nos blocs appartenant au Système laekenien inférieur, que ces fossiles se rapportent aux dépôts fossilifères éocènes d’Afllighem et des environs d’Assche, et n’ont aucun

i. Voici le résultat d’une analyse d’un spécimen des carrières de Baelegem, faite au laboratoire de chimie industrielle de l’université de Louvain : carbonate de calcium •46, i-2 °/o, argile 3 °/0 environ, sable -48,70 °j0, oxyde de fer (traces) et humidité. Nous donnons ci-dessous une coupe du terrain de Baelegem, faite par M. E. Serrure, architecte communal à Saint-Nicolas et membre de la Commission des monuments de la Flandre Orientale.

rapport avec les fossiles du dépôt de marne de Moerbeke » L’origine de cette marne est donc un problème encore à résoudre.

Tourbe. — Presque toutes les communes waasiennes situées sur l’Escaut et la Durme, possèdent, dans leurs parties voisines de ces cours d’eau, c’est-à-dire dans leurs polders, une couche de tourbe dont la puissance varie de 1 à 2 mètres. Cette tourbe est couverte par la terre végétale et recouvre, à son tour, le sable ferrugineux; ce n’est que sur les rives de la Zuidleede, qu’une espèce de tourbe imparfaite occupe la surface du sol et repose sur la marne. La tourbe est composée de débris végétaux et d’une terre noire ou noirâtre, limoneuse, quelquefois graveleuse, exhalant une odeur de bitume ou de soufre. Ces débris végétaux consistent en restes de plantes cryptogamiques , ou en racines, feuilles, branches ou tronçons de chênes, de saules, d’aunes, de hêtres, de sapins ou d’autres arbres de notre flore actuelle, parfois encore debout et enracinés. Plus on descend dans la couche tourbeuse, plus les débris végétaux sont décomposés et diminuent, de manière que le fond n’est plus qu’une masse noire homogène, habituellement molle et ayant beaucoup de ressemblance, dans son aspect et dans sa manière de brûler, avec les lignites et les bitumes. Voici comment le docteur Bongaerts à Thielrode décrit la tourbe de cette commune : « elle est formée de sable mêlé à du bois pourri dont on trouve encore une grande quantité offrant la structure parfaitement conservée des arbres de notre hémisphère. A la vue, ce bois paraît encore résistant, et, nouvellement extrait, il a la couleur du bois ordinaire, mais il est mou comme du pain d’épice, et noircit à la lumière en quelques instants ». Outre les débris végétaux, la tourbe waasienne contient quelquefois des débris animaux, tels que des coquilles iltiviatiles 1 2 3 *, des ossements de bœufs, de chevaux, de cerfs, de chevreuils, de chèvres, de sangliers et d’autres espèces animales non encore éteintes 5. On y rencontre également des outils ou des armes en bronze, des médailles, des charbons de bois \ ou autres preuves de

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