‹ Le Pays de Waas préhistoriqueChapitre 27 sur 67 · Renard, Histoire citée, pages 571 et 5S · texte numérisé non relu

Renard, Histoire citée, pages 571 et 5S

le bassin de la Durme qu’elle suivait jusqu’à Thielrode : la ville de Saint-Nicolas se trouvait alors près du rivage au temps de la seconde, la côte, à partir du même fort, suivait la limite intérieure de nos plus anciens polders de l’Escaut, limite tracée à la page 55. Par des atterrissements toujours nouveaux formés sur les côtes et à l'embouchure des fleuves, l’estuaire d’Anvers s’est donc rétréci au point où nous le voyons, et « le rivage du golfe a reculé progressivement jusqu’aux côtes actuelles de la Belgique et de la Hollande » 2 3 *.

C’est dans ce golfe de la mer du Nord, que, non-seulement, se sont déposés notre argile et nos sables tertiaires, mais que vivait, à travers les différentes époques et les différentes circonscriptions de son existence préhistorique, tout un monde de cétacés, d’oiseaux aquatiques, de tortues marines, de poissons, d’animaux articulés, de mollusques et de radiaires. Tous les recoins de ce golfe étaient « hantés jadis par ce monde antédiluvien, si riche de formes, si plein de toute la puissance de la nature primitive » 5; « plusieurs de ces grands cétacés devaient y avoir leur station régulière, pendant que d’autres y faisaient des apparitions périodiques » l. Sur la côte belge, certaines parties du golfe semblent cependant avoir été habitées, plus que d’autres, par les grandes espèces. Parlant des environs d’Anvers, le professeur Van Beneden est d’avis que « des phoques de toutes les dimensions animaient ces plages ; que des baleines et des dauphins sans nombre remplissaient ces eaux; que des tortues grandes comme des éléphants, et des requins de cinquante pieds de longueur, y vivaient au milieu de ces animaux littoraux et pélagiques » 5. « A la même place — dit-il — où rugissent aujourd’hui les tigres, les lions et les ours dans des cages bardées de fer, souillaient jadis des légions entières de dauphins et de baleines, sillonnant librement la mer de leur élégante nageoire, et prenant silencieusement leurs ébats sans crainte de trouver l’homme sur leur passage » «. « Tous ces animaux ont vécu dans la mer, au fond de laquelle s’est déposé le sable jaune

i. Voyez te tracé de cette crête ou de cette ligne sinueuse aux pages 7 et 8.

i. Hennequin, ouvrage cité, page 3i.

3. La côle d'Ostende et les fouilles d'Anvers. Discours prononce en la séance publique de L Académie royale de Belgique, le 1(3 Décembre 18(31 , par M. Van Beneden , page 3 t. i. Ibidem, page 10.

K. Description des ossements fossiles des environs d'Anvers, par M. P.- J. Van Beneden, page 3.

o. La voie d'Ostende... etc. par M. Van Beneden, page 7.

sur lequel la ville d’Anvers est bâtie » *. Le Pays de Waas et la ville de Saint-Nicolas en particulier, le disputent peut-être aux environs d’Anvers comme habitat de prédilection. Dans son rapport sur les Ossements fossiles découverts à Saint-Nicolas en 1859, le professeur nommé met « hors de doute que la mer scaldisienne nourrissait une foule de grands animaux marins, et qu’elle formait un immense golfe, dans ces mêmes parages où nous voyons aujourd’hui le sol le plus fertile de la Belgique » 2 * 4 * 6.

La richesse de la faune de cette ancienne mer tertiaire, se prouve par la masse énorme de débris fossiles des animaux qui y vivaient. Quelques chiffres et quelques citations suffiront pour l’établir. M. Nyst, l’auteur du beau travail couronné par l’Académie sur les coquilles et les polypiers fossiles de nos terrains tertiaires, comptait, déjà en 1843, 122 genres et 554 espèces de conchifères, de mollusques et de polypiers *, et, depuis la publication de ce travail, leur nombre s’est singulièrement accru. Dans notre petit Pays de Waas, dont l’étendue cadastrale ne comprend que 56,438 hectares, les couches tertiaires ont fourni, dès à présent, 143 espèces de coquilles et 30 espèces de chéloniens, de poissons, d’oiseaux aquatiques, de crustacés et de cétacés, la plupart recueillies par nos soins l. Le 30 Juillet et jours suivants de l’année 1859, on déterra à Saint-Nicolas, en creusant la citerne du gazomètre, toute une charretée d’ossements appartenant à des poissons, à des dauphins, et à neuf individus des genres plésiocètes et hétéroeètes :i. La quantité de débris fossiles que, depuis lors, nous avons recueillis et envoyés régulièrement tous les ans au professeur Van Beneden, est considérable : dans son rapport de 1867 sur les collections paléontologiques de l’université de Louvain <!, ainsi que

1. Collections paléontologiques de l’ université de Louvain. Rapport adressé à Mgr La foret recteur de V université , par M. le professeur Van Beneden, 1867, page 2t.

2. Ossements fossiles découverts à, Saint-Nicolas en 1859. Rapport lu à la séance de la classe des sciences de l'Académie royale de Belgique, le 5 Novembre 1859, par M. Van Beneden, p. 23.

5. Mémoires couronnes et mémoires des savants étrangers , publiés par V Académie royale des sciences et belles-lettres de Bruxelles. T. XVII, 1813-14 , page 3.

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