‹ Le Pays de Waas préhistoriqueChapitre 28 sur 67 · Voyez nos Annexes lit, IV et V · texte numérisé non relu

Voyez nos Annexes lit, IV et V

s. Ossements fossiles découverts à Saint-Nicolas en 1859, rapport déjà cité de M. Van Beneden, extrait des Bulletins de V Académie royale de Belgique, 28e année, 2e série, tome VIII, N° II, page 123 et suiv.

6. Collections paléontologiques de l'université de Louvain. Rapport adressé à Mgr La foret, recteur de l’université , par M. le professeur Van Beneden, 1867.

dans sa notice sur un Soutien nouveau du terrain rupelien *, le savant professeur a bien voulu le reconnaître. Toutes nos communes waasiennes sont fossilifères, quoique leur richesse ne soit pas partout la même: pour le Système rupelien, nous citerons, comme types, les diverses communes riveraines de l'Escaut, et, pour le Système scaldisien, nous nommerons Calloo, Doel , Kieldrecht , Beveren, Vracene et surtout Saint-Nicolas. Enfin, pour montrer l’importance de la faune de la mer tertiaire du Pays de Waas, nous reproduirons un passage d’un mémoire, inséré par le professeur Van Beneden dans les Bulletins de V Académie royale de Belgique : « à la dernière séance — dit ce professeur — nous avons fait connaître un nouveau Sirénien qui hantait les côtes de la mer rupelienne, et il n’y a pas longtemps, nous avons fait mention des Chéloniens des mêmes parages, si bien caractérisés par les plaques de leur carapace. En ajoutant à ces vertébrés aériens les curieux poissons dont nous ayons parlé et qui sont loin d’être rares, un homard gigantesque logé dans un Ludus Uelmontii, dont nous entretiendrons bientôt la classe, et le grand nombre de mollusques décrits par nos savants confrères MM. de Koninck et Nyst, on aura une première ébauche de la faune du Pays de Waas, à l’époque où une vaste nappe d’eau déposait son limon argileux dans ces contrées » *. Mais ce sont, plus particulièrement encore, les environs d’Anvers qui constituent, en Belgique, un véritable ossuaire du monde miocène et pliocène. Ecoutons les savants qui en ont fait une étude spéciale. Pendant les travaux de fortifications qui, de 1860 ù 1866, s’exécutèrent autour d’Anvers, « le Gouvernement — dit le capitaine Le lion — donna des ordres pour que tant de témoins d’une autre époque de l’histoire de la terre fussent recueillis et déposés au Musée de l’Etat. C’est ainsi que s’accumulèrent, dans cet établissement public, des richesses paléoutologiques telles que n’en possède, pour cette période ancienne, aucun Musée européen. On ne sait vraiment ce qui l’emporte en importance, des mammifères marins, des poissons on des mollusques. Tous ces restes exhumés suffiraient pour la charge de plusieurs navires, et l’on peut dire qu’en Belgique, le vieux monde pliocène renaît à la lumière, après un temps qu’on ne pourrait évaluer en deçà

i. Un Sirénien nouveau du terrain rupelien, par M. P.- J. Van Beneden, notice extraite des Bulletins rie V Académie royale clc Belgique, 2e série, T. XXXI I, N° 9 et 10, 1871.

•2. Les oiseaux de l’argile rupelienne et du crag, notice par M. P. -J. Van Beneden, insérée dans les Bulletins de l'Académie royale de Belgique, 2e série, tome XXXII, ,V° 1 1 , Novembre 1871 .

d’un millier de siècles... Indépendamment des autres débris, la quantité de dents de Squales appartenant au Musée est prodigieuse : leur nombre s’élève ù plus de 30,000 » '. « Environ dix mille ossements sont actuellement placés dans les vitrines de la Salle d’Anvers au Musée — dit M. Mourlon — et les amas d’ossements, qui, n’ayant pu être utilisés plus avantageusement, ont été placés à l’entrée du Musée, tant au rez-de-chaussée qu’il l’étage inférieur, ont un volume de 144 mètres cubes » ’1 2 * *. Le professeur Van Beneden, qui a entrepris la description de ces fossiles, s’exprime ainsi : « le bassin géologique d’Anvers, ou, pour mieux dire, le sable connu sous le nom de crag et qui s’étend dans une grande partie de cette province, recèle une si grande quantité d’ossements, que, pour la solution de cette question, notre métropole commerciale et ses environs peuvent passer pour un des points les plus importants du globe. L’Alabama avec ses monstrueux zeuglodons, est peut-être le seul endroit qui puisse lui disputer cette palme » 5. « Le sol a été creusé à Anvers, sur une longueur de quatorze mille mètres pour rétablissement du fossé de l’enceinte, et de dix-sept mille mètres autour des forts détachés... Pour donner une idée de la quantité d’ossements rassemblés au Musée royal d’histoire naturelle, nous dirons que deux ouvriers ont mis cinq mois ù les transporter dans une salle nouvellement construite, et que cette salle, de 65 mètres de long sur 11 de large, n’était pas, à beaucoup près, suffisante pour les étaler convenablement sur le plancher » \ « Les phoques abondèrent tellement sur nos côtes, qu’il ne faudra pas moins de 16 planches in-folio pour figurer les principaux ossements de ces carnassiers amphibies qui ont été recueillis sur un espace fort restreint » ;i. « La mer du Nord de cette époque n’était donc pas sans ressemblance avec la baie de Badin et le détroit de

1. Préliminaires d'un mémoire sur les poissons tertiaires de Belgique, par H. Le Hon, Brux. 1871. pages 1 , 2 et 3.

•2. Sur les dépôts qui , aux environs d’Anvers, séparent les sables noirs miocènes des couches pliocènes scaldisiennes , notice extraite îles Bulletins de V Académie royale de Belgique, 2e série, T. XL1I, 1876.

j. Ossements fossiles découverts à Saint-Nicolas en 1839, rapport cité à la note 5 de la page 62.

2. Description des ossements fossiles des environs d’Anvers, par M. P. -J. Van Beneden.

Extrait des Bulletins de V Académie royale de Belgique, 2e série, T. X LUI , N° 4 , Avril 1877.

s. Les Phoques fossiles du bassin d'Anvers, par M. P.-J. Van Beneden. Extrait des

Bulletins de V Académie royale de Belgique, 2e série, tome XLI, N" 4, Avril 1876.

Behring de nos jours, où, tous les ans, des pêcheurs de différentes nations vont tuer encore des baleines, puis des phoques, pour compléter leur chargement » « Nous avons donc, sans nous en douter

— dit finalement M. Van Beneden — notre Pompéi à nous, qui ne recèle, il est vrai, ni des vases, ni des colonnes, ni des temples, mais des débris, plus importants peut-être aux yeux de la science, des débris d’êtres organisés, qui, pendant des siècles échappant aux investigations de l’histoire, répandirent la vie sur ces mêmes contrées où s’élève actuellement notre riche métropole commerciale » 2 * 4 5.

Nous venons de citer les villes de Saint-Nicolas et d’Anvers, comme de véritables ossuaires d’animaux fossiles. Cette accumulation s’explique par les positions respectives de ces deux villes dans le golfe de la mer du Nord : à une certaine époque — avons-nous dit — Saint- Nicolas se trouvait près du rivage ’, et, à une époque postérieure, Anvers était située près du fond i. On comprend, dès-lors, que les cadavres des baleines , des dauphins , des phoques et des autres habitants de cette mer, morts de vieillesse ou d’accidents, ont dû être soumis, pendant des temps géologiques fort longs, à l’action des vagues, et que, amenés dans l’intérieur du golfe et arrêtés par la rive et le fond, ces cadavres ont dû s’y amasser et s’y ensevelir sous l’argile et les sables que les eaux déposaient tous les jours. « Il est bien rare

— observe M. Van Beneden — de trouver plusieurs os réunis. A Saint-Nicolas, il n’en est pas tout à fait de même, et peut-être est-il permis d’en conclure que nous sommes là dans le voisinage de la côte » s. « Pour nous rendre compte de la présence de ces débris accumulés probablement pendant des siècles, nous ne trouvons d’autre explication que de supposer (pie les vents, les marées et les courants ont conduit, pendant un long laps de temps, les cadavres flottants dans ces mêmes parages où gisent aujourd’hui leurs débris, et ceux que les hautes marées pouvaient jeter au delà de la laisse ordinaire, ont seuls pu être soustraits à l’action du flux et du retlux, et nous laisser des os plus ou moins intacts. Ce ne sont pas les pièces les

1. Description des ossements fossiles des environs d’Anvers, par M. P. -J. Von Beneden , description déjà citée.

2. La côte d'Ostende et 1rs fouilles d’Anvers. Discours déjà cité de M. Van Beneden.

s. Voyez ci-devant à la page (il.

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