‹ Le Pays de Waas préhistoriqueChapitre 4 sur 67 · Ibidem · texte numérisé non relu

Ibidem

s. d'Omalius, ouvrage cité, page 345.

s. Ibidem.

fi. Beudant, ouvrage cité, pages 218 et 228.

des couches de ce même bassin, et celle de la plupart de ses reliefs Nous présumons, de plus, que l’émersion a eu lieu entre le dépôt diestien et le dépôt campinien, et, par conséquent, entre les périodes pliocène et post-pliocène. Le fait qui milite en faveur de notre présomption, c’est que les nombreuses collines du département du nord de la France, des Flandres et du Brabant, comprises dans le bassin de l’Escaut, ont leur sommet couronné par le sable ferrugineux de Diest -, et leur base entourée par le sable de Campine, lequel, dans bien des localités, est devenu terre fertile par les soins de la culture. Ce fait s’explique, d’après nous, non « par une grande fente sur plusieurs points de laquelle il est sorti du sable et des matières ferrugineuses » r’, mais en admettant que ce sable et ces matières, qui composaient alors le fond de la mer diestienne, auront été soulevés des eaux, en formant une vaste plaine hérissée de nombreux mamelons, et que, plus tard pendant l’époque quaternaire, les courants fluviaux auront amené, à la base de ces mamelons comme sur le reste de la plaine, le sable campinien qui tapisse aujourd’hui le Pays de Waas avec tout le bassin de l’Escaut. Ce qui semble confirmer cette explication, c’est que, s’il existe dans ce bassin des mamelons dont le sommet est couronné par les sables de Diest, ces mêmes sables y forment également « une série de lambeaux, très développés dans la partie orientale où ils sont ordinairement recouverts par le sable de Campine » * : l’immense nappe de ce sable, étendue par-dessus les sables de Diest, ne prouve-t-elle pas que son dépôt a été postérieur au dépôt des sables diestiens qui couronnent le sommet des mamelons, et, par conséquent postérieur aussi à l’émersion de ces mamelons eux-mêmes? Les ingénieurs Kiimmer et Belpaire partageaient probablement notre manière de voir sur l’émersion tardive du Pays de Waas, lorsqu’ils disent : « qu’il est présumable que la mer s’est retirée de ces lieux, à

t. Ou peut vérifier ce parallélisme sur la Carte de la Belgique indiquant toutes tes voies de communication , dressée, au dépôt de la guerre, à l' échelle de t/160,000, 187a.

•2. Compte rendu du Congrès international cité, p. 254. — Parmi ces collines, on peut citer : le mont de la Trinité près de Tournai, celui de la musique non loin de Renaix , les reliefs de Pellenberg aux environs de Louvain el de Bolderberg entre Diest et Ilasselt, les hauteurs de Cassel , de Roeschepe , et le mont noir près de Bailleul.

3. d'Oinalius, ouvrage cité, page 544. — « Malgré les apparences trompeuses de la surface, il n’y a eu nulle part ni faille ni fracture, hormis celle de la Senne ». (Lettre que nous écrivit M. le baron O. van Ertborn le 29 Mai 1878). i. d'Omalius, ouvrage cité, page 528.

une époque assez récente par rapport aux grandes catastrophes qui ont bouleversé la terre »

Mais, si nous croyons que l’émersion du Pays de VVaas a été relativement tardive, nous sommes loin de prétendre, avec Vredius, que la contrée waasienne ainsi que les Quatre-Métiers , étaient encore ensevelis sous l’Océan du temps de Charlemagne i 2. Pour réfuter cette opinion, nous n’avons qu’à citer les monuments antiques qu’on a découverts aux différents endroits marqués sur notre Carte archéologique du Pays de Waas annexée à notre présent ouvrage, et qui prouvent que ces lieux étaient déjà habités aux époques gallo-romaine, gallo-germaine et même à l’âge de la pierre. « Si le pays de Waes, au neuvième siècle, était encore sous les eaux de la mer — dit De Bast — comment expliquera-t-on le diplôme de Charles-le-Chauve , par lequel il donna, en 870, aux moines de Saint-Pierre le village de Tamise, situé au pays de Waes, où Sainte Amelberge finit ses jours? Or, cette vierge mourut en 772, suivant les fastes belgiques 3 * S.. Comment est-il fait mention de Tamise, sous le nom de Tamisich, dans une charte de donation en faveur de l’église d'Utrecht de l’an 821? Il est cependant vraisemblable — continue De Bast — qu’il y eût, en ces temps reculés, au pays de Waes comme presque partout ailleurs dans l’intérieur de la Flandre, beaucoup de marais, et que ce pays fût souvent exposé

1. Kümmer, ouvrage cité, p. 2. — Sur tes changements subis pur la cùte d’Anvers à Boulogne, mémoire d’Antoine Belpaire, inséré dans le tome VI des Mémoires de l'Académie de Bruxelles, 1827.

2. « Quis credat Gandavum annis abliinc circiter oclingenlis, marinum fuisse portum? Patel tamen id ex vita Caroli Magni apud Du Chesne; ubi liæc legunlur : Ipse autan (Carolus Magnus) in terra propter classent, quant attno superiore fieri imperavit , videndam, ad Bononiam civitatem maritimam, ubi eœdem naves congregatœ eranl , accessit, farutnque tbi ad navigaittiurn cursus dirigendos , antiquitus constilutam, resta uravi t , et in summitatc ejus nocturnum ignem accendit , inde ad Scaldim fluviuni veniens, in loco , qui Garni dicilur, naves ad eamdcm classent œdificatas , adspexit.

Eodem 1ère modo in geslis Caroli Magni per Eginhartum apud eunidem Du Chesne.

Hinc portus Gandavus dicilur ab Arnulpho Magno , in diplomate quod , ex archivis

S. Pétri Gandensis, vulgavit Miræus, in Notilia Ecclesiarum Belgii ; ubi hæc : Censutn qui accipitur de mansionibus , quæ sitœ sunt in porta Gandavo, a flumine Scalda , usque ad clecursum fluminis Legiæ. Cum videlicet Wasiam, eamque regionem , quæ quatuor ambachla postmodum est appcllata , Oceani aquæ occuparenl ». (Flandria velus, autore Olivario Vreclio, Brugis 1650. p. ôij.

a. « De grootc gebeurtenis van Sinte Amelberga ’s heilige dood , greep plaats in ’l jaar 772 lia Chrislus’ geboorle , den 10dcn Juli , in ’t eerste jaar van Paus Adrianus besluur, in ’t vijfde der regeering van Karel den Grootc en in ’t een en derligste zijns levons ». (De wonderbare maagd Sinte Amelberga, door P. De Roo , bladz. 1 76J.

aux inondations de la mer et aux débordements des rivières, mais non au point qu’une partie de ce pays fût encore couverte par l’océan L’ingénieur Antoine Belpaire tâche de concilier ce que dit Vredius avec ce que De Bast allègue pour le combattre. Une partie du pays de Waes et les Quatre-Métiers — dit-il — ont fort bien pu ne point être inondés sous la période romaine et l’avoir été depuis; toute la côte de la Flandre est dans ce cas. Il suffit donc de restreindre

l’assertion de Vredius aux lieux qui portent les traces d’inondations de la mer. Tamise, que De Bast cite comme ayant existé déjà en 772, n’a du en aucun temps être plus exposé aux inondations de la mer qu’actuellement, et il l’a été moins puisqu’il devait arriver moins d’eau dans cette partie déjà élevée de l’Escaut, avant que les embouchures de ce fleuve fussent devenues aussi larges qu’elles le sont aujourd’hui » 1 2.

Quoi qu’il en soit de l’époque d’émersion du bassin de l’Escaut, le soulèvement de ce bassin s’est opéré suivant un plan incliné, presqu’aussi large que long 3, dont le côté le plus élevé s’appuie sur les plateaux de l’Ardenne, et qui descend du sud-est vers le nord-ouest

jusqu’à la mer du Nord. Mais, indépendamment de ce soulèvement de tout le bassin de l’Escaut en plan incliné, deux crêtes ou chaînes de hauteurs se sont encore levées : l’une, limitant le bassin à l’ouest et

le séparant des bassins de l’Aa et de l’Yser; l’autre, le limitant au

nord, à l’est et au sud, et le séparant des bassins de la Meuse, de la Sambre, de l’Oise, de la Somme, de l’Authie et de la Candie. De ces deux chaînes, qu’aujourd’hui nous appelons des lignes de faîte ou des lignes de partage des eaux, la première prend naissance, en France, aux plateaux d’Hémonville ; quitte ces plateaux pour passer successivement au-dessous de Buysscheure et au-dessus de Staple et d’Hondeghem; traverse la colline de Boeschepe; entre en Belgique par la colline de Locrestraet, continue entre Ypres à gauche et Menin à droite; touche Passchendaele et West-Roosebeke; se dirige au-dessus de Coolscamp par Eeghem et Sclniyfferscapelle , au-dessus de Kuesselaere, et va mourir sur le mamelon de Meulendonck près d’Adeghem dans la Flandre occidentale. La seconde chaîne , plus importante que

1. Recueil d' antiquités romaines et gauloises trouvées dans la Flandre, p. 574.

2. Sur les changements subis par la côte d'Anvers à Boulogne ; mémoire inséré dans le Ionie VI des Mémoires couronnés par V Académie de Bruxelles, 1827.

3. Le bassin de l’Escaut s’étend, en effet, des bouches de la Meuse près de Willemsladl, jusqu’à Assonville (département de l’Aisne en France), et de la commune limbourgeoise de Roelen, jusqu'aux plateaux d’Hémonville (département du Pas de Calais en France).

la première, se détache des mêmes plateaux d’Hémonville ; passe, sur le territoire français, par Heuchin et Bapaume ; se prolonge entre Saint-Quentin et Le Châtelet; puis remonte vers Wassigny, Landrecies et Maubeuge;. pénètre en Belgique entre Grandreng et Erquelinnes; s’éloigne de la Sambre; sépare, vers Fonlaine-l’Evêque, la rivière de la Haine de celle du Piéton en prenant la direction du nord ; atteint Godarville , puis, décrit une courbe près du bois de Nivelles, de Quatre-Bras et de Ligny ; reprend, en cet endroit, la direction du nord-est par Penvez, Ramillies et les environs de Waremme; traverse Tongres et s’approche de la Meuse près de Maestricht; s’écarte ensuite de ce fleuve pour se diriger par les hautes bruyères vers Hechtel et Lommel, puis vers Ravels au nord de Turnhout, où, tournant brusquement à gauche, elle s’avance jusqu’à Braesschaet près d’Anvers, pour se bifurquer et gagner les rives de l’Escaut oriental à Berg-op-Zoom on les bouches de la Meuse près de Willemstadt '. Limitant ainsi le bassin de l’Escaut, ces deux chaînes de hauteurs se sont formées par le redressement du fond de la mer en deux crêtes à peu près parallèles et descendant, chacune, vers l’intérieur du bassin (pii a dû prendre, par conséquent, la forme d’un berceau.

Le Pays de Wa as a été nécessairement soulevé avec tout le bassin de l’Escaut dont il fait partie ; * 2 mais, en outre, il a subi un soulèvement particulier suivant une ligne sinueuse à peine sensible. Cette ligne prend son point de départ, au nord-ouest de Thielt, de la chaîne de hauteurs qui limite à l’ouest le bassin de l’Escaut ; elle passe ensuite par Thielt et Nevele; touche la station du chemin de fer à Tronchiennes; traverse Mariakerke; se dirige au sud de Wondelghem, passe par Meulestede, au-dessous de Loochristy, par Zele et par flamme; pénètre au Pays de Waas par la commune de Thielrode;

(. C'est d’après la Carte de la Belgique dressée, en 1875, au Dépôt de la guerre à l’échelle de 1/100,000, que nous donnons ici la direction de ces deux lignes de partage. C’est d’après celle même carte, que nous donnons aussi, plus loin, la direction de la ligne de partage de la Burine.

2. L’élévalion-maxima de la partie du plan incliné occupée par le Pays de Waas, est de 52, 72. Elle se trouve, sur le territoire de Waasmunster, non loin de la limite-sud du Pays, et est comprise entre la chaussée de Waasmunsler-Belcele à droite, le Baudeloo-dreef à gauche, et l’ancienne route militaire de Gand-Anvers en bas. E’élévalion-minima est de 1 , 2 : elle se trouve sur le territoire de Saint-Gilles et au polder Rooden Moer , entre la ferme dite Koningshoeve en haut, et le canal de Parme en bas. (Voyez Topographische kaart van het voormalig Land van Waas door G. A. Peeters, 1870).

s’éloigne de cette commune vers le nord ; tourne ensuite à gauche pour se diriger vers le nord-ouest et atteindre la chaussée de Saint-Nicolas à Elversele ; s’éloigne à droite de cette chaussée ; gagne le territoire de Saint-Nicolas en coupant, entre Kettermuit et Hoog Kameren, l’ancienne route militaire ; traverse le quartier Hertjen ; continue à l’est de la ville de Saint-Nicolas ; passe entre Drie Koningen et Lepelhoek ; traverse la commune de Saint-Paul; passe sous celle de Kemseke ; se prolonge, entre Drie Sehouwen et Sandersbrug, pour remonter au-delà de Kiekenhaag, descendre ensuite jusque près du canal de Stekene, traverser Klein Sinaai , longer quelque temps le Moervaart, s’en éloigner pour s’en rapprocher encore, quitter le Pays de Waas en suivant l’ancienne route militaire qui longe le Moervaart, passer par Wachtebeke, Ertvelde, Eecloo, et expirer, à l’ouest de cette dernière ville, en rejoignant la chaîne de hauteurs d’où elle prend son point de départ. C’est cette ligne qui, dans le bassin même de l’Escaut, circonscrit le bassin de la Durme, et qui sépare les vallées contiguës de ces deux cours d’eau. Quelques autres petits reliefs, dûs au soulèvement primitif ou à d’autres causes postérieures, se sont encore produits en divers endroits du Pays de Waas; et, vers le sud de ce Pays, il s’est formé une partie mamelonnée, peu étendue du nord au sud mais développée surtout de l’est à l’ouest, et qui est circonscrite par une courbe passant, suivant une direction très irrégulière, par les territoires de Saint-Nicolas, Belcele, Waasmunster, Elversele, Thielrode, Tamise, Rupelmonde et Basele.

Le soulèvement en plan incliné du bassin de l’Escaut, ainsi que le soulèvement des crêtes qui limitent ce bassin et celui de la Durme, ont été simultanés et semblent avoir été brusques ou s’être opérés dans un court espace de temps, comme toutes les grandes catastrophes qui ont en lieu à la surface du globe '. La direction du plan incliné et des crêtes étant maintenant connue, on devine le cours que les eaux en retraite ont dû prendre, et la mer vers laquelle elles ont dû se précipiter : descendant sur le plan incliné du sud-est vers le nord-ouest, toute la nappe d’eau comprise entre les deux crêtes du bassin, s’est naturellement écoulée suivant l’inclinaison de ce plan, et a dû se verser dans la mer du Nord, dont un abaissement correspondant du fond aura probablement coïncidé avec le soulèvement du bassin de l’Escaut 2.

t. Beudant, ouvrage cité, p. 213. — Antoine Belpaire, mémoire cité.

Pour expliquer la dénudation du bassin de l’Escaut ou l’émersion de nos contrées,

Le soulèvement ou la dénudation de ce bassin et, par conséquent,

du Pays de Waas, termine l’époque tertiaire de ce Pays et commence sa période quaternaire dont nous allons parler.

La vallée où coule aujourd’hui l’Escaut, existait donc déjà depuis

la formation des lignes de faîte qui limitent le bassin. Lors du soulèvement de ce bassin, les eaux en retraite, descendant violemment du plan soulevé, ont nécessairement commencé à creuser la vallée et à y préparer le lit du fleuve. Celte considération semble n’avoir pas été suffisamment reconnue par les géologues belges, qui ne cherchent que « dans une augmentation des pluies, la raison des masses d’eau qui donnèrent naissance à nos vallées » '. « Le temps n’est plus — dit

avec raison le général Renard — où l’on prêtait aux lleuves le pouvoir de créer leurs vallées, de pourfendre les rocs, de partager les

montagnes ; les fentes, les crevasses qui reçoivent les eaux des pluies pour les conduire vers l’Océan , sont le résultat des soulèvements qui amenèrent au-dessus des mers les continents et les îles » * 1 2. Nous reconnaissons donc trois causes qui présidèrent à la formation de la

nous préférons d’admettre un soulèvement brusque combiné avec un abaissement correspondant du fond de la mer du Nord, plutôt que de l’attribuer, soit à un soulèvement lent et général, soit au seul affaissement du sol submergé aujourd'hui par la mer du Nord, laquelle ne se serait produite que depuis cet affaissement et par l’affluence des eaux se retirant du bassin de l’Escaut. Nous n’attribuons pas non plus la dénudation du bassin de l’Escaut, à la rupture de l’isthme qu’on suppose avoir existé entre la France et l’Angleterre, supposition admise par Yerstegen, et reproduite par l’abbé Mann, dans son mémoire couronné par l’Académie de Bruxelles.

1. M. Dupont, dans son ouvrage intitulé L’homme pendant les âges de la pierre, page 56, dit eii note : « M. l’ingénieur Belgrand , dans sa remarquable œuvre déjà citée, démontre largement que telle est bien la cause (l'augmentation des pluies) à laquelle étaient dûs les énormes lleuves de l’époque quaternaire ».

2. Histoire politique et militaire de la Belgique, par M. B. Renard, T. I, p. 579. — Pour prouver que les rivières seules ne forment pas leurs lits et leurs vallées, M. Boblaye, dans les Annales des sciences naturelles, T. XVII, p. 57, fait l’observation suivante au sujet de la Meuse, observation qui s’applique aussi à la Sambre : « Au-dessus du point où elle passe à travers les montagnes de l’Ardenne, la Meuse n’est séparée du grand bassin de la Seine, que par des collines ou des cols peu élevés, qui n’ont pas plus de 50 ou AO mètres de hauteur au-dessus du lit actuel de la rivière; tandis que les Ardennes qu’elle traverse actuellement, s’élèvent à une hauteur de plusieurs centaines de pieds au-dessus de ce niveau. Or, s’il était vrai que les rivières eussent creusé leur lit ou les vallées dans lesquelles elles coulent, la Meuse aurait dû couler de bas en haut, et avoir creusé un canal d’à peu près 500 mètres de profondeur, tandis que rien ne l’empêchait de couler, dans une direction opposée, sur le bassin de Paris, qui n’était séparé du sien que par une élévation qui n'était que la dixième partie de celte hauteur ».

vallée et du lit de l’Escaut : le soulèvement préalable du bassin et de ses lignes de faîte, la retraite des eaux de la mer submergeante, et ensuite l’écoulement des pluies diluviennes. Cette dernière fut sans doute la cause principale, comme nous allons voir. Au début de l’époque quaternaire, « d’immenses calottes de glace se formèrent autour des grands massifs montagneux de la Scandinavie, des Alpes et des Pyrénées. Les glaciers des Alpes, notamment, s’étendirent jusqu’à 100 kilomètres au delà de leurs extrémités actuelles; les plaines de la Suisse et du Piémont furent enfouies sous la glace » 1 * 3 : ce fut l’époque dite glaciaire. Ce développement excessif des glaciers en Europe, produisit en Belgique une humidité considérable de l’atmosphère *, et des pluies abondantes et prolongées en furent la conséquence. Un vrai déluge eut

lieu, et « nos vallées — dit M. Dupont — se creusaient sous l’action

de vastes courants fluviaux » \ Voici comment s’explique l’action des eaux diluviennes dans la formation du lit de l’Escaut et dans le creusement de sa vallée. Entraînées par leur propre poids sur la pente des hauteurs, les eaux tombées dans la partie belge du bassin de l’Escaut, ont nécessairement afflué vers les bas-fonds. Là, devenues torrent par leur jonction aux eaux arrivées du nord de la France, elles se sont précipitées avec une nouvelle force acquise sur le plan incliné qu’elles descendaient, ont balayé une masse de sables qui surmontaient le .dépôt d’argile, et se sont creusées ainsi, par une action érosive ‘, un ravin principal, dont la direction a été déterminée par le degré de déclivité du sol, et par le nombre, la situation et la solidité des

obstacles que les eaux torrentielles rencontraient sur leur route, ravin qui s’est approfondi et élargi , à mesure que , nourries par une

infinité de canaux afférents, les eaux devenaient et plus abondantes et plus impétueuses. Ce ravin principal — on le devine — est le lit de notre Escaut ;1 qui, après avoir reçu la Durme, côtoyé le sud et

i. Dupont, ouvrage cité, page 54.

a. Ibidem, page 54.

Page 1