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ÉPOQUE GALLO-GERMAINE

Pendant que les Gaulois vivaient en paix dans leur patrie nouvelle, des hordes vagabondes, telles que les Belges, les Cimbres, les Teutons et d’autres, toutes originaires des côtes de la mer Noire,

remplissaient la Germanie séparée de la Gaule par le Rhin. Attirées

par la fertilité du sol, ou forcées par la densité du nombre, ces hordes germaines entreprirent, ù différentes époques, de traverser le Rhin, s’emparèrent de la Gaule, en chassèrent la majeure partie des habitants, et s’y fixèrent en prenant des noms divers. Les savants conjecturent que leur première invasion eut lieu l’an 430 de la fon-

dation de Rome. Le plus grand nombre des Belges, les plus vaillants de tous, avaient déjà émigré vers l’année 112 avant Père chrétienne. D’après l’opinion la plus probable, les Belges de la Ménapie, occupaient, entre autres territoires, celui compris entre l’Océan et l’Escaut, et, par conséquent, la Flandre et plus particulièrement le Pays de Waas 3. Ce sont César et Tacite qui vont nous mettre au courant des

1. C. Julii Cœsaris commentarii de bello yallico, lib. VI , Cap. XI II- XIX.

2. Voyez sur notre Carte archéologique du Pays de Waas, les chillres 2. — Het distrikt St. Nikolaas, voorlieen Land van Waes, door Jr A. J. L. van den Bogaerde , T. Il, pp. 11, 13 cl 33. — Annales du Cercle archéologique du Pays de Waas , T. IV, pp. 238 et 239.

3. « Non seulement la Flandre fui eu partie la patrie des Ménapiens, mais elle seule

us et coutumes de ces nouveaux immigrants. Les mœurs des Germains — dit le premier — diffèrent beaucoup de celles des Gaulois. Les

Germains n’adorent que des divinités visibles et qui leur soient manifestement utiles, tels que le Soleil, Vulcain et la Lune. Toute leur vie est consacrée à la chasse, aux exercices militaires, et, dès l’enfance, ils s’habituent au travail et à l’austérité. Us ne cultivent pas la terre, et se nourrissent principalement de lait, de fromage et de viande.

Personne ne possède un domaine propre à limites fixes; mais, chaque année, les magistrats et les chefs assignent aux tribus et aux familles qui forment une communauté, un nouvel emplacement et l’étendue de terrain nécessaire, avec charge de déloger l’année suivante. Ce qui

relève surtout une peuplade, c’est d’avoir ses confins dépeuplés et entourés de vastes solitudes. Eloigner les populations limitrophes chassées de leurs terres, et les empêcher de s’établir à proximité : c’est là, à leurs yeux, le parti le plus sage, le plus sûr, souhaitable pour dissiper la crainte d’une invasion par surprise. La guerre étant déclarée, on choisit les commandants qui sont investis du droit de vie et de mort. En temps de paix, il n’existe pas de magistrature à juridiction générale : ce sont les chefs des tribus et des cantons qui rendent la

justice à leurs sujets respectifs, et qui tranchent les conflits. Le vol commis en dehors des limites de la communauté, n’est point considéré comme un déshonneur : on le préconise même comme un exercice pour la jeunesse, et comme un remède contre la paresse. Violer l’hospitalité est considéré comme un crime : ceux qui, pour une cause quelconque, viennent chercher un refuge, sont protégés, inviolables, et reçoivent partout le logement et la nourriture '. « Dans le siècle de Tacite, environ 140 ou 150 ans après César, les Germains étoient encore les plus chastes des hommes. Nulle part l’union conjugale n’étoit plus respectée, ni l’adultère plus rare; chez eux on ne rioit point du vice; corrompre une femme étoit un crime et non une galanterie : si le cas arrivoit, une loi rigoureuse armoit la vengeance de l’époux; ni la beauté, ni la jeunesse, ni les trésors pouvoient soustraire la coupable au châtiment public. Quoique la polygamie ne fût point

conserva leur nom lorsqu’il lui oublié ailleurs; le payas Menapiscus ou Mempiscus , si connu dans le moyen âge, lire le sien des Ménapiens ». (Histoire cilc'e de Des Ruches , T. I, p. 117). — Sur la topographie de la Menapie à V époque de Jules César, notice déjà citée de M. Valider Elst. — La Menapie pendant la domination des Romains, mémoire de M. Piol, inséré dans les Annales de la société d'émulation , T. IV. i. C. Julii Cœsaris commentarii de bello gallico , lib. VI , cap. XXI-XXI1I.

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défendue, rarement un Germain épousa plus d’une femme, si ce n’est quelque grand, dont l’alliance étoit recherchée par plusieurs familles à la fois. La politique et non la volupté formoit cette pluralité de nœuds. Même chez plusieurs peuplades, les secondes noces étoienl défendues aux femmes. On leur apprenoit à ne prendre qu’un mari, comme on ne prend qu’un corps et qu’une âme. Le mariage et non pas le mari étoit le terme de leurs espérances. Tandis que les sages législateurs de la Grèce permettoient d’exposer les enfants ou de s’en défaire de quelque autre manière, barbarie que les lois romaines autorisèrent avec quelques restrictions, les rustiques Germains, plus sensibles à la voix de la nature, détesloient cette pratique inhumaine et la punissoient comme un crime atroce. Ils avoient sur la population ainsi que sur la sainteté du mariage, des idées et des principes qui eussent honoré les nations les plus éclairées; et chez ce peuple vertueux, les bonnes mœurs, avoient plus d’empire qu’ailleurs les bonnes lois. Dans les jeunes gens chastement élevés sous les yeux d’une mère vigilante, la malice ne devançoit point l’âge : sera juvenum Venus, dit Tacite, eoque inexhausta pubertas ; et César avoit dit avant lui, que tout

commerce de galanterie avant l’âge de vingt ans, étoit regardé comme une infamie '. Aussi les Germains avoient-ils en horreur la dépravation des Romains. Us auroient souffert notre domination (ainsi parle un historien de Rome 1 2) s’ils avoient pu souffrir nos vices » *.

Les monuments du séjour des Gallo-Germains ne manquent pas parmi

nous. Quatre haches en bronze ont été déterrées à Waasmunster : la

première, découverte vers 1797, se trouvait, en 1804, au cabinet d’histoire naturelle d’André François van den Rogacrde à Gand ; la seconde y

fut trouvée en 1797, la troisième en 1811, à l’endroit où l’on construisit le pont sur la Durme : ces deux dernières étaient, en 1825, en possession de Pierre Joseph Versturme à Gand ; la quatrième y fut trouvée à Pontrave. Une cinquième hache fut déterrée, en 1866, à Sinai sur la pièce de terre de la section D, numéro 1311a du cadastre, en y creusant pour jeter les fondations d’un pont sur le Moervaart : elle a été offerte au musée du Cercle archéologique du Pays de Waas par M. Van Hevele, notaire à Sinai, (PI. VI, Fig. 1). Finalement, une jolie

1. « Intra annos vero xx feminæ notitiam habuisse, in turpissimis liabent rebus ». (C. J. Cœsnris commenlarii, lib. VI , cap. XX).

2. « Factum erat, si barbari tam vilia noslra quàm imperia ferre poluissent ». (Florus. lib. IV, cap. 12).

s. Histoire ancienne des Pays-Bas autrichiens par M. Des Roches, T. I. p. 270.

petite hache en bronze a été trouvée à Thielrode par M. le docteur

Bongaerts, dans la tourbe de la prairie située dans la Section A et

marquée par le numéro 864 : on soupçonne que ce fut une de celles

dont parle Tacite, et qui servaient aux druides pour cueillir le gui du chêne employé dans leurs sacrifices (PI. VI, Fig. 2) *. Au mois de Mai 1875, un cultivateur déterra, sur le territoire de Belcele, à côté du chemin dit Hoogstraat, à un mètre de profondeur de la pièce de terre de la section B, marquée au cadastre par le numéro 281, un vase en bronze à grande ouverture et à large panse, porté sur trois pieds, garni de deux orillons latéraux, et suspendu par une anse en

fer : ce vase, espèce de bouilloire très bien conservée, a été offert par M. F. Van Naemen au musée du Cercle archéologique du Pays de Waas.

La découverte, au sein de la terre, d’arbres coupés ou renversés, d’instruments rustiques, nautiques, militaires, et d’une foule d’objets en fer et en bronze, a fait dire à Vredius que le sol d’une partie de la Flandre était, jadis, beaucoup plus bas qu’aujourd’hui , et que le niveau de la tourbe était le niveau habité par les Morins et les Ménapiens â. D’accord avec Des Roches, nous croyons, au contraire, « qu’à l’exception de quelques endroits voisins de la mer et des fleuves, le sol des Pays-Bas n’a point été considérablement élevé, du moins depuis deux ou trois mille ans. Nous croyons aussi, avec le même auteur, que leurs premiers habitants n’ont point fixé leur demeure à cent ou à cinquante pieds au-dessous de nos habitations présentes. On aura comblé un étang ou converti en terre ferme un marais de peu d’étendue; un petit coin de terre, un champ trop bas, aura reçu cinq ou six pieds

1. Voyez sur notre Carte archéologique du Pays de Waas, les cliilïres S. — Recueil d'antiquités Romaines et Gauloises trouvées dans la Flandre , par M. J. De Bast , Gand , 1 804 , p. 181. — Het distrikt St. Nikolaas... door van den Boyaerde , T. Il, p. 25. — Annales du Cercle archéologique du Pays de Waas, T. IV, p. 259.

2. « Cæsaris ætate, Morinorum et Menapiorum paludes, quæ nunc sunt terra Franca , Furnensis, Winocibergensis , et Burburgana, multo fuêre, quàm nunc, profundiores ae depressiores. llludque pro certo habeo, ubi nunc aptam illam alendo igni materiam (Flandri derinck , Hollandi Brabanlique moer , et factos ex eo cespites turf appellant) alla humo abditam , ruslicana scrutatur industria , fuisse tum temporis Morinorum et Menapiorum solum. Docent id et evincunt arbores, aliæ cæsæ,aliæ radicitus extirpatæ : tum vasa, aliaque rustica, militaria etjam nautica è ferro et ære instrumenta; adde et nummi, lapides, et quædam etjam Romanæ antiquitatis monumenta , quæ cum ipsa inde bituminosa spongiosaque terra eruuntur ». (Flandria velus autore Olivario Vredio, 1650, p. 52).

d’élévation : la main de l’homme produit en toute contrée ces révolutions locales » '. Quant aux arbres coupés ou renversés, « on ne les a trouvés dans aucun endroit à plus de 12 pieds de profondeur; et ce qui est très-remarquable, c’est que dans les nombreuses tourbières des Pays-Bas, toujours à 9, à 10, à 12 pieds et jamais au-delà, on trouve le lit de sable ou d’argile qui leur sert de fondement. Or, on sait que ces tourbières étoient dans l’origine des lacs et des étangs. La substance qui les remplit est un mélange de plantes, de feuilles, de racines et même de troncs d’arbres décomposés dans des eaux limoneuses. Que l’on considère depuis quel nombre de siècles ces marécages fournissent des tourbes, et que l’on y ajoute les siècles qui dûrent s’écouler avant que la nature ait pu opérer ces décompositions, l’on conviendra sans doute que l'époque qui précéda la formation des plus anciennes tourbières, se perd dans cette même antiquité dont les profondes ténèbres enveloppent l’origine des peuples Belgiques. Mais si dans ces siècles reculés, le lit de ces étangs n’étoit que de 7, de 8, de 10, ou tout au plus de 12 pieds plus bas que la surface actuelle des terres, comment a-t-on pu s’imaginer que le terrain ait été élevé depuis ces temps, de cent pieds, ou du moins à une hauteur considérable ? Assurément il est plus naturel de croire que le sol occupé par les premiers Belges, et avant eux par les Celtes, est encore, à quelques différences locales près, le même que nous habitons » i. 2.

Indépendamment des haches et de la bouilloire en bronze dont nous venons de parler, d’autres témoins, bien plus irrécusables encore, viennent constater la présence des Gallo-Germains au Pays de Waas : ce sont des urnes sépulcrales remplies d’ossements humains, séparées ou réunies en cimetière commun, et trouvées à Saint-Gilles et à Waasmunster. Nous croyons utile et opportun de reproduire ici ce que nous en avons écrit dans les Annales du Cercle archéologique du Pays de Waas. Un arrêté royal du 10 Mars 1856, accorda à la commune de Saint-Gilles un subside pour venir en aide aux ouvriers et aux indigents. En exécution de cet arrêté, le conseil de régence de cette commune fit faire, le 12 Mai de cette même année, le désablement d’une pièce de terre appartenant au bureau de bienfaisance, située dans la section E et marquée sur la carte cadastrale par le numéro 71. Le 15 Mai et jours suivants, les ouvriers y découvrirent quarante- deux

i. Histoire ancienne des Pays-Bas autrichiens , par M. Des Roches. T. 1. p. 50-32.

s. Ibidem.

vases en argile cuite \ renfermant des cendres et des ossements

humains calcinés (PI. VI Fig. 3). M. Schayes, alors conservateur du musée royal d’histoire naturelle à Bruxelles, fut envoyé sur les lieux, et chargé par le Gouvernement belge de rendre compte de ces découvertes. « Il est probable — dit M. Schayes dans son rapport au ministre — qu’en étendant les fouilles au delà du champ déblayé, ou en trouverait bien d’autres encore ». Cette supposition n’était que trop juste. Du mois de Février au mois de Mai 1868, et en

Avril 1871, le désablement, opéré pour construction de maisons et préparation de jardins potagers, de la pièce de terre située à côté de la précédente et marquée au cadastre par le numéro 70, fit découvrir une nouvelle quantité, bien plus grande encore, de ces vases remplis, comme les premiers, d’ossements humains, de cendres et de charbons de bois. Ces vases reposaient debout au milieu du sable ferrugineux appelé rogsteen, quelques petits servant de couvercles à d’autres, et étaient disposés, à une profondeur de 60 à 70 centimètres, sur une ligne parallèle à la rue dite 's Heeren straete ou Ripstraet.

Presque tous se brisèrent au contact de la bêche. Quelques-uns seulement ont été conservés intacts, d’autres ont pu être assez bien restaurés pour se faire une idée de leur forme. A en juger par la

masse de fragments, leur nombre a dû s’élever de cent cinquante à deux cents. Le 8 Mars 1873, on a trouvé dans la même pièce de terre N° 70, à un mètre de profondeur et à trois mètres de distance l’une de l’autre, encore deux nouvelles urnes sépulcrales, avec une épingle à cheveux faite d’une mince lame de fer battu roulée sur elle-même pour rendre l’épingle légère, ainsi qu’une pierre de lest servant à faire descendre le traîneau avec lequel on fait la pêche sur la côte 1 2.

Le nombre considérable de ces vases renfermant des restes humains, leur placement symétrique dans la profondeur du sol , et l’absence complète de toute arme de guerre : tout prouve que nous nous trouvons là, non sur un champ de bataille dont les morts ont été enterrés sur

1. D'après le rapport de M. Schayes, ces urnes cinéraires n’avaient subi qu’un très léger degré de cuisson, ou, plutôt, étaient cuites seulement au soleil. C’est là une erreur. La conservation de leurs formes, malgré leur long séjour dans la terre humide, et le son clair qu’elles rendent à la percussion, prouvent, à l'évidence, qu'elles ont subi un fort degré de cuisson au feu.

2. Annales du Cercle archéologique du Pays de Wacs , T. IV. pp. 255-260, et T. V, pages 51 et 52.

place, niais sur un véritable cimetière civil commun, et, par conséquent, qu'à l’époque du dépôt de ces vases, Saint-Gilles devait être déjà un centre de population ou une bourgade. La crémation des cadavres était en usage chez les Gallo-Germains, les Gallo-Romains et les Francs. En cas de décès, un bûcher fut dressé, on y étendit le mort, on y mit le feu, et la dépouille mortelle, ainsi calcinée, fut recueillie dans des vases de terre fabriqués d’avance, ou modelés à l’instant même et cuits aux flammes du bûcher. Mais — tandis que les vases gallo-romains et francs, de couleur et de terre variées, sont régulièrement construits au tour et presque toujours ornés à leur surface de dessins ou de figurines ; tandis qu’on déterre rarement de ces vases sans y trouver des monnaies, des bijoux ou des débris de vêtements — les vases de Saint-Gilles, invariablement composés d’argile bleue, étaient dépourvus de tout mobilier funéraire, sont grossièrement façonnés à la main, n’ont aucune forme régulière, et accusent, par conséquent, un état de civilisation moins avancé. Nous croyons donc, avec M. Schayes, que les urnes dont il s’agit, antérieures à l’invasion des Francs et des Romains, se rapportent à la période gallo-germaine et proviennent, par conséquent, des Gallo-Germains établis dans la Ménapie '. Les Ménapiens, comme on sait, formaient principalement une population de pêcheurs : la pierre de lest pour faire descendre le traîneau, trouvée au cimetière de Saint-Gilles, concorde avec l’industrie de la pêche. Anciennement, la commune de Saint-Gilles était riveraine de l’Escaut : si les traditions historiques n’étaient pas là pour le prouver, l’ancien polder Sint-Gillis-broeck , le reste de ses digues, les criques et les gueules émonctoires des eaux en retraite, ne permettraient plus d’en douter. Nos Ménapiens trouvaient donc là une résidence appropriée à leurs besoins : riverains de l’Escaut, ils pouvaient y vivre de la pêche, et introduire leur poisson dans l’intérieur du Pays, par les routes qui avoisinaient leur bourgade.

Plusieurs autres champs de repos semblent avoir existé sur le territoire de Saint-Gilles. Dans les premiers jours du mois de Mai 4 87 1 , les ouvriers-terrassiers, travaillant, près du Cluyzendyk, au tracé du chemin de fer de Malines-Terneuzen, trouvèrent dans la pièce de terre

i. Une découverte tout à fait semblable à celle de Saint-Gilles à été faite, en 1851, à Diesl, de laquelle on a conclu également la résidence des Germains près de celte ville. (Quelques villes secondaires de la province d'Anvers. Esquisses historiques par feu M. L. Torfs, notice insérée dans les Annales de V Académie d" archéologie de Belgique, 2mc série, T. VI, 2mc et 5nic livr. , p. 400).

de la section B, numéro 326 du cadastre, deux ou trois urnes sépulcrales dont les fragments, les os et les cendres furent malheureusement dispersés. A côté du chemin de terre nommé Loeverstraat , dans la section C, Wyck Bcrchlaer, sur une parcelle de terre appartenant à MM. Cappon frères, brasseurs à Saint-Nicolas, et marquée par le

numéro 421 , une vingtaine d’urnes cinéraires ont été déterrées du 10

au 30 Mai 1876. Tous ces vases, absolument semblables pour la composition, la forme et le contenu à ceux de la section E, appartiennent à la même époque que ces derniers. La bourgade gallo-germaine de Saint-Gilles avait donc plus d’un cimetière commun, et, par conséquent, la population devait en être assez importante. La commune de Waasmunster avait aussi son cimetière : au rapport du chroniqueur Daniel Braem, on y trouva, en Mars 1719, près de la chapelle dite

Heykapel et dans une pièce de terre de l’abbaye de Boosenberg, un

grand nombre d’urnes sépulcrales, grandes et petites, toutes remplies d’ossements humains 1 ; et, le 16 Janvier 1866, on y déterra, sur une pièce de terre de la section A numéro 918, trois vases cinéraires en tout semblables à ceux de Saint-Gilles 2.

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