ÉPOQUE FRANQUE
« L’empire romain s’écroulait par son propre poids, et plus encore par les divisions et par la faiblesse des successeurs du grand Constantin, quand la puissante monarchie française commença dans la Belgique, pour s’étendre bientôt dans le reste des Gaules. Les Francs, sortis, selon les uns de la Scandinavie et selon les autres des environs du Palus-Méotides ', s’étaient établis depuis longtemps entre les Allemands et les Saxons, dans le pays qui de leur séjour a gardé le nom de Fi ■anconie. Presque toujours en guerre avec l’empire, souvent vaincus et jamais domptés, ils ne se lassèrent pas de repousser la puissance romaine, et plus d’une fois ils firent se repentir les Romains d’avoir pénétré dans les forêts de la Germanie. Vers le milieu du troisième siècle, les différentes tribus de ces peuples, dont les principales étaient celles des Saliens et des Sicambres, formèrent une ligue pour mieux défendre leur liberté, et il est probable que ce fut à cette occasion qu’ils prirent le nom de Francs, qui dans la langue germanique veut dire hommes libres. Au commencement du quatrième siècle, Pliaramond, leur roi, fit dans les Gaules une invasion plus importante que toutes celles cpii avaient précédé, et s’établit dans la Taxandrie 1 2 3. Clodion, son successeur, poussa ses conquêtes jusqu’à la Somme, et vint établir le siège de ses états à Tournai, qui peut se nommer à juste titre le berceau de la monarchie française. Les Belges qui, depuis longtemps, avaient, du moins la plupart, secoué le joug des Romains, conclurent avec les Francs un traité de confédération, et se joignirent à eux pour anéantir dans leur patrie la puissance romaine. Ils étaient sans doute en droit d’espérer que leurs nouveaux alliés respecteraient leur indépendance et leurs lois, mais ils se virent sous plus d’un rapport trompés dans d’aussi justes espérances. Beaucoup de monuments contemporains nous prouvent que les Francs se conduisirent en conquérants de la Gaule Belgique, plutôt qu’en alliés de ses peuples, et qu’ils surent réserver aux leurs les emplois les plus honorables et les plus lucratifs. Ils changèrent même la division territoriale et civile, qui avait existé pendant cinq siècles, et partagèrent le pays en pagos ou provinces subdivisées en glandes, moyennes et petites » s.