Notice citée du chanoine David, page
2. Notes sur les variations de l'Escaut au XVE siècle, par M. le lieutenant-colonel Wauvvermans, insérées dans le Bulletin de la société de géographie d'Anvers, T. 1, 2i- fascicule, page 160.
3. Supplément à la Belgique militaire du 26 Mai 1872, page 40.
6 mètres; celte élévation, le long du ruisseau dont il a été parlé, se maintient par Langerbrugge, Keirbrug et Wippelgem, jusqu’à Cluysen et jusque près d’Ertvelde ; au delà d’Ertvelde, après que ce même ruisseau a dépassé la partie septentrionale de la ligne de faîte susmentionnée, l’élévation de 6 mètres reparaît au hameau Stoep ; mais, à partir de ce point, le niveau ne fait plus que baisser rapidement vers Assenede, et d’Àssenede vers le Braekman où il devient, très probablement, celui de la mer *. 5° La Lys, la Dendre, la Senne,
la Dyle, la Getle, on un mot, toutes les rivières comprises dans le bassin de l’Escaut, coulent du midi vers le nord jusqu’à leurs embouchures, conformément à l’inclinaison de ce bassin; l’Escaut même suit cette direction jusqu’à Gand : pourquoi ne l’aurait-il plus suivie au delà de Gand, le plan d écoulement le poussant dans ce sens?
L’opinion que nous sommes disposé à admettre, n’est point partagée par le général Renard 1 ni par l’ingénieur Belpaire 2. Le premier — dit-on — « n’eut pas de mal à combattre cette théorie. Etudiant la carte, il montra l’existence d’une véritable crête de partage, formée d’une ligne continue en surélévation sur le sol, dirigée depuis Eeloo, par Ertvelde, Wachtebeke, Stekene, S1 Nicolas vers Burght. Pour se rendre de Gand au Braekman , l’Escaut aurait dû recouper cette ligne, et nulle part on n’en trouve de traces » 3 *. « Un lleuve comme l’Escaut — dit le général lui-même — qui, durant des milliers d’années, aurait coulé à travers la Flandre septentrionale, aurait laissé une trace à jamais indestructible de sa présence; et pourtant l’on n’en trouve nul vestige » l. Cette objection ne nous paraît pas péremptoire. Disons d’abord, que la ligne d’élévation dont il est ici question, est la partie septentrionale de la crête qui circonscrit le bassin de la Durme, et non celui de la Lys qui, d’après la carte militaire, est en dehors de la circonscription. Cette crête s’appuie, à l’ouest d’Eecloo, sur une autre crête qui forme la limite occidentale du bassin de l’Escaut : arrivée d’Eecloo à Saint-Nicolas, la première de ces crêtes, d’après la carte militaire au 1/160,000, se dirige vers Thielrode, et non vers Burght ni vers la Tête de Flandre comme on a dit 5, et, après avoir circonscrit le bassin de la Durme, elle va regagner, au nord-ouest de
1. Histoire politique et militaire de la Belgique, par M. B. Renard, Brux. 1817, T. I, pages 370 el 577.
2. Sur les changements subis par la côte d’Anvers à Boulogne; mémoire inséré dans le tome VI des Mémoires couronnés par l'Académie royale de Belgique, 1827.
3. Notes sur les variations de l’Escaut au XVIe siècle, par M. le lieutenant-colonel Wauwermans, insérées dans le Bulletin de la société de géographie d’Anvers, T. 1, 2e fascicule, page 155.
*. Renard, ouvrage cité, page 580.
s. Dans ses Notes sur les variations de l'Escaut au AT Ie siècle, le lieutenant-colonel Wauwermans fait erreur, lorsqu'il avance que la crête en question se dirige de Saint- Nicolas vers Burght. Dans son Histoire citée, pages 365 et 371, le général Renard fait également erreur, lorsqu’il dit que la même crête se dirige à la Tête de Flandre. D’après la carte du Département de la guerre au 1/160,000, cette crête se dirige de Saint-Nicolas directement vers Thielrode.
Tliiclt , la limite occidentale du bassin de l’Escaut. Cette même crête est formée, non par une roche cohérente, mais par des « monticules de sable » : c’est donc une « faible barrière », comme l’appelle le
général Renard lui-même \ et sa coupure par la vague, en un jour de fureur, n’a donc pas dû être bien difficile. Sans parler des canaux de Gand-Terneuzen, de Langeleede, de Gand-Bruges, et d’un grand nombre de ruisseaux, qui, tous, l’ont traversée, la crête en question a été coupée à Thielrode par la Durme, entre Loobosch et le chemin de fer d’Anvers-Gand par la Vieille Leede (autrefois Bas Escaut), et à Nevele par la Caele : à plus forte raison, elle a pu être coupée par l’Escaut, à l’époque quaternaire, alors que ce fleuve avait un régime torrentiel. Ainsi cpie nous l’avons montré, les traces du trajet de l’Escaut vers le Braekman ne manquent pas : nous n’avons donc plus à réfuter ce point. « Aucune chronique — objecte encore le général Renard —
ne parle de l’inondation qui a dû amener un pareil changement, et
ce silence, à mes yeux, décide seul la question, car cette inondation, pour produire un pareil cataclysme, aurait entraîné la destruction de Gand et d’une grande partie de la Flandre » 1 2. En réponse à cette objection, nous dirons : qu’à l’époque quaternaire, il n’existait encore ni chroniqueur ni ville de Gand; que, d’un évènement arrivé dans les temps préhistoriques, on a pu perdre aisément le souvenir, comme on a perdu celui de la date où l’Escaut a changé son cours près de
Bornhem ; et que, si on veut absolument trouver des vestiges d’une grande inondation, qui eût pu causer l’ensablement du lit primitif de l’Escaut et le creusement de son nouveau lit vers l’orient, on les découvrira sur tout le littoral du nord de la Belgique, et particulièrement entre Bouchante sur la digue, Terneuzen, Hulst et Selzaete. « Si l’on examine les environs de Melle et de Wetteren — objecte finalement le général Renard — on s’aperçoit (pie leurs plateaux sont non-seulement plus élevés que le pays de Waes, mais que le sol en est moins friable » 3. L’examen comparatif que nous avons fait sur la carte et sur les lieux, n’a pas confirmé cette assertion. Aucune de ces objections ne se maintient donc pas, et l’opinion de l’ingénieur Vifquain, appliquée aux temps primitifs, est soutenable. Elle a pour conséquence la nécessité d’admettre (pie, postérieurement à la formation des fleuves