‹ Le pays des AmazonesChapitre 14 sur 149 · XX INTRODUCTION · texte numérisé non relu

XX INTRODUCTION

dix lieues vers l'occident, par le traité de Tordesillas du 7 juin 1494, approuvé par la bulle de Jules Il en date du 24 janvier 1506. Une bonne partie du Brésil passa ainsi, pontificalement, aux mains des Portugais.

Mais ceux-ci étaient trop occupés en Asie et en Afrique pour songer sérieusement à la nouvelle découverte de l’un de leurs amiraux.

En effet, le mouvement des lointaines conquêtes ne se ralentissait pas. À cette époque, les Portugais étaient partout en Orient. Ils possédaient cinq mille. lieues de côtes, et, comme l’a dit Voltaire, « tout ce que la nature produit d'utile, de rare, d’agréable, fut porté par les Portugais en Europe à bien moins de frais que Venise ne pouvait le donner. La route du Gange au Tage devenait fréquentée; Siam et le Portugal étaient alliés. »

Le roi de Portugal se contenta donc de partager sa nouvelle possession d'outre-mer en douze capitaineries, dont il fit donation à des vassaux qu'il fallait récompenser (1532-35). L'Amazonie ne faisait pas partie de ces largesses. C'est seulement cent trente ans après que Dom Affonso en fit donation à un gentilhomme de sa maison, Antonio de Souza de Macedo, sous le nom de capitainerie de Pile de Joannes (1), que nous appelons aujourd’hui île de Marajó (Charte du 23 décembre 1665).

Craignant, cependant, que le domaine sud-américain ne fit quelque tort aux riches colonies des Indes, les souverains portugais se hâtèrent de prendre des mesures pour y mettre bon ordre. Jusqu'au milieu du xvne siècle, il était défendu de cultiver au Brésil (2) les

épices produites par les possessions portugaises de l’Asie, qui ali-

(1) Annaes da Bibliotheca do Pará, T. I, 1807 (2), Pará : excellente publication sous la direction de M. Bertino de Miranda Lima.

(2) Décision du conseil d'outre-mer, en date du 20 avril 1642, permettant aux habitants du Brésil de cultiver seulement le gingembre et l’indigo dans les terres qui ne se prêteraient pas à la culture de la canne à sucre. (L. 4, de Prov., fol. 211. Torre do Tombo.)

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