‹ Le pays des AmazonesChapitre 15 sur 149 · INTRODUCTION XXI · texte numérisé non relu

INTRODUCTION XXI

mentaient alors le commerce de Lisbonne, vaste entrepôt où l'Europe entière allait s'approvisionner. Jusqu'à la fin du xvin® siècle, une charte royale y défendait l’élevage des mules et des mulets (1), et un édit interdisait l’établissement de toute espèce de fabriques et de manufactures, à l'exception de celles pour la confection de cotonnades grossières (2).

Le Brésil n'avait pas le droit de procéder aux échanges commerciaux si ce n'est par l'intermédiaire des ports de la métropole et au moyen de navires portugais, qui partaient à des époques fixes de l'année, formant un convoi escorté par des bâtiments de guerre. Aucun étranger ne pouvait devenir propriétaire dans la colonie; bien plus, aucun étranger ne pouvait y établir sa résidence. La rigueur était tellement grande à cet égard que, lors du voyage d'Alexandre de Humboldt, un ministre, qui a pourtant laissé la réputation d'un homme supérieur, envoya des ordres pour qu'on arrêtât un « certain baron de Humboldt. »

Aux barrières commerciales et industrielles, imposées par les mœurs du temps, s’ajoutaient les barrières intellectuelles.

La métropole prit soin d'isoler la colonie de tout contact civilisateur. Çà et là on trouvait quelques écoles primaires. Les Jésuites, qui furent envoyés au Brésil dês 1549, avaient établi quelques classes de grammaire et de latin. Mais les maîtres de la colonie tenaient Vinstruction en suspicion.

A la fin du xvur siècle, quelques lettrés s’avisèrent de fonder à Rio une «association philosophique ». Le comte de Rezende, devenu vice-roi en 1790, se hâta de mettre fin aux séances de cet aréopage anodin, en faisant arrêter et juger les principaux membres de la

société naissante.

Avant lui, l’un des gouverneurs portugais, Gomes Freire d'An-

Charte royale du 19 juillet 1761. Pub. par "Acad. Roy. des Scienc. de Lisb. (2) Alvará du 5 janvier 1785, Ibid.

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