XXIV INTRODUCTION
avaient-ils su conquérir l’affection des naturels et intéresser leurs propres colons à l’existence du Brésil comme domaine de la couronne portugaise.
Il faut dire aussi que peu à peu la métropole fut amenée à traiter avec plus de ménagement sa grande possession sud-américaine. Ses beaux jours de gloire étaient passés. Ses colonies s’en allaient une à une, arrachées par des rivaux puissants. Il fallait pourvoir au déficit que créait leur absence.
En 1640, lorsque la révolution nationale réussit à chasser du sol portugais les Espagnols qui y dominaient depuis 1580, et à mettre sur le trône la dynastie de Bragance, les Portugais se départirent de leur rigueur envers la colonie."Progressivement, ils permirent que l’on y cultivât les épices et les plantes qui leur venaient, auparavant, exclusivement de leurs possessions asiatiques. Le coton, le sucre de canne, les bois de teinture commencèrent à être exportés du Brésil. La découverte des mines d’or, faite dès 1663, donna un nouveau prix à la colonie. Quand on y trouva des mines de diamants, en 1727, l'enthousiasme de la métropole ne connut plus de bornes, et l’on en vint à fêter cet évènement par des Te Deum et des processions d'actions de grâces. Une nuée d'aventuriers s'abattit alors sur le Brésil, dont l’intérieur fut exploré par ces hardis bandeirantes, demeurés célèbres dans l’histoire du pays.
D'autres causes encore contribuèrent à peupler la colonie portugaise de l’Amérique du Sud.
Déjà l’élément portugais s'était répandu sur le littoral. L'élément indien, représenté par les indigènes, ne tarda pas à fournir son précieux contingent. Tout d’abord, les Portugais n'avaient vu dans ces sauvages que des bêtes de somme pouvant être utilisées avec avantage pour travailler à leur profit. On les prenait et on les réduisait en esclavage. S'ils se révoltaient, on les faisait massacrer. Une charte royale, en date du 20 avril 1702, ordonnait, à la suite de quelques incursions faites par eux dans plusieurs villages, qu'on leur fit une