INTRODUCTION XXV
guerre sans merci : on devait tuer tous ceux qui résisteraient, et vendre comme esclaves ceux qui seraient pris, le produit de la vente étant destiné à couvrir les frais des expéditions, le surplus étant destiné à être distribué aux chefs, aux officiers et aux soldats (1).
Paul III avait été obligé, dès 1537, de déclarer, dans deux bulles (2), que ces Indiens étaient des hommes faits à l’image de Dieu. Un siècle après (3), Urbain VIII devait encore écrire un Bref en faveur de leur liberté.
Cependant, les colons portugais évitaient soigneusement toute union régulière avec les indiennes, et ce n'est qu’au milieu du xvure siècle, qu’un édit royal (4), écrit à Pinstigation du marquis de
“Pombal, fit savoir que le mariage entre blancs et indiennes ne serait plus regardé comme chose infâme, et que les maris de nationalité portugaise, malgré cette mésalliance, garderaient leur rang et leur noblesse.
L’Indien ne suffisant pas à la tâche et ne pouvant pas fournir des bras à toutes les exploitations et des rames à toutes les embarcations chargées d'explorer l’intérieur,on eut recours à l’Africain, importé du continent noir; c'est ce qui a valu au Brésil l'esclavage qui s'est perpétué légalement jusqu’à 1888 et qui a tant retardé les progrès économiques de ce pays.
Au commencement du xrxº siècle, les événements issus des guerres de Napoléon I° changèrent les destinées du Brésil.
Le Portugal avait hésité entre l’alliance britannique et les sollicitations du puissant empereur. La vengeance ne se fit pas attendre. Le 27 octobre 1807, la France et l’Espagne signaient le Traité de
Fontainebleau contre le Portugal, et Junot était envoyé tout de suite,
(1) Publ. par l’Acad. Roy. des Sciences de Lisb.
(2) La première bulle est du 23 mai 1537 : « Pastorale officium erga oves nobis cœlitus creditas. » La seconde est du 2 juin de la même année : « Veritas ipsa, quæ nec falli... »
(3) Bref du 20 avril 1630.
(4) Alvarã du 3 avril 1755.