‹ Le pays des AmazonesChapitre 20 sur 149 · XXVI - INTRODUCTION · texte numérisé non relu

XXVI - INTRODUCTION

à la tête d'une division, pour occuper le petit Etat rétif. Le 25 novembre 1807, on apprenait à Lisbonne que le général français avait passé la nuit à Abrantes, à vingt-deux lieues de la capitale. Dom João, régent du royaume depuis le 10 février 1794, fut affolé. Cédant moins à la peur qu'aux conseils de lord Strangford, représentant de la Grande-Bretagne, il se décida à abandonner son poste de combat. Dona Maria I, frappée de folie depuis longtemps, le Prince-Régent et toute sa famille, la cour, les fidalgos, les hauts fonctionnaires, les bourgeois riches, environ quinze mille personnes, s'enfuyaient vers l'Amérique du Sud, escortés par quelques navires anglais, laissant l'héroïque nation à son malheureux sort.

Les nobles émigrants débarquêrens solennellement à Rio-de-Janeiro le 8 mars 1808, au bruit des salves d'artillerie.

Le Brésil donnait ainsi asile au souverain de la mère-patrie, et Rio-de-Janeiro devenait le siège du gouvernement fugitif. A vrai dire, le Portugal tombait au rang de colonie du Brésil.

Cette situation nouvelle imposait l'établissement d'institutions politiques élémentaires dans la capitale improvisée. On y pourvut sans retard. L'entretien de la cohue de parasites distingués que la Cour avait trainée derrière elle, et qui grossissait chaque jour par de fréquents arrivages, exigeait d’ailleurs une transformation complète dans le régime économique du pays. C'est alors que le Brésil entra sérieusement dans la phase agricole et industrielle qu'il a toujours poursuivie depuis, à son grand avantage.

On accorda des primes à tous ceux qui se livreraient à la culture des épices. Les étrangers purent obtenir des concessions de terres et commencer des travaux de plantation. On ne tarda pas à s'apercevoir que la surface du sol est aussi fertile que ses entrailles sont riches. On ensemença la terre avec l’ardeur qu'on avait mise à la fouiller et à la dévaliser.

En même temps, les ports de Rio-de-Janeiro, Bahia, Pernambuco,

Maragnan et Pará s'ouvraient aux nations amies. Les droits de

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