CHAPITRE V
Règne animal. — Rôle du naturaliste dans la vallée e l’'Amazone. — Différence entre la faune amazonienne et celle des différentes parties du globe. — Les mammifères. — Les oiseaux. — Légendes sur l’urubù. — Les reptiles. — Les poissons. — Le piraruci.
On lit dans les légendes des saints qu’un vénérable solitaire, qui n’était pas grand clerc devant le Seigneur, avait coutume de se représenter la terre comme une grande table servie par le bon Dieu. Les animaux de tout genre, les plantes de toute espèce qui produisent des fruits savoureux, et les trésors disséminés en ce bas monde, étaient les mets et les ornements de cette table. L'homme en était le convive.
Il est impossible de ne pas se ressouvenir de cette naïve cosmogonie lorsque l’on a à décrire ce plantureux banquet de la vallée de Amazone, où les trois règnes de la nature sont offerts profusément à tous les appétits des mortels.
Nous avons essayé de donner une idée de la « table » immense, qui mesure 360 lieues du Nordau Sud et 300 lieues de Est à l'Ouest, tout d’une pièce, sans rallonges. Nous avons constaté que l'élément liquide ne manque pas sur cette nappe vraiment royale. Il est temps de faire connaître ie menu du festin. Nous parlerons après des invités.
La vallée amazonienne est, en effet, une table merveilleuse qui se garnit et se renouvelle d'elle-même. Elle fournit en abondance aux moindres besoins du roi de la création. Sa faune est infinie; sa flore, inépuisable ; ses richesses minérales, mystérieuses. Les recherches des savants s'épuiseront à les dévoiler. L'Amazonie est le désespoir des naturalistes. Bien des années s’écouleront encore avant qu’on ait
inventorié les richesses qu’elle renferme. Ce travail ne pourra être
accompli que par une légion de pionniers. Il est à craindre que le recensement ne se fasse qu'après le pillage. Civilisation est parfois “synonyme de destruction. L'homme ne dompte la nature qu'en la mutilant. Il extermine pour régner. Au lieu de soumettre les animaux pour son service, il les tue pêle-mêle sans penser à les approprier à ses usages domestiques ; au lieu de tirer des forêts, par d'intelligents procédés, ce qui est nécessaire à ses besoins d'alimentation, de logement, d'ameublement, de navigation, de médication, il abat au hasard, en prodigue imprévoyant, et il anéantit, pour l'avenir, des sources précieuses de bien-être. Il serait désirable que le savant passãt avant le colon dans les terres vierges, afin de fixer les ressources du pays et de veiller à leur conservation. L'œuvre du naturaliste à notre époque doit être, avant tout, une œuvre économique. Il doit instruire ceux qui exploitent le sol des propriétés diverses des productions naturelles, et leur faire bien comprendre qu’il y va de leurs plus chers intérêts de les ménager. L'explorateur n'est pas l'homme qui appelle à la curée, mais celui qui invite à prendre une simple part de ce qu'il a découvert, afin de la faire fructifier. Il se sert volontiers des recom-
mandations du poète :
Insere Daphni pyros, carpent tua poma nepotes.
C'est dans ces sentiments que nous nous plaçons en divulgant, après tant d’autres, les trésors de l'El-Dorado amazonien.
Loin de nous la pensée d’allécher les aventuriers de la finance et leurs émigrants mercenaires par l’appât d'une proie facile et de.choix. Ce que nous voulons, c’est attirer le travailleur sérieux, déterminé, intelligent, résolu à faire souche et à édifier sa fortune, non pas sur la ruine ou le gaspillage de cette belle contrée, mais sur sa mise en valeur agricole et industrielle. C’est pourquoi, tout en lui révélant les avantages nombreux qui s'offrent à son activité, nous ne lui dissimulerons aucun des obstaclés que la nature inculte lui opposera.
Nous commencons par Pavertir qu'il ne trouvera pas, dans les forêts
. inextricables qui bordent tous les cours d’eau de l’Amazonie, les animaux gigantesques, utiles ou féroces, que l'on rencontre dans certaines parties de l’Europe, dans les steppes et les jungles de l'Asie,
- dans les déserts de l’Afrique, au sein des îles océaniennes. Il n’y
Lu
verra pas des troupes d'éléphants porteurs d'ivoire, des caravanes de f chameaux porteurs d'hommes. Il ne devra pas s'attendre aux charges folles du rhinocéros dans les hautes herbes, aux clapotis de l’hippopotame dans les roseaux des fleuves. Ni le lion ni le tigre royal ne “lui fourniront des occasions de chasses épiques. Le buffle ne lui traînera pas ses chariots, d'un pas tranquille et lent. Le zèbre et la
de l’âge tertiaire. Les paresseux, les tatous, les tapirs, les vaches fluviatiles le feront rêver aux mégathériums, aux smilodons, aux mégalonyx, aux paléothériums et aux dinothériums engloutis dans les déluges.
Dans chacune des classes des mammifères, des oiseaux, des poissons, des batraciens et des reptiles, il fera des connaissances nouvelles et nombreuses.
C'est pour lui faciliter ces relations que nous donnons ici la nomenclature abrégée, par classification zoologique, des principaux hôtes de la vallé des Amazones. :
A tout seigneur, tout honneur.
Commençons par le singe, qui est, à coup sûr, l’autochtone de la forêt vierge.
Dans la classe des mammifères, l’ordre des quadrumanes nous offre quelques espèces fort intéressantes (1).
Ce sont, en première ligne, les Guaribas, gouaribas ou ouarines (Simia Mycetes), singes hurleurs, appartenant au genre Alouate ou Stentor, de la famille des sapajous, c’est-à-dire des singes à queue préhensile. Les guaribas sont les plusgrands et les plus remarquables quadrumanes des forêts brésiliennes. Ils se rencontrent également dans les Guyanes et au Paraguay. Les naturalistes, et Spix principalement, en ont décrit un grand nombre d'espèces, sans tomber d'accord sur leurs caractères distinctifs, empruntés à la couleur de leur peau, variable suivant l’âge et le sexe. Les alouates guaribas se distinguent des autres sapajous par leur tête pyramidale et leur visage oblique, dûs à l'énorme développement de l’os hyoïde. Ces singes ont une hauteur moyenne de deux pieds. Leurs membres sont pourvus de cinq doigts bien développés. Leur queue, très longue, leur sert de main. La partie prenante en est nue et caleuse
(1) J. von Spix : Simiarum et Vespertilionum brasiliensium species novae.. Monachii, 1823. — Alex. Rodrigues Ferreira : Relação dos animaes quadrupedes, silvestres, que habitam nas matas de todo o continente do Estado do Gram-Pará...., 1786, Manuscr. de la Bibl. Nat. de Rio.
LE PAYS DES AMAZONES 69 en dessous et velue en dessus. Le guariba porte une sorte de collier de barbe épaisse, à la façon des Yankees. Il est doué d’une loquacité surprenante. Son organe pourrait en faire un chantre d'église. La puissance de sa voix est telle qu'elle se fait entendre dans un rayon de plusieurs kilomètres. Lorsque, pendant la saison des pluies, ils hurlent en chœur, tous les échos des bois sont en révolution. Il est rare que les guaribas marchent en bande; le plus souvent ils vont par couples. Ils se nourrissent de fruits. La femelle porte ses petits sur le dos, à la facon des femmes indiennes, et souvent elle se dévoue pour eux. Leur chair est comparable, dit-on, à celle du lièvre. Les guaribas perchent au sommet des arbres. Pour les abattre, il faut les tuer raide d’une balle. S'ils ne sont que blessés, ils restent sus-
pendus par le croc de leur queue.
Les Platyrrhiniens du nouveau continent comptent encore,dans la famille des sapajous, quelques espèces et variétés des genres atèles, lagothriches et cebus.
Les coatás ou coaïtas de " Amazone appartiennent au genre atèle,et les deux principales espèces sont l’A/eles marginatus et VA. paniscus. Ces singes ont la tête volumineuse, et un angle facial de Go degrés. Ils sont doux, mélancoliques, craintifs, faciles à apprivoiser, paresseux et lents. Leur pelage est long et soyeux; leurs membres, grêles et démesurés, sont terminés par des mains à quatre doigts, avec un pouce rudimentaire et tuberculeux.
Les Barrigudos font partie du genre Lagothrix. Ces animaux, découverts et décrits par Humboldt, sont laineux, ventrus et pourvus de cinq doigts. Ils ont la tête ronde et volumineuse, les membres bien proportionnés et la station bipède.
Les Sais, singes capucins ou pleureurs, relèvent du genre Cebus ou Sapajou. Leur pelage varie du brun au gris olivâtre. Une calotte ou capuce de poils noirs orne leur occiput. Leurscris plaintifs etpleurards partent d’un naturel doux et timide.
Tous ces singes représentent les membres sérieux de la famille
A côté d’eux, nous possédons le genre amusant, les enfants terribles et dégingandés, personnifiés dans les ouistitis et les sagouins du genre Jacchus, du genre Midas, du genre Callithrix et du genre Pithecia. Nous mentionnerons dans ces divers genres le Sagouin au dos gris argenté (J. humeralifer) ; le sagouin velu (M. hursulus), dont le corps est couvert de poils noirs à ondulations de couleur rousse sur le dos ; le sagouin rouge (C. moloch), et le joli singe noir Para-uassú (P. hirsuta).
L'ordre des carnassiers n’est pas moins riche en représentants que l'ordre des quadrumanes. Le genre Felis compte beaucoup d'individus auxquels les Brésiliens donnent le nom générique d'Onca, et les Indiens, celui de Jaguára. On appelle l’once, parfois, tigre d'Amérique ou jaguar.
L'Once commune (Felis onça) est un animal presque aussi gros et aussi féroce que le tigre royal d'Asie. Son pelage est d'un fauve vif en dessus, marqué le long des flancs de quatre rangées de taches noires ocellées, c’est-à-dire de la forme d'un anneau plus ou moins fermé, avec un point noir au milieu. Il est blanc en dessous, avec de grandes taches irrégulières, pleines et noires. Il mesure jusqu’à 1 m. 95 de longueur, sans compter la queue, qui atteint 6o centimètres.
L'Once notre (F. onça nigra), appelée jaguereté ou Jaguära-pixuna par les Indiens, présente un double aspect: la femelle est toute noire; le mâle est roux avec des taches noires.
L'Once au poil roux (F. concolor) est la susuarana des Indiens, et le Couguar ou Puma desnaturalistes. On la nomme aussi vulgairement lion d'Amérique et tigrerouge.Sa taille atteint 1 m. 30 delongueur, non compris la queue, qui mesure quelquefois 70 centimètres. Son poil est d’un fauve uniforme, sans aucune tache ; l'extrémité de sa queue est noire, ainsi que ses oreilles.
L'Once au poil gris et blanc (F. pardalis), dénommée Pacovasororoca par les indigènes, est de petite taille.
RE éd
la précédente. Elle a le poil nuancé de noir, de blanc et de gris.
Le Jaguar proprement dit ou le Felis onça, dont nous avons parlé, est plus fort et plus redoutable que les quatre autres espèces d'onces. Il attaque les plus gros animaux et bien souvent l’homme lui-même.
Passons à l’ordre des rongeurs, le sixième ordre de la classe des mammifères, caractérisé, comme l’on sait, par "absence de canines, par de longues incisives et quatre paires de molaires uniformes à chaque mâchoire.
La région amazonienne possède le plus grand des rongeurs connus: la Capivära (Hydrochoerus capibara), dont le nom est dérivé, selon Martius, de deux mots tupis : caapi et uara, qui signifient maître des graminées, allusion aux graminées dont elle se nourrit dans les cours d’eau et les lacs. Les Français l’appellent capivard ou capiverd, et les Galibis cabiai. La capivära est de la grosseur d’un sanglier. Son poil, peu fourni, est d'une couleur grisâtre, sa viande sert de nourriture à quelques naturels du pays qui estiment surtout le lard qu'elle fournit.
Après elle, il faut citer la Páca. Deux espèces sont particulièrement connues : la Coelegenys fulvaet le C. subnigra. La päca appartient à l’une des sept familles de rongeurs décrites par G. Saint-Hilaire. Ses dents ressemblent à celles des agoutis, mais elle possède un doigt de plus qu'eux, ce qui lui en fait cinq bien comptés. Un autre caractère différentiel se tire de la peau de ses joues, qui se replie sous les arcades zygomatiques très saillantes, et qui forme une poche ouverte par en bas et en dehors. Les pácas ont la taille d'un cochon de lait, 56 centimètres environ: le ventre est gros et mustélin, les pattes courtes, le museau allongé et arrondi par le bout, les oreilles petites ; elles n'ont pas de queue; par contre, elles portent de longues moustaches. Leur peau est blanchâtre ou rousse, avec des bandes longitudinales for-
mées de taches noires ou blanches disposées en séries. Elles ont le gro-
L'Once maracajá (F. tigrina) est encore inférieure en dimension à
Cr ort
gnement du petit cochon. Les fruits et les racines composent leur ordinaire. Ce sont de petits animaux proprets, doux et aptes à la domestication. Leur chair est d’une délicatesse exquise et fait le régal des plus gourmets.
L'Agouti constitue un genre à part dans l’ordre des rongeurs. Il
E tte ts ns
porte quatre doigts devant et trois derrière. Ses jambes postérieures sont beaucoup plus longues que celles de devant, comme celles des lièvres. Le poil est rude, facile à arracher ; il est tantôt brun, tantôt roux. Il ressemble un peu au lapin d'Europe, mais il a les oreilles rondes et le nez plus pointu. Sa queue est rudimentaire. L'agouti, — que les Brésiliens appellent Cotia, et que les naturalistes nomment Dasyprocia Agouti, — se plaît sur les collines boisées et élit domi-
cile dans les creux d'arbres ou de rochers. C’est un noctambule émé-
PER nt.
rite : il a le don de voir clair la nuit. Il est facile à élever. Comme il est omnivore et peu difficile sur le choix de sa nourriture, il peut fournir quelques centaines de francs de rentes à celui qui se livrerait à son élevage. Sa chair n'est pas à dédaigner, et sa peau, corroyée, est 1 recherchée par les cordonniers. !/agouti fournit encore quelques légendes aux imaginations avides de chasser au merveilleux. En voici une que nous empruntons à M. Sylvio Roméro pour agrémenter un peu nos descriptions arides :
Le singe en belle humeur s’en alla danser chez l’agouti, son
voisin. Celui-ci, né malin, pria son bon ami de tenir les violons, et se
mit à danser à sa place. En tournant, il alla donner du ventre contre le mur et se cassa la queue. Ce que voyant.les animaux à queue eurent peur de danser à leur tour. Alors le Preá (1) leur dit :
— Quoi donc ! Vous avez peur de danser, vous autres ; faites aller la musique, et vous allez voir comme on danse.
Le singe se douta de quelque chose. Il monta sur un banc, et se
mit à jouer du violon pour faire danser le preá. Celui-ci fit quelques
(1) Petit quadrupède sans queue, semblable à un gros rat; il a le poil grisätre. Les naturalistes donnent à ce rongeur le nom de Cavia Aperea.
tours, puis il vint prier le singe à danser. Le singe ne put s’y refuser.
Il entra dans la danse avec tous ses amis, mais il ne pouvait pas faire
un pas sans qu'on lui marchât sur sa queue, qui trainait. Il s'arrêta
et dit :
— Je ne danse plus! Ceux qui n’ont pas de queue ne devraient pas marcher sur la queue des autres. Nos amis le pred et le crapaud ne doivent pas marcher sur la queue d'autrui, parce qu'ils n’en ont pas pour que l’on puisse leur rendre la pareille.
A ces mots, il sauta sur la fenêtre, et il se remit à jouer du vio-
É Jon sans plus être importuné.
Quant à nous, reprenons notre excursion à travers la faune amazonienne.
L'ordre des pachydermes nous présente le Tapir ou Anta ( Tapirus americanus). C’est certainement le plus grand des mammifères de la contrée, et l’on peut dire le meilleur gibier, l’une des plus grandes ressources comestibles de ces déserts d’eau et de forêts. Les Indiens Pappellent Icury ou Tapiyereté.
Le tapir américain est à peu près semblable au cochon, mais il le dépasse en taille, car il mesure 2 mètres de long et 1 mètre de haut au jarret. Le nez prolongé en une petite trompe mobile ; la queue très courte ; les quatre doigts à sabots des pieds antérieurs; les trois doigts des membres postérieurs ; une peau brune, épaisse et revétue de poils soyeux assez rares ; des oreilles rondes et velues, tels sont les principaux signalements du tapir, répandu depuis l’Orénoque jusqu’à la Plata, et principalement localisé dans la vallée de l’Amazone. Les petits de ce pachyderme sont tachetés de blanc, comme les faons du cerf. Il est brutal, mais non féroce, et occasionne des dégats comme le sanglier. Caché le jour dans des fourrés, il sort la nuit pour man- “ger des fruits et des racines. Il nage et traverse les rivières avec une grande aisance. Il aime à se vautrer et à se tenir au frais dans
“les marécages. Nul ne sait mieux que lui se faire place dans les grands
bois. Il fonce tête baissée entre les arbres, son boutoir proboscidi-
forme en avant. Sa voix est grêle et sans proportion avec la grosseur de son corps ; elle consiste en un sifflement court. « Parmi les pachydermes, écrit A. Saint-Hilaire, il en est un dont la domestication me semble devoir être immédiatement tentée, c'est le tapir, et spécialement l'espèce américaine, qu'il serait aisé de se procurer par la Guyane et le Brésil. L'utilité du tapir serait double pour l’homme. Sa chair, améliorée par un régime convenable, fournirait un aliment à la fois sain et agréable, ainsi qu'un cuir excellent. En même temps, il pourrait rendre d'importants services comme bête de somme. » Nous livrons ces réflexions aux colons de l'avenir, ajoutant seulement que certains tapirs, pris Jeunes, ont déjà été apprivoisés. Tout le monde peut les toucher et les gratter, ce qu’ils aiment beaucoup. Ils se promènent librement dans les maisons et mangent tout ce qu'ils trouvent,
jusqu'à la chair crue.
Le Pécari ou Caétêtir est un autre genre de pachyderme, inférieur au précédent. Les espèces les plus connues sont le Dicotyles labiatus et le D. torquatus, qui est le Tajassú des Indiens. C'est le sanglier ou te cochon amazonien. Les pécaris marchent en bandes et fournissent un excellent gibier. La manière dont les indigènes les chassent est originale. Le chasseur s’installe sur un arbre, dans le voisinage d’un bouquet de palmiers dont les fruits sont très goûtés des pécaris. Quand il aperçoit un troupeau de ces animaux, il tire un coup de
fusil et imite les aboiements d’un chien. Les caétêtüs entrent en fu-
reur, et se ruent sur l'arbre, qu’ils mordent et qu'ils essaient de renverser. Le chasseur se laisse alors glisser, et, se retenant à une branche d'une main, il abat, de l’autre, à grands coups de bâton sur le
groin, tous les assaillants qui se présentent. Il en tue, parfois, de la
TU
sorte une assez grande quantité.
L'ordre des ruminants compte diverses espèces de cerfs ou veados. M Citons seulement le Cervus campestris, palustris, le C. nemorivagus
et le C. rufus. Ces cerfs sont nombreux dans les forêts; leur chair
est exquise, et leurs peaux commencent à être recherchées pour l'exportation.
Dans l’ordre des édentés, il faut nommer les Tatous, formant diverses espèces du genre Dasypus ; les Fourmiliers, Tamanduás ou Tamanoirs, appartenant au genre Myrmecophaga, et les paresseux,
du genre Bradypus.