Les Halles centrales, a Manaos
que les pavés en pierre actuellement en usage et aurait l'avantage, tout en supprimant le bruit, de ne pas devenir brûlant comme les fameux parallélipipèdes employés en ce moment.
De beaux ponts, dont quelques-uns en fer, ont succédé aux pauvres passerelles primitives dont parlaient Herndon et Gibbon.
La canalisation de l’eau a été faite et est en train d’être complétée sur une plus grande échelle. Telle qu’elle est, elle assure une distribution de 2.700.000 litres en 24 heures, ce qui représente 6o litres par jour et par habitant, pour une population de 45.000 habitants, chiffre
évidemment insuffisant.
On a inauguré, depuis quelques années, un marché en fer, situé près du port; des abattoirs, installés sur la rive droite de "igarapé de la grande cascade ; et une pépinière. — Trois églises, dont une assez spacieuse, placée sur une éminence et entourée d'un Jardin pittoresque, sont ouvertes au culte catholique.
La plupart de ces embellissements récents sont dús à l’administration du D' Eduardo Goncalves Ribeiro, qui a pu dire avec un légitime orgueil : « J'ai trouvé un gros bourg; j'en ai fait une ville moderne.»
La ville possède encore un théâtre somptueux, que le peintre italien De Angelis a décoré magnifiquement. En 1897, trois compagnies y ont donné des représentations fort suivies : une troupe d'opéra, une d'opérette et une de drame.
L'État ne s’est pas contenté de prêter son théâtre à ces troupes de passage ; il leur a donné le voyage gratis, la lumière électrique et une grosse subvention, ce qui est vraiment excessif, car ces prodigalités ont coûté au Trésor presque 344 contos pendant la saison 1897-98.
Un bureau d'hygiène, ayant à sa tête le D' M. C. de Gouveia fils; un hospice ; un lazaret installé sur la rive gauche du rio Negro, dans un site appelé Umirizal; un hospice d'aliénés, dépendant de la Santa- Casa-de-Misericordia assurent la protection de la santé publique et des secours aux indigents en cas de maladie, sans parler d’un hôpital portugais, ouvert aux nationaux et aux étrangers. On va construire un four d'incinération pour les ordures et détritus des balayages.
Il y a encore dans la capitale un établissement d'instruction professionnelle (Instituto de artes e officios), un asile pour les orphelins ; un lycée, sous le nom de Gymnase amazonien; un petit séminaire; 10 collèges et pensionnats privés avec 644 élèves ; 26 écoles primaires publiques, dont 6 installées dans des édifices scolaires spéciaux, comptant 1.400 élèves inscrits; et une bibliothèque de l’État, fondée le 25 mars 1883 et réorganisée le 1º janvier 1898, richede 3.165 volumes et de 131 cartes. L'instruction publique aà sa tête M. Francisco
Antonio Monteiro, aussi intelligent que zélé.
Citons encore : une caisse d'épargne, installée le 23 février 1893, et qui, en 1896, avait en caisse des dépôts pour une somme de plus M de 738 contos; deux banques; une compagnie d'assurances entière- 4 ment amazonienne; un muséum, où l’on peut voir les collections Tal- o
berg et Payer, acquises par l'Etat.