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Le grand théâtre, à Manaos

Il existe déjà un magasin de dépôts avec le matériel nécessaire pour "embarquement et le débarquement des marchandises; d'autres vont être construits. Quelques tronçons de quais ont amélioré le | port, que l’on se prépare à munir de tous les perfectionnements modernes.

L'Union Fédérale y entretien une flottille de guerre et une petite garnison militaire. L'État, à son tour, entretien un corps de police et

un autre de pompiers. Le corps de police, qui a dú sa forte organisa-

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tion au colonel Affonso de Carvalho, se compose de deux bataillons d'infanterie et d'un escadron de cavalerie. Le 1º bataillon comptait,

au 31 décembre 1897, 225 hommes, sous le commandement d'un

20. — Magasin de dépot et Pont de débarquement de Marchandises, à Manaos.

lieutenant-colonel. Le 2° bataillon, commandé par un officier du même grade, comptait à la même date 255 hommes. L'escadron de cavalerie ne comptait alors que 60 chevaux.

Cette force de policea une page glorieuse dans les annales nationales. En 1897, un fanatique établi dans l’intérieur, presque inaccessible, de l'État de Bahia, un certain Antonio Maciel, natif de Cearà et plus connu sous le nom de Antonio Conselheiro, parvint à y réunir des centaines de pauvres gens ignorants autour de lui, et à constituer un groupement assez semblable aux fameuses Réductions

des Jésuites du Paraguay. Le gouvernement fédéral envoya plusieurs

expéditions contre lui, et toutes durent battre en retraite ou reconnaître leur impuissance. Un grand effort fut tenté vers le milieu de l’année 1897: des troupes nombreuses marchèrent contre cette forteresse de forcenés mystiques, sous le commandement en chef du général Arthur Oscar. Les Etats de Sam-Paulo, Bahia, Parà et Amazonas voulurent aider le gouvernement fédéral dans cet acte de répression. La force de police de |'Amazone partit, sous le commandement du lieutenant-colonel en commission Candido Mariano. Elle y fit des prodiges de valeur, et son commandant, ainsi que l'un de ses officiers, le vaillant Raphaël Machado, fut mis à l’ordre du jour par le général en chef.

Le corps des pompiers compte 134 hommes, admirablement disciplinés.

Nous ne parlons que pour mémoire de la garde nationale, qui n'existe guère que sur le papier, mais qui, à l’occasion. pourra rendre des services, comme elle l’a fait pendant la campagne du Paraguay.

Enfin, 16 compagnies de navigation à vapeur ont à Manãos leur siège ou des agences: 2 nations (l'Allemagne et le Vénézuela) y ont des consuls; 4 y ont des vices-consuls (la France, la Grande- Bretagne, le Portugal et l'Uruguay); 2 y ont des simples agents consulaires (les Etats-Unis et l'Italie).

Tels sont les résultats acquis par l’activité et l'intelligence des habitants de cette ville pleine d'avenir, secondés par les autorités de l'Etat.

Si de la capitale nous passons à l'Etat tout entier pour l’embrasser d'un coup d'œil rapide, nous y constatons les mêmes éléments de prospérité ou de réveil. Sans doute la population des villes n’augmente pas d'une manière assez rapide, excepté celle de la capitale, pour des causes que nous étudierons plus tard: mais l’intérieur se peuple de hardis extracteurs de caoutchouc, et l'on calcule que d’un seul Etat brésilien, de l'Etat de Ceará, l'Amazone a reçu une centaine de |

mille immigrants pendant ces dernières années.

Il est impossible, toutefois, de calculer avec exactitude le nombre des habitants qui vivent sur cet immense territoire. Les chiffres que

Von produit d'ordinaire ne reposent que sur des données incomplètes.

1. — Le capitaine Raphael Machado er le lieutenant-colonel Candido Mariano, du bataillon de police de l'Amazone.

Dans l'excellent Rapport qu'il présenta à l’assemblée législative provinciale le 25 mars 1883, M. José Paranaguä put dire avec raison: « Les renseignements que nous possédons sont três imparfaits

à tel point que l’on peut avancer que tous les calculs au sujet de la

” population totale de l’'Amazone ne reposent que sur de vagues inductions et ne sont que de pures fantaisies. »

Cependant, des informations qu'il avait pu recueillir il résultait sur certaines régions des indications qui nous paraissent très plausibles. Ainsi, dans le rio Solimões ou haut Amazone, depuis Codajaz jusqu’à S. Paulo-d'Olivença, il y avait alors 3.908 habitants, dont 2.021 du sexe masculin et 1.917 du sexe féminin. Sur ce nombre, 3.664 étaient nationaux et 294 étrangers. La population du rio Branco à la même époque semblait n’être que de 384 habitants. Elle a augmenté sensiblement depuis que cette rivière est desservie par une. ligne régulière de bateaux à vapeur. On évaluait alors la population du rio Purús à 50.000 âmes.

En 1852, on calculait qu'il y avait dans la province qui venait d'être organisée 30,000 habitants à peine, y compris les Indiens soumis. En 1872, le recensement officiel opéré dans tout le Brésil montrait déjà, tout incomplet qu'il fût, que le nombre des habitants de la province s'élevait presque au double, car il était de 57.611 âmes. Le recensement officiel opéré dans tout le pays le 31 décembre 1890 a donné à l'Etat de l’Amazone seulement 147.115 habitants, représentant une densité de population qui ne va guère au delà de 0,08 habitant par kilomètre carré.

Même en admettant le bien fondé des chiffres officiels de 1872 et de 1890, la population de Amazone aurait subi en dix-huit années une augmentation de plus de 156 o/o, soit 8,66 par an.

Ces chiffres nous semblent au dessous de la vérité. Mais, même en les prenant comme base, même en admettant que l’augmentation annuelle, fournie par l'excédent des naissances sur les décès et par l'immigration, ne soit que de 8,66 o/o, ilen résulterait un accroisse-

ment de 12.811 habitants par an. Par conséquent, à la fin de l’année 1898, la population de l’Amazone ne peut pas être inférieure à

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