‹ Le pays des AmazonesChapitre 56 sur 149 · Une villa à Mandos (Chácara Eduardo Ribeiro · texte numérisé non relu

Une villa à Mandos (Chácara Eduardo Ribeiro

entamer par la prosaïque civilisation européenne; que nous avons échangé l’arc séculaire contre la carabine Minier ; que nous avons installé le confortable dans nos sauvageries, et que les villes, les bourgs, les simples villages de notre Amazonie ont remplacé avantageusement les huttes de feuillage ou de terre sèche qu'ils aiment à se représenter dans leurs rêves de Robinsons suisses.

Nos centres de population, quoique très clairsemés et épars seulement le long des cours d’eau, n’en font pas moins belle figure sur

la lisière des forêts vierges, entre l’azur incendié du ciel et les nappes

d’or des rivières, au milieu d'îles fortunées éclatantes de verdure et de lumière et redondantes de fécondité.

Les petites cités amazoniennes sont comme des nids sous les grands arbres, des nids spacieux où l’on tient à l’aise.

Là-bas, en ce beau pays, les maisons sont vastes. Elles peuvent contenir de nombreux enfants qui les emplissent de leurs ébats. Les maisons sont vastes, parce que la terre est grande et que l'hospitalité est large. Les maisons sont vastes, parce que l’Amazonien aime à se mouvoir en liberté. Il ne comprend pas ces ruches humaines de Paris où nous bourdonnons notre existance, emmurés, empilés les uns sur les autres comme dans un caveau de famille. Il ne saurait borner

ses vœux à quelques pieds carrés — angulus ridet.

Sa demeure est relativement spacieuse ; quelques pièces seulement la composent, mais dans ces pièces on taillerait des appartements parisiens. Pour la construire, on a fait une large brèche dans un coin de forêt ; et avec les troncs équarris des arbres géants on a élevé des murs presque aussi solides, quoique beaucoup moins élégants, que les maçonneries de pierre et de mortier auxquelles on est habitué généralement en Europe. Une enveloppe de chaux les recouvre et fait rebondir les traits du soleil. Des vérandas ornent la plupart des habitations, d’ailleurs basses ou à un seul étage ordinairement. Il est rare qu'il n’y ait pas un jardin, si petit soit-il. Le jardin intérieur, le quintal, et la véranda sont les deux oasis où l’on se repose aux heures chaudes du jour, où l’on cause au bercement des hamacs suspendu ou des chaises à bascule.

Et puis, bien que ces demeures de l’intérieur (car a Manãos on rencontre déjà des habitations bien bâties, des chalets pittoresques et des immeubles à plusieurs étages) ne puissent rivaliser en aucune manière avec les constructions modernes des premières capitales du vieux monde, elles offrent d’autres avantages : quoique modestes et simples d'apparence, elles sont toujours ouvertes (nous ne parlons

pas au figuré), comme la maison du Sage, et tout homme qui porte une lettre de recommandation, de la part d'un ami ou d'une simple connaissance, y est accueilli à bras ouverts. L'hospitalité écossaise est un mythe à côté de l'hospitalité brésilienne en général. (Quand un étranger passe le seuil d'une maison, il entre chez lui. Ces mœurs patriarcales sont principalement en honneur dans ces parages, où l’on ne trouve, surtout dans les petites villes et dans les bourgs, aucune hôtellerie passable pour des voyageurs habitués au confort européen.

Même dans les intérieurs riches, on ne trouve aucun luxe de mobilier, aucune somptuosité apparente, aucun étalage de ces bibelots qui font les délices des civilisations raffinées.

L'étranger est frappé de la simplicité des meubles. Ce sont quelques berceuses légères, d'équilibre instable, sièges à mouvement perpétuel qui trompent le besoin d'activité du corps par une indolence rythmique ; puis des chaises et des canapés garnis de paille, et l’infaillibie hamac, tantôt simple, tantôt orné de franges de prix, caché dans un coin de l’alcôve. ;

Pour le vêtement, l'habitant de l’Amazone se croit obligé de sacrifier aux coupes d’habit européennes. Le drap noir est de mise, de même que le chapeau de soie, usages absurdes sous un climat pareil. Les dames se montrent plus pratiques en s’habillant généralement d'étoffes légères, tout en leur conservant un certaint cachet parisien. Les costumes de drap léger, les toilettes de madras, de surah, de foulard, de mousseline sont en honneur parmi les personnes de la société.

Si les habitants du haut Amazone obéissaient moins aux préjugés de la mode, et suivaient un peu plus les simples indications de. l'hygiène, ils ne se vêtiraient que de flanelle ou d'étoffes de soie, et. se coifferaient du casque que portent les Anglais aux Indes.

« Dis-moi ce que tu manges; jete dirai quitu es. » Cet axiome, qui peut servir de devise à tous lescuisiniers bourgeois, est lecritérium

presque infaillible du caractère moral des peuples. Sans vouloir trancher ici le débat entre les végétariens et les carnivores, on peut regretter que l'alimentation végétale ne soit pas plus en honneur dans un pays chaud.

Les classes riches de l’Amazonie peuvent lutter en harnois de bouche avec tout autre peuple. Leur table est aussi plantureuse que leur sol. Agassiz nous a laissé la description d'un banquet auquel il a été invité à Manaos, à environ 1,600 kilomètres de l’embouchure du grand fleuve. « Il n’y avait, à la vérité, dit-il, ni glace, chose assez peu facile à obtenir sous ce climat, ni vin de Champagne ; mais ces deux exceptions étaient plus que compensées par un assemblage de fruits des tropiques que partout ailleurs on n'aurait pu se procurer à aucun prix : les ananas énormes, les abacates verts et rouges, les pitangas couleur pourpre, le attas ou fructas do conde, les abios, les sapotilles, les bananes des espèces les plus recherchées, ainsi qu’une grande variété de maracujás — le fruit de la passiflore. » S'il pouvait ressusciter, il serait surpris de voir deux fabriques de glace à rafraîchir installées à Manáos, et le champagne des meilleures marques servi à tous les banquets.

Les Romains eussent payé d'une province les desserts excentriques dont parle le grand naturaliste. En Amazonie, il suffit de secouer les arbres pour se les procurer.

L'ordinaire des classes moyennes est moins compliqué. Leur alimentation, cependant, est saine et abondante. Les pièces de résistance se composent de la viande savoureuse des tortues et de poissons variés. Le pain est souventremplacé par la farine de manioc. Cet aliment est très substantiel et convient bien au climat, où la mastication est une fatigue. Ces provisions se trouvent en abondance sous la main, quoique la vie soit assez chère à Manäos.

Nous avons déjà dit que la vallée de l’Amazone est un immense garde-manger bourré de vivres et dans lequel il n’y a qu’à prendre.

La viande de boucherie est plus rare, mais coûte relativement moins

cher qu’à Paris — environ 1.$ 000 réis le kilogramme. Ce ne sont pourtant pas les matières premières qui manquent. L'ile de Marajó, à l'embouchure de l’Amazone, est le paradis terrestre des bœufs.Dans d'autres parties de l’État, des troupeaux de ces ruminants se multiplient en liberté. L'Union fédérale et les particuliers possèdent en outre, dans les plaines arrosées du rio Branco et deses affluents, 59 fazendas qui ne comptent pas moins de 56.775 têtes de bétail. Malgré cela, la viande n'est pas abondante à Manãos, car les moyens de transport sont encore insuffisants. Ceux qui vivent dans l’intérieur sont plus favorisés. Ils ont la ressource de la chasse, et un bon coup du fusil donné à propos fournit de quoi remplir les pots à salaison.

Le fils de Noé n'ayant pas jugé convenable d'émigrer en Amazonie, il s’ensuit que le pays est privé de la divine liqueur dans laquelle le brave patriarche noya ses chagrins après le déluge. Pas de vigne ; partant pas de phylloxéra, ce qui n'empêche pas de jouir des présents de Bacchus. Dans les grandes occasions, on sert quelques précieux flacons de France, de Portugal ou d'Italie, et l’on se verse à flots le nectar de la civilisation européenne. Ceux qui soutirent le caoutchouc au fond des forêts échangent volontiers le suc laiteux qu'il récoltent contre le pétillant breuvage qui a fait l'esprit du bon Champenois La Fontaine. Le peuple et une bonne partie de ce que l’on peut appeler la petite bourgeoisie entretiennent la fraîcheur de leur teint par de copieuses rasades d’eau fraîche. Ils se trouvent fort bien de ce régime aquatique, pur de toute falsification malfaisante.

Pour combattre les miasmes, on les traite par d'énergiques fumigations à la nicotine. Le tabac est presque passé à l’état d'objet de première nécessité dans ces contrées, et celui de Borba jouit d'une grande réputation.

Le café y est également d’un constant usage.

Nous conseillons aux Européens fraîchement débarqués à Manãos. de ne pas rompre trop brusquement avec leur ancienne manière de

vivre. Ils devront n'adopter que peu à peu et par transitions insensibles la nourriture du pays. Qu'ils se gardent aussi de l'attrait séducteur de certains fruits.

La population amazonienne d’origine blanche, le Brésilien proprement dit, a gardé quelques restes des usages anciens, soit qu'ils lui aient été transmis par les premiers colons, soit qu'ils lui viennent de certaines traditions locales, modifiées par l'influence chrétienne.

Mais toutes ces coutumes du bon vieux temps tendent à disparaître, noyées dans des pratiques nouvelles d'importation étrangère.

Dans notre enfance, on célébrait encore la fète des parents et des amis d’une manière fort originale. La veille du jour où un Brésilien devait fêter son saint patron, on s'attachait à ses pas et l’on s'ingéniait à lui nouer un ruban au bras. Ces faveurs obligeaient. Celui qui était l’objet de cette attention attachante était redevable d'un bon dîner ou tout au moins d'un petit cadeau à celui qui l'avait enrubanné,

Quelques fêtes locales donnent lieu à des réjouissances assez semblables à celles de certaines fêtes du même genre dans quelques régions de la France.

Il y a des neuvaines le soir dans l’église paroissiale ; et sur les places, les petites baraques foraines font rage. Le sacré se mêle au profane avec une naiveté charmante. Le Brésilien de ces parages ne croit pas que Dieu doive être exclu de ses divertissements.

Les fêtes de Saint-Antoine, le 13 juin, de Saint-Jean, le 24 juin, de Saint-Pierre, le 29 juin, donnent lieu encore à des feux de joie et à des récréations nocturnes. [ci l’origine latine, la descendance aryaque, se révèlent. Le culte d’Agni, le feu créateur, est associé à celui des saints vénérés au mois du solstice d’été.

Mais, nous le répétons, la civilisation égalitaire nivelle tous ces usages ; et bientôt, de toutes ces traditions des ancêtres, il ne restera nulle trace.

Si Pon veut trouver encore du pittoresque et de l’imprévu sur la

terreamazonienne, c'est parmi le peuple, parmi la race qui descend des Indiens, qu'il faut les aller chercher.

Cette classe d’habitants est restée plus attachée aux souvenirs de

son berceau, et elle a conservé une physionomie à part qui la distingue des purs Brésiliens dont nous venons de parler. Ses aliments,

ses excitants, ses mœurs et ses coutumes gardent quelque empreinte de

la race primitive.

Le peuple a encore sa pogueca, son xibé, son beij# et son moguem comme nourriture. Il est resté fidèle au tucupy, au caxiry, à la cachaça, à son vin de caji et de fruits fermentés.

C'est là, dans ce milieu plus naif et plus esclave des traditions, que Pon célêbre les fêtes chrétiennes sous des dehors de fétichisme, et que l’on croit encore aux belles légendes héritées des aieux.

Rappelons donc rapidement quelques traits de la vie de ces gens du peuple de l'Amazonie, confondus parmi les descendants «deces colons sortis du Portugal, lesquels, en s'unissant par les liens conjugaux aux naturels du pays, ont fait surgir cette race nouvelle qui est blanche et connue sous le nom de mamelucos, qui se distingue des hordes sauvages par la couleur et par son goût pour l’agriculture et les arts mécaniques ». ( Tenreiro-Aranha.)

Nous suivrons dans ce court aperçu la même division que précé-. demment. p

Parmi les aliments chers aux mamelucos, la pogueca tient la première place. Ce mot tupi signifie enveloppe. La poqueca se prépare avec toutes les recherches que l’on met d'ordinaire dans la confection d’un plat national. Les Anglais ne sont pas plus empressés autour de leur pudding du Christmas. On prend une large feuille bien épaisse, “bien luisante, et l’on y dépose du poisson ou de la venaison avec des condiments. On ficelle le tout et on le place sous la braise jusqu'à ce qu'il soit cuit à point. C'est, paraît-il, à s’en lécher les doigts, qui, dans cette classe, servent encore de fourchettes.

On mange la poqueca avec toutes les préparations du manioc, avec

le xtbé ou farine trempée dans de l’eau fraîche, avec le beijit, espèce de gâteau pétri avec de l’eau. On l’accompagne de quelques verres de cachaca ou tafia de canne à sucre, et de fortes lampées de caxiry. La boisson nommée caxiry se fait avec les beijús. Quand ces gâteaux de manioc sont cuits, ils sont gardés pendant quelques jours dans des feuilles vertes, puis déposés dans un vase rempli d’eau. On les dissout

en agitant et on laisse fermenter.

Un mets plus utile que la poqueca est le moguém, sorte de viande boucanée par des procédés simples et expéditifs. La sauce, que l’on met un peu partout, se nomme tucupy. C'est un liquide tiré du manioc,

…. râpé et comprimé dans le tipity, tube élastique fait avec les tiges de la jacitára (desmonchus) ou du guarumä (maranta arouma, d' Aubler). Ce suc laiteux est un violent poison végétal, dont le principe actif est l’acide cyanhydrique. Mais ce suc est volatil, et, aprês ébullition, ilforme une excellente sauce pour le poisson et les autres mets.

Pour compléter ces quelques notions sommaires sur l'alimentation de la classe vraiment indigène, nous citerons encore le pira-cuhy ou

* | farine de poisson, et le pirarucú. poisson que nous avons décrit précédemment.

Le pira-cuhy est un aliment fort utile dans ces parages. Il est fait de poisson grillé, dont on a ôté les arêtes et que l’on a écrasé dans un mortier ; après quoi on le dessèche sur des plateaux en terre, et on en obtient ainsi une «farine de poisson », excellente et agréable au goût.

— Quantau pirarucé, dont la longueur atteint jusqu’à 2" 20, après la

pêche on le transporte aux baraquements; là, on enlève les écailles du

x poisson, on le coupe en deux, on le sale et on empile les morceaux

découpés les uns sur les autres. Ils y restent pendant quelques

heures, au bout desquelles on les expose au soleil, bien étalés, pour les faire sécher.

Passons rapidement aux mœurs des Indiens à demi civilisés.

Un culte ne meurt pas, il se transforme toujours, a-t-on dit. La

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vérité de ces paroles éclate d'une manière saisissante dans les coutumes et dans les traditions singulières que les descendants des Indiens ont conservées de leur première origine.

Certes, on sent bien que la grande pensée du christianisme s’est adaptée à ces âmes neuves, que des conceptions plus avancées sont greffées sur les croyances primitives ; mais on peut dire que le sauvageon qui les porte est encore en pleine sève.

De même que l’Européen garde dans les profondeurs de son être un vieux levain de naturalisme antique, de même les populations. inférieures de l’Amazonie restent inconscieminent attachées au fétichisme indien.

L'hérédité a accumulé dans les couches profondes de cette race | d'hommes tous les instincts, toutes les superstitions qui caractérisaient les anciens possesseurs du sol. Les fêtes, les cérémonies chrétiennes sont des corruptions ou plutôt des perfectionnements des antiques usages paiens.

Nous décrivons ailleurs la fête du saïré, qui résume dans ses allégories et dans son symbolisme profond, quoique grossier, les prin-= | cipaux points du dogme catholique.

Les merveilleuses légendes du Curupira et de la mai-d'agua charment leur besoin de rêverie et leur versent de poétiques émo- | tions. Elles sont comme les voix des deux grands génies qui se cachent dans les choses amazoniennes : le génie des forêts et le génie | des eaux. Elles traduisent l'impression que l'immense nature dépose au fond de ces âmes mélancoliques.

Le Curupira est un génie sylvain qui hante les solitudes boisées: Quand les femmes s'égarent dans la forêt, il sort des arbres sous la figure d'un Indien. Quand les hommes se perdent dans la forêt sans fin, il se montre sous la forme d’une belle Indienne. Il ne faut pas suivre le Curupira. Ceux qui connaissent la malice de Curupira l’'amusent en chemin. Ils se reposent à l'ombre, et se mettent à tresser de petits paniers de lianes ou de tiges de guarumá. Le Curu-

pira vient. Il prend les petits paniers, les examine, et, pour apprendre à en faire d'aussi beaux, il commence par les mettre en pièces, comme ferait un gentil ouistiti d’une parure de dentelles. Pendant ce tempslà, on s'échappe, et l’on retrouve les sentiers. La légende de la mái-d'agua est plus candide encore. La fée enchanteresse fréquente les rivières et les igarapés sombres. Elle guette les jeunes fiancés et les met dans le malheur. Par les nuits sereines et tièdes, elle fait entendre ses chants magiques. Malheur à lIndien épris, malheur à l’Indienne énamourée qui se laisserait attirer ! Le fiancé qui a voulu voir la « mère des eaux » est frappé de délire. L'image de cette beauté à peine entrevue s'empare de tous ses sens et le jette dans les transports d’une joie qui éclate en rires éperdus ; cette vision le tourmente et le sollicite à retourner aux lieux où elle lui est apparue pour la première fois; s’il se laisse entraîner, s’il la recherche aux bords des rivières, la fée entr'ouvre ses beaux bras au milieu des herbes, l'enlace et le fait mourir d'amour dans le Jit des fleuves. Morale : l’eau est fascinatrice comme la femme ; moins enivrante peut-être.

ll existe en Amazonie une autre fée, qui est une bonne fée, celle-là. Elle est toujours prête à ouvrir son sein et à y recevoir les malheureux. Nous voulons parler de l'assistance publique, qui a son siège à Manäos et qui porte le doux nom de Santa-Casa da misericordia. Le bien qu'elle fait est considérable. Elle a à sa charge un hôpital, un hospice d’aliénés et un lazaret pour les varioleux depuis le mois d'octobre 1897. Un comité d'hommes dévoués centralise les cotisations des membres de cette association charitable, distribue les crédits alloués par PÉtat et veille à l'administration des secours. Pendant Pannée 1897, la Santa-Casa comptait 475 membres. Ses recettes se sont élevées à environ 255 coutos, et les dépenses se sont montées à la même somme à peu près. Son hôpital, son hospice et son lazaret sont tenus par les sœurs de Sainte-Anne, congrégation religieuse

italienne. Son modeste patrimoine se compose à peine de trois titres

de rente de l’Etat et de deux immeubles. Malgré cela, grâce à l’aide de l'Etat, son hôpital a recu en traitement 1,836 malades en 1897, dont 1,117 sont sortis guéris et 270 sont morts; 113 ont continué

en traitement. Elle fournit également des médicaments et procure des

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