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À la recherche d'œufs de tortues

du caoutchouc et des autres produits forestiers. La pêche et la chasse ne forment pas encore une industrie lucrative et exploitée en règle. Cependant les gens du pays aiment la pêche, et s’y livrent assez activement, mais la plupart du temps pour leur compte. La . pêche aux tortues, au peixe-boi et au pirarucú occupe quelques milliers de bras, pendant certaines saisons.

La pêche aux tortues se fait de deux manières (1).

(1) Voir les curieuses notes de M. F. Gomes do Amorim, l’illustre écrivain portugais dans ses beaux drames — spécialement dans le Cedro Vermelho — sur ces mœurs

> amazoniennes.

Sur les rivières, on les prend avec des flèches, qui ont quelquefois un noyau de tucuman près de la pointe. Ces flèches partent de Parc avec la vélocité d’une balle; la flèche, en fendant l'air, tire du noyau percé de ce fruit un sifflement semblable à celui d’un oiseau: aussi la tortue qui flotte sur l’eau n’en est-elle pas effrayée; la pointe de la flèche, lancée avec une adresse merveilleuse, pénètre dans la carapace de la tortue, et, en s’y fixant, se sépare de la flèche, mais reste attachée par un fil très long enroulé dans le roseau. La tortue se sentant blessée, plonge rapidement, et le fil se déroule de la flèche, qui tournoie au-dessus de l’eau et permet à la barque du pêcheur de s'approcher. Quand le mouvement de la flèche cesse, le pêcheur comprend que la tortue est fatiguée. Il tire alors à lui tout doucement le fil, et à peine apercoit-il la vaste carapace de la tortue, qu'il la harponne, et la voilà prise.

La pêche sur les plages est appelée là-bas d'un nom caractéristique : on la nomme v1rac4o, c'est-à-dire retournement ou renversement des tortues sur le dos. On la pratique sur les immenses plages sablonneuses du Solimões. du Madeira, du Purús et du rio Branco, à l'époque de la ponte, lorsque les tortues vont enterrer leurs œufs. C'est une véritable chasse. Les gens du pays ne se faisaient pas scrupule de dénicher ces œufs, pour en fabriquer le fameux « beurre », si cher à M. Jules Verne, et de prendre par la même occasion les tortues minuscules qui sortaient à peine des coquilles. Une loi (1er juin 1882) défend cette chasse barbare. Elle ordonne aux municipalités de faire occuper les plages, pendant les quatre. mois des basses eaux, par un petit détachement de police, et elle édicte des peines sévères pour les contraventions constatées.

La saison pour la fabrication de l'huile de tortue (marteiga) prend fin le plus souvent au commencement de novembre.

Voici le procédé employé pendant l'enfance de l’auteur de ces lignes :

Les œufs dénichés étaient jetés dans une barque et massés avec les

pieds comme on écrase le raisin, jusqu'à ce qu'ils formassent une pâte gélatineuse. On enlevait alors les pellicules assez épaisses qui servent de coquilles à ces œufs ; on versait de l’eau sur le tout, et le résidu restait exposé au soleil pendant plusieurs jours. L'huile montait à la

surface; on l’enlevait, et on la faisait bouillir dans un chaudron en

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