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La pêche au harpon, dans l'Amazone

cuivre. Ensuite, elle était placée dans de grands pots en terre, pouvant contenir environ 45 litres. On a calculé qu'une tortue pond en moyenne 8o œufs, et que, pour faire un pot de cette graisse, il faut se servir des œufs de 40 tortues.

La production du beurre de tortueest stationnaire. En 1882-83, on avait acquitté à la recette provinciale de l’Amazone des droits d’exportation sur 6.028 kilogrammes de ce beurre, fabriqué principale-

ment dans le Solimões. En 1894-05, l'exportation par grand cabotage

s’est élevée à 14.450 kilogrammes, valant 2 contos 890 $ 000 réis. Mais l'exportation est descendue, en 1895-06, à 7.781 kilogr., d'une valeur de 1 conto 216 $ 000 réis à peine.

La pêche du « poisson-buf », de la vache fluviatile dont nous avons parlé précédemment, est beaucoup plus difficile, car il a l’ouie excessivement fine. Ordinairement on le harponne. Cette pèche diminue de plus en plus, et l'exportation des conserves de peixe-boi, nommées mixira, supérieures à la plupart des conserves de poissons faites en Europe, tend à disparaître du tableau de la perception de l’État. — Pendant l'exercice financier 1881-82, l’exportation de mixira avait été de 1.311 kilogr., répartis de la manière suivante : 260 kilogr. du Purús, 247 du Juruá, 714 du Solimões, plus 00 kilogr. de peixe-boi frais de rio Purús. Or, en 1894-95, l'exportation par grand cabotage n’a plus été que de 691 kilogr., d'une valeur de 9 contos 430 $000 réis, et en 1895-96 ce chiffre a encore baissé, l'exportation n'étant plus que de 361 kilogr., valant 4 contos 771 $ 000 réis.

L'exportation des salaisons de piraracú, qui se faisait sur une plus grande échelle et commencait à donner des résultats appréciables, n’a pas fait des progrès non plus depuis quinze ans. — Pendant l’année fiscale 1881-82, on en avait exporté 796.169 kilogrammes, dont 146.869 du Purús, 4.845 du Madeira, 122.625 du Juruá, 460.483 du Solimões, 13.396 du rio Negro et 47.951 partis du port d'Itacoatiára, En 1894-05, l'exportation par grand cabotage n’en a plus été que de 564.954 kilogr., d'une valeur officielle de prês de 411 contos, et, en 1895-96, de 555.118 kilogr., d'une valeur officielle de presque 468 contos. Il est vrai, que dans ces chiffres ne se trouve pas comprise l'exportation faite par Parintins, Itácoatiára et Maués, dont le montant, en 1805-06, a été de 313.880 k., valant 270 contos.

Sur les affluents de l’Amazone, la pêche garde encore un cachet caractéristique, qui disparaîtra évidemment dès qu’elle deviendra une véritable industrie, au lieu d'être un passe-temps pour la classe aisée

et un pis aller pour les pauvres. On n’y verra plus alors ces barques p P

si originales de la région amazonienne, ces igáras pittoresques : l’ubd, embarcation rude, creusée dans un tronc d'arbre, tout d’une pièce, avec des traverses mal équarries servant de siège; la montaria grossière, petit canot sans abri; l'igarité, embarcation d’une seule couverture, faite le plus souvent-en feuilles de palmiers; l’igära-asst, barque à deux couvertures; le hóte, le grand canot, et le batelão, espèce de chaland. On n'y verra plus le caboclo armé de son jacumá,

rame courte qui lui sert en même temps de gouvernail.

L’attirail nécessaire à la chasse et à la pêche, et dont se servent encore les tapuyos de l’intérieur, se modifiera aussi, et leurs flèches, aujourd’hui si variées seront emportées par la civilisation, Les flèches, en effet, sont toutes différentes de formes; il y a: le uacuú pour le petit poisson ; l'apepéna pour le gros poisson; la sararáca, que nous avons décrite, pour la pêche aux tortues ; ['uacuruá pour les oiseaux;

et, finalement, la taguára pour le gros gibier.

Mais si l’on perd tout cela, en revanche on n’aura plus à déplorer la destruction du poisson qui se fait encore dans certains endroits au moyen de poisons végétaux, tels quele Timbó, le Tinguy, le Turary,

le Cruapé rouge, etc.

Le timbó (Serjana cuspidata) fournit par distillation une huile essentielle d'odeur musquée et un principe narcotique puissant ; il … suffit d'en respirer l'odeur pour ressentir un commencement d'em-

. poisonnement. Le tinguy (Phaeocarpus) agit également comme un

— pinnala) servent aux mêmes usages et ont les mêmes propriétés.

Nous avons assisté plus d’une fois, dans notre enfance, à cette pêche

“barbare, qui se faisait de la manière suivante : on écrasait le timbó,

peine de le cueillir dans la barque. On ne se souciait même pas du menu fretin.

Quant à la chasse, nous n’en parlons que pour mémoire ; elle ny

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