Ferme à bétail, sur le rio Purus
16 dans le mont Majáry, 1 dans l’Igarapé Caurani, 5 dans le rio Santa-Rosa, 2 dans le Maracä, 4 dans [Igarapé Grande, 25 dans le Tacutü, et 4 dans les affluents de cette dernière rivière. Ensemble elles possèdent 56,775 têtes de bétail.
En dehors de celui des fermes du rio Branco et de ses affluents et sous-affluents, on trouve encore quelque bétail dans les prairies ou campos baignés par le Madeira et par le bas Amazone, ainsi que dans le rio Autaz, à Purupurú, Codajaz, Coary, Teffé, Fonte-Bôa, Sam- Paulo-d'Olivença, etc.
De nombreuses lois ont été votées et promulguées pour encourager l'agriculture dans " Amazone.
Une loi du 16 mai 1872 accordait des primes aux agriculteurs qui, dans l’année, présenteraient sur le marché de Manäos 100 algueires (1)
de farine de manioc (cassave) fabriquée par eux, et 50 alqueires de
riz ou de haricots, ou bien encore 500 maguias(2) de maïs. Une autre loi du 20 mai de la même année exemptait de tout impôt local, pendant dix années, les produits suivants, s'ils étaient cultivés dans le pays : coton, tabac, riz, café, haricots, maïs, farine de manioc, sucre, mélasse et eau-de-vie de canne à sucre.
L'année suivante (29 mai 1875), une loi autorisait le président de la province à signer avec Nash, Ferreira et Cis un contrat pour l'établissement d'une ou de plusieurs fermes destinées à la culture de la canne à sucre, de diverses céréales, à la fabrication du sucre et de Peau-de-vie de canne. Les dépenses autorisées dans ce but s'élevaient à 50,000 francs.
Au bout de deux ans (25 mai 1875), le président était encore autorisé à contracter un emprunt provincial de 500,000 francs, destiné exclusivement à être mis à la disposition des agriculteurs. Une seconde loi portant la même date permettait de prêter à un habitant de la province, M. Labre, la somme de 22,000 francs, et à un autre, M. Amorim, la somme de 12,500 francs, pour leur permettre de monter un établissement destiné à l'élève du bétail et des chevaux.
En 1879, une loi, portant la date du 26 mai, autorisait une dépense de 75,000 francs, pour être distribués comme secours à la petite agriculture de la province. Deux ans après (14 mai 1881), on votaitla même somme en faveur des agriculteurs et des éleveurs de bétail; et une loi du 1á juin de cette même année (1881) autorisait le versement d'une prime de 5,000 francs à l’agriculteur nord-américain Jasson W. Stone, pour ses plantations de tabac.
(1)'L'alqueire vaut près de 40 livres.
(2) La maquia vaut 2 livres 273.
Une loi du 8 juin 1883 autorisait le président de la province à concéder une garantie de 7 o/o d'intérêts, sur un capital de 5,650,000 francs pour l'établissement de trois usines centrales de
sucre dans la province.
D’autres lois provinciales, votées par l’Assemblée législative pendant sa session de 1884, accordaient des primes et des encouragements en espèces pour la culture de l’arbre à caoutchouc et la production de certains produits agricoles. L'une d'elles garantissait une subvention de 30 contos (environ 75,000 francs au change de l’époque) au fondateur d'une ferme-modèle. Enfin, une loi décrétait l’établis-
sement de l’enseignemeut agricole au Muséum.
La République n’a pas été moins prodigue d'encouragements à l’agriculture que ne l'avaient été les administrations impériales, et, disposant de ressources budgétaires incomparablement plus considérables, elle a pu se montrer encore plus généreuse. Sous le gouvernement de M. Eduardo Ribeiro, dont le colonel José Ramalho continue les traditions, on n’a pas cessé les libéralités destinées à organiser un commencement de production agricole sédentaire.
La loi n° 25 du 25 octobre 1892, en particulier, a autorisé le gouvernement de l'Etat à faire des prêts à l’agriculture moyennant certaines conditions. On en a consenti un de 20 contos à M. Carlos Augusto da Fonseca, et huit de 5 contos chacun aux personnes suivantes : José Pereira Vidal, Augusto Berger, Joaquim d'Oliveira Martins, Joaô Antonio Rabello, Joaquim Damasio de Freitas, Carolino A. Soares et D. Antonia Cavalcante, José Martins de Barros et D. Umbelina Fernandes Martins.
On avait également signé un contrat pour Pintroduction d'immigrants japonais. Les immigrants ne sont pas venus et le contrat est devenu caduc.
Une tentative plus sérieuse est faite en ce moment au moyen d'immigrants de l'Etat de Ceará, pour lesquels le gouvernement de
… l'Amazone a créé des colonies agricoles qui se régissent d’après les a instructions suivantes en date du 25 juin 1898:
La préférence est donnée aux immigrants qui se sont déjà livrés à Pindustrie agricole et à l'élevage, et parmi ceux-ci on préfèrera ceux … constituant une famille. Le nombre des immigrants non-mariés ne doit pas excéder 25 o/o du total de chaque convoi. Avant de s'em- …barquer, les émigrants signent un engagement par lequel ils demeurent obligés de se placer dans la colonie et de travailler le lot de terres “qui leur est concédé.
Aux immigrants qui ne voudront pas se placer dans les colonies agricoles de l’État et qui s’y rendront simplement pour s'employer dans l'extraction des produits fruitiers, le gouvernement n'accorde “que le passage gratuit jusqu’à Manäos.
Aux autres, ceux qui voudront se livrer aux travaux agricoles dans les colonies, dont une seule est installée, aux portes mêmes de la capitale, l’État accorde des faveurs spéciales : ils ontie voyage gratuit jusqu’à Manãos, y compris l’embarquement à Fortaleza, capitale de “Etatde Ceará, et ledébarquement à Manäos ; ils ont le transport gra- “tuit jusqu’à la colonie ; l'État les nourrit etles habille au moins pendant trois mois, et ne cesse de le faire que s’ils abandonnent le travail dans «a colonie ou sur leur lot de terres : il leur donne un lot de terres mesu- Tant au moins 20 hectares, avec une maisonnette pouvant les loger, x et leur famille ; sur ce terrain, démarqué et délimité, au moins hectares sont préparés d'avance pour la culture; il leur fournit «gratis les graines et semences et les outils et instruments agricoles, “dont ils ont besoin pour leur travail ; il les emploie de préférence pour les travaux d'aménagement nécessaires à la colonie. A peine installé,
mmigrant reçoit un titre provisoire de propriété des terres (au
cette tutelle, et tous les colons dont les terres se trouveront cultivées
effectivement reçoivent alors un titre définitif de propriété. Au con-
traire, les lots qui n'auront pas été mis en exploitation normale seront vendus aux enchères. Si, cependant, avant que le délai des trois | années se soit écoulé, le chef de la famille venait à mourir, le gouvernement livrera le titre de propriété définitive aux héritiers, sur leur demande, pourvu qu'ils aient exploité régulièrement le lot de terres réclamé.
Bien plus :si la colonie prend un essor tel qu'il exige des appareils industriels plus compliqués — fours, alambics, usines, machines, etc. — PEtat les leur accorde aux conditions les plus raisonnables.
Cette tentative est excellente, et pour qu’elle fût parfaite, il suffirait d'y remplacer le mot « Cearense » par le mot « Brésilien », en étentandant ces faveurs aux enfants de tous les autres Etats de l'Union Fédérale.
Le gouvernement local, on le voit, ne néglige rien pour encourager l'agriculture sédentaire. Si l’on peut lui adresser un reproche, ce n'est | certes pas d’avoir méconnu l'importance de l’agriculture dans un pays comme celui-là; ce serait plutôt de n'avoir pas pris des mesures plus | radicales encore pour enrayer le mal. Ce qui est difficile en semblable matière, ce n'est pas de voter des fonds, mais d’en régler l'emploi
dans les conditions les plus profitables.
Run.