Châtaignier du Brésil (Amazone
allure, qui a de 17 m. 6o à 22 m. de hauteur; son tronc mesure de 1 M. 10 à 1 m. 54 de circonférence. De 1876-77 à 1882-83, son exportation s’est élevée à 146,874 kilos, représentant une exportation annuelle et moyenne de 24,479 kilos. Elle a diminué depuis lors.
En 1894-95, l'exportation a été de 9,488 kilos seulement, valant
11 contos; en 1895-06, elle a été de 14,906 kilos, dont 2,902 kilos de Parintins et d'Itácoatiára, valant 30 contos.
Mais le produit forestier dont "exportation est la plus considérable après le caoutchouc, bien entendu, c’est la noix du Brésil. Le chàtaignier du Brésil, Myrtacée du genre Bertholletia Excelsa, se fait véritablement tout à tous. C’est un arbre superbe, de plus de 22 m. de haut, et dont le tronc a un diamètre de 2 à 2 m. 50, poussant sur la terre ferme, dans les terrains riches et bas. Les noix, au nombre de 16 ou 18 ensemble, sont enfermées dans une enveloppe ronde, noire et dure, semblable à la noix de coco, mais plus rugueuse. Quand les châtaignes sont múres, ces grosses enveloppes tombent d’elles-mêmes, et la récolte se fait en janvier et février. Le bois du châtaignier, dur et grisâtre, est excellent pour la bâtisse commune aussi bien que pour la construction navale; l'écorce rugueuse de l'arbre produit de l’étoupe; les noix, outre qu’elles sont comestibles, donnent une huile douce et agréable au goût. Le rendement de ces noix ou toucas est de 67 0/0. — En 1894-05, l'exportation en a été de 55,712 kilogr., d'une valeur de 887 contos; en 1895-96, elle a monté à 84,198 kilos valant 1.414 contos.
Quoique l'exportation des bois si variés de cette vallée soit fort peu considérable, nous devons citer celle du Cèdre, qui s’est élevée à 18,464 kilos en 1894-95, et à 19,872 kilos en 1895-06.
Tous ces produits forestiers constituent une industrie naturelle, qui ne demande presque aucune préparation, et qui, cependant, donne d’assez séduisants résultats, comme on a pu le voir. Que serait-ce donc si l'Etat était, nous ne disons pas tout entier, mais seulement dans la plus petite de ses parties, soumis à une culture rationnelle? Quels prodiges cette terre bénie, que Dieu semble avoir façonnée et ensemencée, ne ferait-elle pas éclore! Il faudrait pour cela vaincre à la fois le préjugé européen, qui fait de cette région une sorte de sauvagerie impénétrable, et l’aberration indigène, qui concentre toutes
les forces vives des habitants sur un seul produit, le caoutchouc.
De. ré. taie
Le k = Y sda : ; E: ade ' LE PAYS DES AMAZONES 199 E 3 O Es pe Que ceux qui craignent les ardeurs d'un climat tropical méditent * pré:
ces paroles de M. Wallace (1), qui fut le compagnon du regretté Henry Bates et qui, ensuite, explora tout seul le rio Negro et le rio |. Uaupés:
« C’est une erreur vulgaire, dit le naturaliste anglais, de croire que, dans les pays tropicaux, la végétation luxuriante anéantit les efforts de l’homme. C'est le contraire qui est la vérité. La nature et
le climat ne sont nulle part aussi favorables au laboureur. »
Et il ajoute avec sa grande autorité:
« J'affirme, sans crainte d'être démenti, qu'ici la forêt vierge peut être convertie en riches pâturages et en prairies, en champs bien cultivés, en Jardins, en vergers, contenant toutes les variétés de produits, et cela avec moins de travail, et, ce qui est encore plus important, en moitié moins de temps qu'il ne faudrait chez nous, où, cependant,
“Ja terre est défrichée depuis longtemps. Tous les arbres qu'on y planterait atteindraient de grandes dimensions en cinq ou six ans, et
- beaucoup d’entre eux porteraient des fruits au bout de deux ou trois années. Le café et le cacao y donnent des récoltes abondantes avec
| le moindre soin; les orangers et les autres arbres n’ont même pas
besoin de ces soins. On y plante des ananas, des melons d’eau, et
| aussitôt que le fruit est mûr, on le cueille, sans autre procédé intermédiaire. On peuttraiter le blé de Turquie et le riz à peu près de la même manière. Des oignons, des fèves et beaucoup d’autres légumes - y poussent d'une façon surprenante. On n’y a jamais besoin ni de … labourer la terre ni de l’enrichir par des engrais, mais, si on le faisait, “il est probable que les résultats seraient encore plus grands. Vaffirme sans hésitation que deux ou trois familles, composées d’une demi- douzaine d'hommes et d'enfants travailleurs, qui apporteraient en
- marchandises un capital de 5o livres sterling (1,250 francs), seraient
- en possession de tous ces avantages au bout de trois ans. En supposant qu'ils s’habituent à la farine de manioc ou de maïs, ils n'au- E
(1) A. R. Wallace: Travels on the Amazon and Rio Negro (1848-49), London, 1853. -