‹ Le pays des AmazonesChapitre 67 sur 149 · Baraquement d'un propriétaire de Seringal · texte numérisé non relu

Baraquement d'un propriétaire de Seringal

Ce chapitre n’a donc pour but que de compléter le tableau du pays

que nous nous sommes proposé de dépeindre.

La matière malléable connue dans le commerce international sous le nom de caoutchouc est extraite de plusieurs familles de végétaux, dont le nombre grandit à mesure que s'étend l’emploi de ce suc +

laiteux. À Les Morées de l’Inde fournissent le Ficus elastica; celles de Java =

comptent d’autres variétés de Ficus: Ficus radula, F. elliptica, etc.,

Li: ii er mis

outre l’Lrostigma elasticum de l'Assam, le F. Vogeli, de Konakry, etle F. Rubiginosa d'Australie ; les Morées de l’Amérique du Sud ontle Ficus primoides. L'Amérique Centrale etcertaines régions de l'Amérique Méridionale produisent une sorte de caoutchouc, tiré du Castilloa elastica ou Ulé, du C. Markhamiana, de l’Artocarpus integrifolia et du Cecropia peltata, de la famille des Artocarpées. La famille des Asclépiades donne le Periploca greca, de la Réunion. Au Pérou,on exploite, entre autres, le Syphocampylus, qui se retrouve également dans le haut Amazone, mais qu'on ya presque entièrement négligé jusqu'ici. La famille des Apocynées est l’une des plus riches en arbres à caoutchouc; c'est à elle qu'appartiennent le Vahea gummifera, le V. Madagascariensis, de Madagascar, de Diégo-Suarez et de la Réunion; le Landolphia Kirkii, le L. owariensis et le L. Klainei, du Gabon, de Zanzibar,de la Casamance et de Fernan-Vaz ; PUrceola elastica et le Willughbeia edulis, des Indes Orientales; le Collophora utilis (Sorva des Brésiliens), "Hancornia speciosa (mangabeira) et le Cameraria latifolia, de l'Amérique dn Sud. On connait aussi le caoutchouc de Fort-Dauphin, Euphorbia sp.; celui de Fafetone, Calotropis Procera; celui de Lagos, Kickxia africana, et celui de Tolima, Sapium Biglandulosum. Dans quelques régions du Brésil, dans l’Etat de Cearà principalement, on exploite en ce moment avec succès une Euphorbiacée, la Manicoba ou eManihot glaziovii, manioc en arbre à racine féculente et renflée, que les Français appellent Ceara, du nom de PEtat qui le produit en quantité plus grande. Cependant on peutaffirmer que ce sont surtout les Hévés qui ont le privilège de fournir présentement les plus belles qualités et les plus grandes quantités de gomme élastique mise en circulation dans les deux mondes. Au nombre de ces Hévés on signale plus spécialement les suivants : /levea apiculata, H. benthamiana, H. brasiliensis, H. discolor, H. guianensis, H. lutea, H. membranacea, H. pauciflora, H. rigidiflora, H. spruceana, etc.

Le caoutchouc ou gomme élastique a été appelé au Bresil seringa

ou borracha. Le Père Manoel da Esperança, qui, bien avant de La Condamine, l’avait trouvé en usage chez les Indiens Cambebas, le baptisa, dit-on, du nom singulier de seringa. Ayant remarqué que ces intelligents sauvages s'en servaient pour en confectionner des

bouteilles et des boules en forme de seringue, le bon Père fit appel à

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