Ouvrier seringueiro en costume de travail
traits du crayon et nettoyer le papier. Ce n’est que progressivement que l’on a eu l’idée d'utiliser ses deux grandes qualités: Pélasticité et l’imperméabilité, sans parler de sa qualité négative de mauvais conducteur.
Dès 1785, Charles, le physicien français qui, le premier, appliqua l'hydrogène aux aérostats, enduisit son aérostat d’une couche de caout-
chouc dissous dans l’essence de térébenthine. Dès 1790,0n commença à l’étendre sur des tissus et à en fabriquer des ressorts. En 1820, Nadler mêla des filaments minces de caoutchouc dans la trame même des tissus. Ensuite, Mackintosh fabriqua les fameux manteaux qui portent son nom, en collant ensemble deux pièces de mérinos par l'intermédiaire d'une couche de gomme élastique.
Le champ était ouvert. Depuis lors, l'emploi de cette matière s’est considérablement étendu et vulgarisé. Aujourd’hui, on fabrique avec le suc amazonien des tubes à gaz pour les laboratoires, des tuyaux d'arrosage, des cordes, des fils, des plaques, des sondes employées en chirurgie, des ballons pour enfants, des vernis pour estampes et cartes de géographie, des éponges, des tissus élastiques — bretelles, jarretières, ceintures abdominales, bas à varices, etc., — des tissus imperméables, des appareils de sauvetage et quantité d’autres objets.
Le caoutchouc fournit également quelques huiles. Les peintures sur toile sont rendues inaltérables et nacrées par un mélange de cette substance qui donne, en outre, une colle adhésive, connue sous le nom de glu marine ou colle navale.
L'un des plus grands progrès qui ait été réalisé dans cette branche de l’industrie date de 1842. Deux Anglais, Broding et Hancock, découvrirent alors que le caoutchouc, combiné avec une petite quantité de soufre, acquiert la propriété de conserver son élasticité d’une manière égale et proportionnelle aux diverses températures atmosphériques. Cette préparation a été appelée volcanisation ou vulcanisation.
Grâce à des perfectionnuments ultérieurs, introduits par Ludersdoff, par Gérard, Parkes et bien d’autres, on obtient de nos jours des vases imperméables à l’eau, à l’étuve, etc., des rouleaux d'imprimerie, des tubes et des tuyaux de conduite, des tampons de chemins de fer, des bandes de billards, des porte-cigares, des brosses à dents, des jouets d’enfants, des blagues à tabac, des chaussures, des coussins,
des dentiers, des courroies, des genouillères, des rondelles de sou-
pape, du cuir factice et des meubles divers, sans parler des tapis faits de caoutchouc vulcanisé, de bourre de coton et de liège, ainsi que de la parchemine. L'usage des roues de voitures caoutchoutées et la vulgarisation de la byciclette dans tous les pays ont développé la consommation du caoutchouc d’une manière extraordinaire pendant ces dernières années.
En 1807, le Royaume-Uni seul importa de toutes les provenances — Amérique, Afrique, Asie et Polynésie — 15,000 tonnes de caoutchouc, d’une valeur de 5,000,000 de livres sterling ou 125,000,000 de francs, Manchester étant le principal centre consommateur. Pendant la même année, les industries allemandes absorbèrent 9.000 tonnes de caoutchouc. Ces deux chiffres donnent une idée du développement de la consommation, qui est de 50,000 tonnes environ par an.
Poursuivons notre historique de l’utilisation de ce suc laiteux.
En 1848, un Américain du Nord, Charles Goodyear, reconnut que, si l’on force la proportion de soufre, on enlève au caoutchouc son élasticité : le caoutchouc durci était inventé, sous le nom de vulcanite ou d'ébonite. Le caoutchouc réduit en pâte, à une température de 150 degrés, et mélangé avec un cinquième de son poids de soufre, acquiert, en effet, la dureté de l’ébène et le poli de l’écaille. Sous cette forme, on l’emploie pour les meubles, les moulures, les boutons de porte, les crosses de fusil et de revolver, pour les manches de couteaux, les cadres, etc.
En mélangeant à cette pâte des couleurs minérales en poudre, non susceptibles de se sulfurer au contact du soufre, on arrive à produire des imitations on ne peut plus variées de marbres, d'agates et de pierres précieuses.
Telle est la marche industrielle suivie par cette matière, qui verse des millions, non seulementdans toutela vallée de l'Amazone, mais encore dans les coffres-forts des fabricants étrangers, en Angleterre,aux Etats- Unis de l'Amérique du Nord, en France, en Allemagne, en Belgique et et ailleurs,car elle est exportée du Brésil à l’état brut : c'estune matière
ds Dar o
LE PAYS DES AMAZONES 215 première que l’étranger transforme et qu'il nous vend après Pavoir manufacturée.
De 1825 à 1840, le caoutchouc de l’Amazone était préparé pour
l'exportation sous forme de souliers ‘grossiers. Les acheteurs étran-