Ouvrier seringueiro marchant à travers le seringal
gers s’en plaignirent, et cette forme bizarre finit par disparaître vers 1855. Aujourd’hui, le caoutchouc est expédié soit en feuilles, soit en grosses boules plutôt ovoïdes, et il est classé, dans les pays de production, en quatre catégories principales : le fin (fina), le moyen fin (entre-fina), le sernamby et le caucho.
Ces quatre sortes atteignent des prix divers, qui ont augmenté,
depuis moins de trois quarts de siècle, depuis 1825, dans la proportion de 300 à 3,100, les prix du caoutchouc amazonien obtenant toujours une cote beaucoup plus élevée que celle du caoutchouc des autres provenances. Cette supériorité du caoutchouc de l’Amazonie sur celui des autres pays de l'Amérique, de même que sur ceux des Indes, de l’Afrique et de l'Océanie est due aux causes que nous avons exposées plus haut.
Sur le marché de Manäos, comme les droits de sortie doivent être perçus ad valorem, selon la valeur três variable du produit, une commission est chargée d'établir la cote chaque semaine, et pour le faire elle se guide d’après des renseignements puisés auprès des grandes maisons d'exportation, c’est-à-dire d’après les informations des intéressés. Cette cote hebdomadaire établit le prix de chacune des 4 sortes, les différences entre chacune de ces 4 qualités variant énormément. En juin 1805, par exemple, entre le caoutchouc fin ou de ire qualité et le sernamby ou caoutchouc de 3° qualité, la différence était de 28 à 29 0/0, et la différence entre le fin et le caucho ou caoutchouc de la dernière qualité allait jusqu’à 41 ou 42 o/o. En mars 1896, la différence entre les prix de la 1'° qualité et ceux de la 3º et 4º sortes était respectivement de 32 1/4 o/o et de plus de 52 1/2 o/o. Au contraire, l’écart entre le prix du caoutchouc fin et le moyen fin (entrefina) est toujours petit, et oscille entre 5 et 8 o/o. ;
Les prix du caoutchouc fin ont été à Manãos : en mars 1896, de 6,200 réis par kilo; en mars 1897, de 7,000 réis; en mars 1898, de 9,350 réis; eten janvier 1899, de 10,000 réis. Voici, d'ailleurs, la cote à Manäos le 11 janvier 1899, par kilo :
Fin. se SERA SDS é 10.000 réis MOYEN AN os tati ata vio cs 9.000 — SJ TIE Po gone rosas DO capo 7.700 — Gaúcho. e srs a ee 6.500 —
Sur les marchés anglais, la première qualité, dénommée fine Para Rubber, était cotée, au commencement de l'année 1898, 3s 7d par
livre. Les prix montèrent graduellement, de sorte qu’en juillet ils étaient de 4s 5 d par livre. A la fin de l’année, ils n'étaient plus que de 4s 1d. Mais, du 1” au ro février 1899, la cote était la suivante sur
les marchés anglais, par livre :
Bar tinen ee berne 4s 2dà4s2d 1/2 Negrohead (sernamby)...... 3s 7dàa3s8d 1/2 Colombian..... SO SG ETE OU 3s qda3sgd Bicuador A eira o seis ali = 3s oda3ssd Central American........... rsioda3sgd
Sur la place de Pará voici les cotes moyennes et les cotes extrêmes
pendant les cinq dernières années :
COTES MOYENNES pu CAOUTCHOUC sur La PLACE pe PARA
De 1893 à 1898, en reis papier.
ANNÉES CAOUTCHOUC FIN Sernamby ou Negrohead LSQIEOA a onto creo to é De 4.951 à 5.142 réis... De 2.911 à 3.254 réis MAO DD een ee O sys [ENIO Rebe Mo En » 3.271 » 3.649 » 1895-06. -:2. > » 50595. 642800) 2. » 3.062 » 3.372 » 1896-07 ....... En RA O a 070 LE » 3.811 » 4.331 » ESO= 08 nes ae DO AONDRTO 1220 » 5.502 » 6.030 »
COTES EXTRÈMES ou CAOUTCHOUC sur La PLACE pe PARA De 1893 à 1898, en reis papier.
ANNÉES CAOUTCHOUC FIN SERNAMBY OU NEGROHEAD
1803-04, Plus haut 5.755 réis Plus bas 4.125 réis Plus hat 3.069 réis Plus bas 1.976 réis
En Europe, les trois principaux marchés du caoutchouc sont présentement Londres, Anvers et Hambourg. Gênes deviendra sans doute un entrepôt destiné à desservir l'Italie, l'Autriche et la Suisse, si la « Ligure Brasiliana » trouve auprès des gouvernements de Pará-
et de l’Amazone l'appui dont elle est digne. Le commerce français se
préoccupe également à juste titre d'avoir un marché national au Havre, bien qu'il le veuille alimenté principalement par les caoutchoucs de provenance française. Dans ce but le gouvernement francais songe à frapper d'un droit différentiel les caoutchoucs dirigés sur les marchés étrangers, à la sortie de chaque colonie.
En même temps, les diverses métropoles européennes font des efforts pour acclimater dans leurs colonies chaudes diverses espèces de caoutchouc brésilien. Le Journal Officiel de l'Afrique Occidentale du 16 février 1809 donne les nouvelles suivantes sur les essais tentés dans le cercle de Dakar-Thiès avec le Ceara ou Manihot Glaziovii: « Le ceara se multiplie par semis et boutures. Dans le jardin de la Mission se trouvent plusieurs plants vigoureux venus de boutures: Dans celui de la Résidence il y a 260 jeunes cearas provenant de semis faits en juillet et en août derniers. A Toul, il en existe une trentaine de toute beauté. Une vingtaine d’autres sont à l’essai près de l’école. » M. Eugène Poisson, chargé de mission du gou- | vernement, a annoncé (1) qu'il avait expédié en France 150.000 graines d'Hevea de l’Amazone, pour être retournées à l’état de
jeunes plants aux colonies.
L'exploitation du caoutchouc n'est pas faite de la même manière dans toute la vallée de l’Amazone; les usages varient un peu d’une rivière à une autre. Dans le Purüs, par exemple, qui compte parmi les rivières qui produisent le plus de caoutchouc, le propriétaire des terres les fait démarquer et délimiter à ses frais, installe les baraquements et maisons d'habitation, transporte les ouvriers à ses frais jusqu'au Seringal, et ceux-ci exploitent les arbres et recueillent la sève en gardant 50 o/o du produit du caoutchouc recueilli. Il est vrai que
le propriétaire se rattrappe en fournissant à ses ouvriers tout ce dont
ils ont besoin: vêtements, chaussures, aliments, boissons, etc. Seul
il leur vend ces marchandises sur place; il attend, pour en être payé,
(1) La Nature, nº du 25 février et du 4 mars, Paris, 1899.
le produit de la récolte de caoutchouc, en les débitant sur ses livres. Sur ces marchandises, il touche de 10 à 15 o/o; quelques-uns touchent davantage, de sorte que, sur la récolte totale, le propriétaire, ayant
fait toutes ces avances, n'arrive à toucher net que 60 à 75 o/o.