Ouvriers seringueiros livrant le caoutchouc au patron
s’aplatissent quand on les presse, et qui, dès qu'elles ne sont plus gênées, reprennent leur première figure. Les portugais du Para ont appris (2) des Omaguas à faire avec la même matière des pompes ou seringues qui n'ont pas besoin de piston : elles ont la forme de poires creuses, percées d'un petit trou à-leur extrémité, où ils adaptent une canule. On les remplit d’eau, et, en les pressant lorsqu'elles sont pleines, elles font l’effet d’une seringue ordinaire. Ce meuble est fort
en usage chez les Omaguas. Quand ils s’assemblent entr'eux pour
(1) De là évidemment le nom portugais-brésilien de seringa donné au caoutchouc,
quelque fête, le maître de la maison ne manque pas d'en présenter une par politesse à chacun des conviés, et son usage précède toujours parmi eux le repas de cérémonie. »
La bizarre description du savant français nous aide à mieux comprendre le chemin qu'ont fait depuis un siècle et demi les boules creuses dont il parle. Elles ont largement contribué à assurer à l'État de l'Amazone l’une des premières places parmi les autres États de l'Union brésilienne, et lui ont fait encaisser pendant l'exercice 1897-98 une somme supérieure (3) à la recette des 37 années pendant lesquelles, sous "Empire, il vécut attendant humblement les faveurs du pouvoir central. En effet, selon le Rapport présenté par le vice-gouverneur en exercice, le colonel José Ramalho, au Congrès des Représentants, le 10 juillet 1898, cette recette a été de 21.426 millions ou contos de réis, alors que la recette encaissée de 1852 — date de la création de la province — à 1880, date de la proclamation de la République Fédérative, n’a été que de 21.325 contos.
(3) Mensagem, Imprensa official, Manãos, 1898, pag. 20.
se É; )
E io apr