‹ Le pays des AmazonesChapitre 81 sur 149 · PS OT · texte numérisé non relu

PS OT

Lis a:

L'État de l'Amazone, nous l’avons déjà dit, est resté isolé du reste du Brésil pendant de longues années, même après la proclamation de l'indépendance de ce pays, qui eut lieu, comme l’on sait, en 1822. Jusqu'en 1853, alors que l’Europe était déjà en relations régulières avec Rio-de-Janeiro et les principaux ports du littoral brésilien, l’État de l'Amazone n'avait pas encore ressenti les heureux effets de la navigation à vapeur. Les communications, peu nombreuses, s'effectuaient à grand'peine au moyen de bateaux à voile (batelões), qui remontaient de Belem, capitale de Pará, jusqu’à Barra-do-rio-Negro, appelée depuis Manáos, et qui alors se trouvait sous la dépendancede la province voisine, dont elle n’était qu'une circonscription administrative, sous le nom de comarque.

En 1851, lorsque cette comarque forma un territoire indépendant de Para, sous la désignation de province de l'Amazone, les choses étaient dans le même état. En vain quelques hommes entreprenants” avaient-ils eu l’idée de remonter le fleuve en bateau à vapeur : des préjugés surannés, des lois sans fondement s'opposaient à tout esprit d'initiative et se dressaient à l'embouchure de l’Amazone comme les dragons de la Fable, pour défendre l'entrée de ce nouveau jardin des Hespérides.

En 1826, un bâtiment à vapeur des États-Unis de l'Amérique du Nord avait essayé de porter un chargement de marchandises au Pérou par la grande voie fluviale de [Amazone. Il n'avait pas réussi. Cette même année-là, puis en 1837, 1838, 1839, 1840 et 1848, d'autres tentatives avaient été réitérées par des nationaux, sans plus de succès.

Tous ces efforts, cependant, ne demeurèrent point stériles. [ls décidèrent le gouvernement central à céder de sa rigueur, et, en 1853; M. Irineu Evangelista de Souza, plus connu sousson titrede vicomte de Mauá, obtenait le monopole de la navigation à vapeur du premier fleuve du monde: Cet heureux privilégié, dont l’iniative mérite encore

aujourd’hui la reconnaissance des enfants de l'Amazonie, bénéficiait

en outre de subventions élevées et de faveurs exceptionnelles, qui

avaient leur justification à cette époque, mais qui, présentement, au.

bout de presque un demi siècle d'exploitation, ne semblent plus avoir de raison d’être. Dès 1865, Agassiz était d'avis que l’on mit un terme à ces faveurs.

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