‹ Le pays des AmazonesChapitre 82 sur 149 · Embarcation de regatão (colporteur · texte numérisé non relu

Embarcation de regatão (colporteur

N'importe, l'obstacle était renversé, le premier pas était fait.

C’est à partir de cette année 1853 que les échanges avec Pará com-

mencèrent réellement à prendre une certaine importance, bien que le début en fût des plus modestes.

La « Companhia de Navegação e Commercio do Amazonas» s'établit à Rio, au capital de 4.000 contos ou millions de réis, et le décret n° 1.055 du 20 octobre 1852 en approuva les statuts. Au bout d'une vingtaine d’années, elle opéra une amalgation avec « The Amazon

“Steam Navigation Company, Limited, » fondée à Londres et dont “les statuts furent approuvés par le gouvernement brésilien en 1874. Son capital nominal était de 625.000 livres sterling (15.625.000 fr.), divisé en 50.000 shares ou actions de 12 livres et ro schillings (312 fr. 50) chacune; mais on n'en émit que 40.419. pour une valeur de 505.237 liv. st. ou 12.930.925 fr. Dès la première année, cette

compagnie incorpora à sa puissante organisation deux autres com-

pagnies, également subventionnées par le gouvernement: la « Com- …. panhia fluvial Paraense » et la « Companhia fluvial do Alto Ama- > zonas ».

Pendant la première période de 5 ans, de 1853 à 1857, la Compagnie de l’Amazone réalisa une recette de plus de 449 contos, tant pour le fret des marchandises que pour le transport des passagers.

La progression ne s'arrêta plus.

La deuxième période quinquennale, de 1858 à 1862, accusait

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un chiffre de recettes montant à plus de 800 contos.

La troisième période, de 1863 à 1867, donna plus de 2.000 contos.

De 1887 à 1891, en cinq ans, elle encaissa plus de 15.417 contos de réis.

Aujourd’hui elle est admirablement outillée. Elle possède 34 bateaux à vapeur ayant à leur bord un personnel de 1.126 employés, et dessert 8 lignes de navigation régulière dans l'Etat de l’Amazone.

Par ce mouvement fluvial d’une seule Compagnie il est aisé de juger

de la quantité et de la valeur des marchandises et des produits mis

Mr

“en circulation.

Grâce à la navigation à vapeur, le commerce de l’Amazone ne tarda pas à prendre un développement important. En effet, l’Amazone exporta pour le port de Parä:

En 1879-80 des produits pour une valeur officielle de 6.440 contos — 1882-83 » » » » 10.773 — — 1885-86 » » » » 13.500 —

La prospérité croissante du port de Manáos le mit bientôt en con-

currence avec le port de Para. Pour se rendre compte de cet antagonisme, qui devait fatalement éclater tôt ou tard entre ces deux centres commerciaux, il suffit d'ouvrir une carte et de considérer la position géographique de chacun d’eux.

Pará ou Belem se trouve favorisé de la nature. Il est à l’embouchure de l’Amazone, comme Saint-Nazaire est à l'embouchure de la Loire, et le Havre à l'embouchure de la Seine. De même que Nantes et Rouen voient leur commerce dépérir tandis que celui de Saint-Nazaire et du Havre augmente, Manãos aurait inévitablement subi le même sort, si le fleuve de l’Amazone avait une barre, si les marées ne se faisaient pas sentir jusqu’à 600 milles de Belem, si enfin l'embouchure immense du fleuve ne constituait pas comme un prolongement de l'Océan et ne formait pas un véritable bras de mer.

Pendant de longues années, Manäos avait réalisé toutes ses transactions par l’entrepôt de Pará. C'est là qu'il envoyait tous ses produits forestiers; c'est là qu'il achetait tous ses objets de consommation. Peu à peu une louable ambition lui :vint. Il voulut s'affranchir d’un intermédiaire qui avait été utile et qui devenait onéreux. Depuis longtemps déjà tous les efforts des négociants de Manáos tendaient vers ce but, lorsque la loi n° 385 du 14 octobre 1878 vint leur donner un commencement de satisfaction, en établissant une différence de 3 o/o entre les droits perçus sur le caoutchouc amazonien exporté par l'intermédiaire de Pará et celui envoyé directement des ports de l’Amazone à destination de l'étranger.

Pour préparer cet affranchissement de la tutelle de PEtat voisin, PAmazone avait déjà pris, dês 1874, un excellent moyen pratique: il a créé, à cette date, une ligne subventionnée le mettant en relations directes avec les principaux marchés européens. En 1882, il a établi une autre ligne, également subventionnée à ses debuts, le reliant directement aux Etats-Unis de l'Amérique du Nord. Puis, en 1884, il a réussi à se mettre en communication directe et immédiate avec Rio-de-Janeiro etles ports intermédiaires, en subventionnant pour

sidi bé,

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sa part la ligne nationale de bateaux à vapeur qui, auparavant, avait Belem comme point terminus. Enfin, après avoir aidé par des subventions à la création d’autres lignes de navigation pour ses divers cours d’eau, il a accordé une subvention à la ligne italienne, partant de Gênes, dont les magnifiques steamers vont à Manäos depuis 1897.

Pará, malgré les apparences contraires, n’a pas à s'inquiéter outre

mesure de ces tendances naturelles d'émancipation qui ne vont nullement à l’appauvrir, car toutes ces lignes étrangères y font escale et contribuent, par conséquent, à développer également ses transactions avec l’étranger. Pará possède, d’ailleurs, des éléments de vie et de prospérité qui rendent cette concurrence moins redoutable. Il peut se suffire amplement à lui-même et se passer, sans des pertes sensibles, de l’appoint commercial de Manäos. . Le réseau de transports maritimes et fluviaux se trouvait ainsi au grand complet. Manáos pouvait sans entraves négocier de ses modestes docks avec l’Europe, avec l'Amérique du Nord, avec une partie de l’Afrique, avec les Républiques limitrophes et avec le Brésil entier, d'autant mieux que, depuis 1896, un câble sous-fluvial le relie à Belem et de là au reste du monde.

Il restait à attirer le commerce direct des ports de l'Etat vers les marchés étrangers, sans que les produits exportés eussent à passer par l’entrepôt de Pará. On y réussit par une série de mesures économiques qui produisirent les meilleurs résultats et dont nous venons de signaler quelques-unes.

Le gouvernement local décréta: que les produits exportés directement pour les marchés étrangers paieraient des droits inférieurs de 3 o/o à ceux que paient ces mêmes produits lorsqu'ils sont exportés par l’entrepôt de Pará; que la maison Brocklehurst, de Liverpool, qui a entrepris la navigation directe de Liverpool à Manáos, et qui possêde une maison de commerce en gros dans cette derniêre ville, jouirait d'avantages spéciaux lui permettant de lutter contre toute concurrence.

Pará lui-même facilita par son attitude la réalisation des plans de son rival. Il ne sut pas prendre à temps des dispositions libérales pour conserver le monopole du commerce amazonien. Les produits exportés de l’Amazone étaient assujettis à Pará: à 1/2 o/o de taxe sur leur valeur officielle ; à 5 o/o et à 8 réis par kilogr. pour vérification du poids.Or,ces produits sortaient du marché producteur surchargés déiã de taxes assez lourdes. Le caoutchouc, par exemple, payait à l’'Amazone go/o de droits; le guarana et le cacao étaient taxés à 5 0/0; le poisson sec et salé, à 3 o/o. Tous les autres produits étaient plus lourdement atteints encore. Ils payaient jusqu’à 8 o/o de leur valeur, sans compter les 3 o/o de droits additionnels perçus en faveur de la Compagnie anglaise de navigation de l’Amazone.

Aujourd’hui, de par la loi n° 122 du ro avril 1898, les droits d'exportation établis par l'Etat se répartissent ainsi: o

Caoutchouc exporté à destination des autres Etats de l’Union brésilienne, 21 o/0; caoutchouc exporté directement à destination de l'étranger, 18,5 0/0 ; caoutchouc provenant du rio Abuná et de ses affluents directement pour l'étranger, 10 o/o de moins que la taxe payée par le caoutchouc d’autres provenances;

Châtaigne du Brésil (toucas) exportée directement pour l'étranger 10 0/0; le même article exporté à destination des autres Etats du Brésil, 12 o/o;

Cacao et guarana exportés directement pour l'étranger, 8 o/o; les mêmes articles exportés à destination des autres Etats du Brésil, 12 0/0;

Pirarucü et autres poissons, secs ou salés, pour toute destination, 10 0/0;

Autres produits quelconques, pour toute destination, 10 o/o.

Les taxes de sortie ont donc été augmentées considérablement, l'augmentation de celle de caoutchouc étant de plus de cent pour cent. Le régime financier de l'Etat de l’Amazone n'aura qu’à gagner au dégrèvement successif et rationnel de la plupart des produits que

nous venons d'énumérer, principalement de ceux qui sont fournis par la culture sédentaire, comme le cacao.

Malgré toutes ces charges, les importations et les exportations de l'Etat n’ont pas cessé de s'accroitre dans des proportions remarquables. Il est à croire que pour certains produits les résultats seraient bien supérieurs encore, si les transactions n'étaient pas entravées par les exigences du fisc,

Le tableau suivant donnera une idée exacte du mouvement commercial de l'Etat de l’Amazone :

Importation de la province de l’ Amazone

par cabotage et long-cours

Années fiscales Grand cabotage Long-cours Total (en contos) (encontos) (en contos)

Ir État accent 1.641 190 1.831 RARES OEM PE e EE 1.009 673 2.582 DER OR REPARER Se 2139 746 3.879 TERRE ESS EEE 5.220 1.099 6.319 IST UE SERRE TES ee 4.595 1.405 6.090 nb OS AR RES ERREE o 3.780 1.061 4.841 1885-86..... Soc cpscoborissEne 5.230 1.040 6.276 1886-87..... a SR o de : 5.095 1.27 6.369

Depuis que le nouveau régime républicain a assuré aux Etats leur autonomie, il devient très difficile d’avoir des données récentes sur les — importations, dont les droits sont imposés par l'Union fédérale et touchés par ses douanes à son profit, les droits d'exportation étant seuls du ressort de chaque Etat.

Cependant nous avons un indice certain du progrès des importations de l’Etat de l’Amazone : c'est l’accroissement constant de la recette de ses douanes, recettes qui, comme nous venons de le dire, vont, toutes, au Trésor de l'Union Fédérale.

Pendant les 4 années du gouvernement de M. Prudente de Moraes

(1894-08), les douanes brésiliennes ont vu leurs recettes décroitre

d'une manière alarmante. D'après un document officiel, les recettes du premier trimestre de l’année 1897 ont été inférieures de plus de 19,559 contos aux recettes de la période correspondante de 1896, et de près de 17,000 contos à celles de la période analogue de 1895. La diminution a presque atteint 100 o/o pour certaines douanes, comme celles de Parnahyba et de Victoria. Celle de Rio-de-Janeiro a subi une décroissance de près de 32 o/o sur la période correspondante de 1896. Huit douanes à peine ont eu une augmentation de recettes, et, parmi ces 8 privilégiées, la douane de Manáos figure avec une augmentation de près de 3 o/o (exactement 2,76 o/o).

Voici, d’ailleurs, les recettes des douanes brésiliennes en 1898, et l’on verra quelle place y occupent celles de la douane de Mandos :

+. District Fédéral (Rio-de-Janeiro)............. ora 86.774 contos 2 NO ARTOS Saco jets e Se o e Sa Ria a o addtdassoutonc 30.866 » EIS EV TE cree Lee et rene e cesse 23.006 »

A RECITC restes SA DOGS UG ASS ODE TSE SDe 22.916 » 5 »Belemi(Paré) efeito cr ect tone pao aja [0a te aa 22 2.0 100 ER 6: RiojGrandeçgdo SuN EEE ao apo fo e reta fofo nato 15/5970 7. Manãos..... ae conti Soa ane Ee ES 6.698 » S-HFortalezal|Geara).e---<c------e-----re--e-e-c 5 775 8s DAMarAnAhO dp das aso somas aaa sondas acu one poDs 4.861 » Oo io NES so dn op D Saab as aBiadocao car Sar soE 3.492 » LIA MACIOS nen ses Le ee ES Soc Bane 2.693 »

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