TV PRÉFACE DE LA PRÉSENTE ÉDITION
de l’une et de l'autre. C'est pourquoi je me félicite que vous ayez écrit votre bel ouvrage en français, et j'ai éprouvé un plaisir d'autant plus grand à le lire que, dans les conseils que vous donnez, au nom de votre expérience, à vos concitoyens de l’ Amazone, sur le peuplement de la province et sur l'exploitation de ses voies navigables, j'ai trouvé la confirmation des idées que j'avais conçues sur les
moyens de développer la richesse du Brésil. »
A la même époque, des critiques éminents, — MM. Auguste Vacquerie, Jules Claretie, Emile Bergerat, — des savants, tels que les docteurs François Franck et Richet, ont bien voulu renchérir sur ces éloges immérités, et nous ont imposé, par là même, le devoir de persévérer dans notre propagande en faveur de ce coin de terre brésilienne.
Plus de quatorze ans se sont écoulés depuis lors.
La première édition de ce livre, promptement épuisée, demandait à être refaile presque entièrement, de nombreux événements ayant modifié de fond en comble la situation du pays que nous nous sommes proposé d'étudier.
Tout d'abord, depuis le 15 novembre 1889, la République a remplacé au Brésil l'empire qui y existait depuis soixante-sept ans sans réussir à prendre racine définitivement dans ce coin de l’Amérique. La nouvelle forme de gouvernement, en transformant les anciennes provinces de l'empire en États autonomes, leur a donné du même coup les moyens de s'administrer à leur gré, et, surtout, de disposer eux-mêmes de leurs revenus, au lieu de consumer le meilleur de leurs ressources à alimenter le pouvoir central siègeant à Rio-de-Janeiro.
Ensuite, grace à la fédération, l'État de l'Amazone a pu orga-
niser sa vie à sa guise, en développant ses échanges avec l'étranger