‹ Le pays des amours comedie en cinq actes melee de chantChapitre 79 sur 82 · ACTE V, SCÈNE VII · texte numérisé non relu

ACTE V, SCÈNE VII

N ATA tl E, se montrant, à Rose.

• flèstèz, Mademoiselle, ce n’est pas le môrtientde partir.

VALENT» S, allant à elle.

Natalie ! • •

RIGAN DA RD* .

Ma nièce chérie ! (a part.) Je suis un oncle perdli !

NATALIE

Oui, mon bel oncle, moi, qui me suis deitlatidé pourquoi vous m’aviez laissée ignorer votre visite à monsieur Valentin!.. A présent, je suis heureuse de lui faire la tnlentie, puisque j’ai le plaisir d’apprendre qu'on peut m’épqpser pauvre et pour moi-même..; (a Valentin). Vous, Monsieur, par honneur... (a Jonas.) Et vous, Monsieur...

J O N A S, arec feu.

Par passion I

NATALIE

Heureusement cependant que mâ dot reste la même, car mon père n’est pas du toiit ruiné... et. je me demande pourquoi mon bel oncle est venu réciter ici cette fable... intéressante... (Jonas a

passé près de Rigandard.)

RICANDARD, embarrassé **.

Eh! mon Dieu! pourquoi? c’est bien simple... c’est que... Eh! Ventre-de-lion ! (a Natalie.) Je voulais éprouver l’amour de ton futur.

THÉO, arec colère.

Eh bien! mais je vous remercie pour lui, M. Rigandard!

RICANDARD.

Pourquoi? de quoi? il n’y a pas de quoi! (Basa Jonaa.) C’est manqué ! je voulais lui faire rendre sa parole, adroitement, vivement, et t'appeler mon neveu ! c’est manqué !

JONAS, à Valentin et è Natalie.

Allons, puisque rien ne nous sépare plus, beaux fiancés, oubliez-moi!.. soyez heureux !..

NATALIE

Un instant, M. Jonas, vous pourriez vous tromper.

Qu’est-ce que cela veut dire ?

* Rig. Val. Nat. Jon. Rose, Théo.

** Rig. Jon. Val. Nat. Rose, Théo.

90 Li: PAYS DI S AMOURS.

iNAIaLIÜ, d'un (on résolu.

Cela veut dire, docteur, que mon cœur exige autant qu'il donne, et que mon affection pour Valentin n’étouffe pas encore ma fierté!

JON AS, à part.

Grand saint Jonas! que dit-elle làl

VALENTIN

Expliquez-vous, Natalie.

RICANDARD, à part.

Quelle lueur !

NATALIE

Un soir, Monsieur, je me rendis chez le docteur, pour vous voir et vous ofîrir mes soins, moi aussi. Le docteur était absent. En entrant sans bruit je m’arrêtai sur le seuil... c’est que je venais de voir... (Regardant Rose.) cette jolie garde-malade à genoux et tenant dans sa main la main du blessé...

VALENTIN

Vos yeux vous ont trompée, Mademoiselle, il ne s’est passé rien de pareil, je vous le jure !

ROSE, vivement, puis timidement.

Ne jurez pas, M. Valentin !.. voicï la vérité : vous dormiez, je priais... Tout à coup, dans un mouvement du sommeil, votre main tomba sur la mienne... J’eus peur de vous réveiller... et... (Baissant les yeux.) je gardai votre main, en continuant ma prière... 0 Mademoiselle, pardonnez-moi!

NATALIE

Vous n’avez pas besoin de pardon, on ne doit jamais interrompre une prière, ni troubler le sommeil des malades ! j’ai respecté le vôtre, mon cher Valentin, en me retirant doucement... Mais, comme vous pourriez retohiber dans ce sommeil-là, ce n’est pas mon père qui vous rend votre parole, c’est moi-même. (Lui tendint la main.) Voulez-vous la reprendre et que nous n’en soyons pas moins bons amis ?..

VALENTIN, en s’inclinant pour lut serrer la main.

Ah ! Natalie 1

JONAS

Mademoiselle Berthoud, la jubilation détrône la mélancolie, et l’espoir que...

NATALIE, impérieusement.

Pas un mot !

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