‹ Le pays des fourrures [microforme]Chapitre 72 sur 87 · LA MER DE DEHRING · texte numérisé non relu

LA MER DE DEHRING

Ainsi, l’ile, poussée par la banquise, avail, sous une vitesse excessive, recul’ jusque dans les eaux de la mer de Behring, après avoir passé le dé- {roit sans se fixer à ses bords ! Elle dérivait, pressée par cette irrésistible barrière qui prenait sa force dans les profondeurs du courant sous-marin, et la banquise la repoussait toujours vers ces eaux plus chaudes qui ne pouvaient tarder à se changer en abime pour elle ! Et l'embarcation, écrasée, était hors d'usage !

Lorsque Mrs. Paulina' Barnett eut entièrement repris l'usage de ses : sens, elle put en quelques mots raconter l’histoire de ces soixante-quatorze heures passées dans les profondeurs de la maison engloutie. Thomas Black, Madge, la jeune Esquimaude avaient été surpris par la brusquerie de l’avalanche. Tous s'étaient précipités à la porte, aux fenêtres. Plus d’issue, la couche de terre ou de sable, qui s'appelait un instant auparavant le cap Bathurst, recouvrait la maison entière. Presque aussitôt, les prisonniers purent entendre le choc des glaçons énormes que la banquise projetait sur la factorerie.

Un quart d'heure ne s'était pas écoulé, et déjà Mrs. Paulina Barnett, son compagnon, ses deux compagnes sentaient la maison, qui résislait à celle épouvantable pression, s'enfoncer dans le sol de l'ile. La base de glace s'effondrait. L'eau de la mer apparaissait. ed S'emparer de quelques provisions demeurées dans l'office, se réfugier él dans le grenier, ce fut l'affaire d’un instant. Cela se fit par un vague instinct ” de conservation. Et cependant, ces infortunés pouvaient-ils garder une

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