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grande quantité de ces chevilles de fer qui avaient été apportées du fort Reliance, et elles servirent à fixer fortement entre elles les diverses pièces qui formaient les bâtis du radeau.
Quant à l'emplacement sur lequel il fut construit, il importe de le signaler. Ce fut d'après l'idée du lieutenant que Mac Nap prit les mesures suivantes. Au lieu de disposer les poutres et poutrelles sur le sol, le charpentier les établit immédiatement à la surface du lagon. Les diverses pièces, taraudées et mortaisées sur la rive, étaient ensuite lancées isolément à la surface du petit lac, et là on les ajustait sans peine. Cette manière d'opérer présen- 1 tait deux avantages : 1° le charpentier pourrait juger immédiatement du * point de flottaison et du degré de stabilité qu'il convenait de donner à à l'appareil; 2° lorsque l'ile Victoria viendrait à se dissoudre, le radeau flotterait déjà et ne serait point soumis aux dénivellations, aux chocs même que le sol disloqué pouvait lui imprimer à terre. Ces deux raisons, très-sérieuses, engagèrent donc le maître charpentier à procéder comme il est dit.
Pendant ces travaux, Jasper Hobson, tantôt seul, tantôt accompagné de Mrs. Paulina Barnett, errait sur le littoral. Il obse-vait l'état de la mer et les sinuosités changeantes du rivage que le flot rongeait peu à | peu. Son regard parcourait l'horizon absolument désert. Dans le nord, ! on ne voyait plus aucune montagne de glace se profiler à l'horizon. En d vain cherchait-il, comme tous les naufragés, ce navire « qui n'apparait jamais! » La solitude de l'Océan n'était troublée que par le passage de quelques souffleurs, qui fréquentaient les eaux vertes où pullulent ces sa myriades d'animalcules microscopiques dont ils font leur unique nourri- ci ture, Puis c’étaient aussi des bois qui flottaient, des essences diverses arrachées aux puys chauds, et que les grands courants du globe entrainaient red jusque: dans ces parages. au!
Un jour, le 16 mai, Mrs. Paulina Barnett et Madge se promenaient je ensemble sur cette partie de l'ile comprise entre le cap Bathurst et l’ar- “tror cien port. I1 faisait un beau temps. La température était chaude. Dépuis 4 rital
bien des jours déjà, il n'existait plus trace de neige à la surface de!l'ile,
"Seuls, les glaçons que la banquise y avait enlassés dans sa partie seplen- fille trionale rappelaient l'aspect polaire de ces climats, Mais ces glaçons se dis- à solvaient peu à peu, et de nouvelles cascades s’improvisaient chaque jour dé to au sommet et sur les flancs des icebergs. Certainement, avant peu, le soleil | de aurait fondu ces dernières masses agglomérées par le froid. Pa
C'était un curieux aspect que celui de l’île Victoria! Des yeux moins de sa
attristés l'eussent contemplé avec intérêt. Le printemps s'y déclarait avec uns force inuccoutumée. Sur ce sol, ramené à des parallèles plus doux, la