‹ Le pays des nègresChapitre 13 sur 114 · PRISE DU CAP PAR DESSALINES · texte numérisé non relu

PRISE DU CAP PAR DESSALINES

» dre causé par cet accident, Dessalines veut forcer le » passage de la Barrière- Bouteille. Il demande Paul » Prompt. Le chef d'escadron des dragons de l'Artibonite » se présente devant le général en chef qu'il salue en » abaissant son sabre.

» — Prompt, il faut que, dans quelques minutes, il » n'y ait pas un blanc hors de Vertières ou que j'apprenne » ta mort, . . .

» Prompt, — nul ne fut jamais mieux nommé, — sans » répondre un mot, fond, à la tête de son escadron, sur » le carré que formaient les Français. Chaque compagnie » charge séparément. Les blancs restent inébranlables. » Leurs rangs s'ouvrent, par moments, pour laisser partir » la décharge des canons qu'ils renferment au milieu » d'eux. Alors Dessalines apercevant Dominique à ses » côtés :

» — Je t'ai ôté ton bataillon à cause de ta faiblesse dans » divers engagements. Voici l'occasion de regagner mon » estime et de t'illustrer. Je te rends ton bataillon.

» Dominique se précipite, pousse son cheval sur les » bajonnettes ennemies et reçoit la mort.

» Les dragons de Paul Prompt, électrisés par son » exemple, s'efforcent d'enfoncer le carré. Leurs chevaux, » en se cabrant sur les bajonnettes, y mettent enfin le dé- » sordre, et les blancs rentrent dans Vertières. Paul » Prompt, ardent à les poursuivre, pénètre dans les fossés, » où il est tué. Mitraillés par le fort, les cavaliers se re- » plient et rapportent au quartier- général le cadavre de » leur chef.

» Dessalines parut vivement affligé de cette perte.

» Le courage et la détermination des indigènes décon- » certaient Rochambeau. Il exhorta ses troupes à faire un » dernier effort pour reprendre Charrier. Sa brillante » garde d'honneur se prépara à donner. Clervaux, averti

» (lo ce mouvement par ses éclaireurs, cacha plusieurs » compagnies de la 3« demi-brigade dans un bois que les » blancs devaient traverser. Quelques décharges de mous- » queterie, reçues en flanc, les contraignirent à rétro- » grader.

» Il était cinq heures et l'acharnement des combattants » ne diminuait pas.

» Tout à coup des éclairs brillent, le tonnerre gronde, » les nuages crèvent et la pluie inonde le plateau.

» Le combat s'arrête.

» A six heures le beau temps étant revenu. Dessalines, » accompagné de Bazelais, chef de son état-major, monta » à Charrier, où il fut accueilli par les acclamations des » soldats :

» — Vous êtes aujourd'hui le commandant de mes géné- » raux, dit-il à Clervaux qui avait perdu, dans l'action, » une de ses épaulettes,

» Par son ordre, on transporta les blessés à Vaudreuil. » Puis, il rentra au quartier-général.

» Le lendemain, Clervaux recommença l'attaque, au » point du jour.

» Le commandant de Vertières abandonne le fort après » y avoir mis le feu. La 7° y entre aussitôt. Pendant » qu'elle éteignait l'incendie, un cri s'élève : Les blancs » prennent la fuite ! En avant! Les indigènes courent sus » aux Français. Ceux-ci, toujours en garde, font volte- » face, leur demandent ce qu'ils veulent et continuent leur » retraite.

» Les indigènes, répandus dans la savane Champin, » mettent le feu au fort. A la faveur de la nuit, les Fran- » çais, qui occupaient Pierre-Michel, se replient sur le » Cap. L'avantage définitif resta donc à Dessalines.

» L'embarras de Rochambeau était à son comble. Du » côté de la mer, une escadre anglaise, commandée par le

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