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AFFAIRE DU HORNET

Lorquet, et le se;rétaire d'Etat des relations extérieures, M. Darius Denis, chargés conjointement des affaires de la République, en l'absence du chef du pouvoir exécutif, se trouvèrent dans les plus grandes perplexités. Ainsi que leurs devanciers ont toujours fait dans les conjonctures semblables, ils prièrent les trois chargés d'aftaires étrangers, résidant au Port-au-Prince, de les aider de leurs conseils et de leur influence.

Le comte de Lémont, consul-général de France, M. Spencer Saint-John, d'Angleterre, M. Basset, des Etats-Unis, reconnurent que le Hornet, même convaincu du fait de piraterie, n'était justiciable, selon les droits maritimes et internationaux, que des tribunaux de la nation, dans les eaux de laquelle il se trouvait. Au gouvernement seul appartenait le droit de le faire juger. Devant la sentence rendue, les Etats-Unis et l'Espagne devraient s'incliner.

Cette affaire traîna encore en longueur, La Churruca restait en station à l'entrée de la grande rade ; l'équipage du Jlornet ne passait pas en jugement.

On décida en dernier lieu que la question serait réglée définitivement entre les cabinets de Washington et de Madrid.

D'après les derniers avis officiels, reçus par le secrétaire d'Etat des relations extérieures, le gouvernement espagnol désapprouvait le commandant de la Churruca et le consul Oli voira.

Ainsi prirent fin ces démêlés internationaux. On peut en conclure que si l'Espagne a parfois la velléité de reprendre la devise de son grand empereur, Haïti, sauvé, en maintes occasions, par sa faiblesse, renouvelle en politique les errements de Fabius Cunctator, et V Armada la plus formidable échoue contre cette force de temporisation et d'inertie.

J.-J. Dessalines s'élève à l'Empire. — Cérémonie de son sacre. —

— « Moi seul suis noble !... » — Célébration du premier anniversaire de l'Indépendance. — Ordonnances, lois, décrets, règlements. — Publication de la Gatette politijue et commerciale d'Haïti. — Création des commissaires dllels. — Cartes de sûreté. — Situation faite aux blancs. — Brochard et Daransan. — Ducoudray, Noblet. — Arsenal, fabrication de poudre. — Vols des fonctionnaires. — Culture. — Ignorance de Des>alines. — Dureté de son cœur. — Daléerand. — Un fils obligé d'ordonner le supplice de sa mère. — Tentatives de Dessalines pour rapprocher les nègres et les mulâtres. Giies Bambara. — Affaire Tendant Bedouct. — Corruption des mœurs. — Désordre dans les finances. — Les inspections de Vastey.

— Mot de Dessalines sur son ministre des Finances.

Puisque je m'attache, comme on a dû le remarquer, à faire entrer dans cette relation les faits principaux de l'histoire et tous les détails, qui méritent de quelque façon l'attention des lecteurs curieux, c'est ici le lieu de raconter dans quelle conjoncture Dessalines fut élevé à l'empire.

Depuis la proclamation de l'indépendance, Boisrond- Tonnerre, Juste Chanlatte et les bandits admis à sa familiarité, lui répétaient sans cesse que le titre de gouverneurgénéral qu'on lui avait donné, comme à Toussaint-Louverture, rappelant l'idée d'une métropole, ne convenait point au chef d'un état autonome. Parmi les signataires de l'acte de l'indépendance, plusieurs étaient d'avis qu'on adoptât celui de président et qu'on fit une constitution

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