CÉRÉMONIE DU SACRE
Chantons, célébrons notre gloire, Amis de l'île d'Haïti; Marchons, soutenons la victoire.
Le bonheur de notre pays.
Chérissons sans cesse
Avec allégresse Celui qui fait notre bonheur ; Vive l'Empereur ! (bis).
C'est lui qui punit l'arrogance Des Français nos vrais ennemis ; Et qui, par sa douce clémence, Fait de ses sujets, ses amis !
Chérissons sans cesse Avec allégresse Celui qui fait notre bonheur :
Vive l'Empereur ! (bis).
Son nom, sa valeur, son courage, Font trembler tous les intrigants ; Ennemi du vil esclavage, Il voit en nous tous, ses enfants ; Chérissons sans cesse Avec allégresse Celui qui fait notre bonheur :
Vive l'Empereur ! (bis).
Reçois de moi le doux hommage.
Mon respectable souverain; Que Dieu t'inspire des lois sages Et te protège de sa main.
Je chéris sans cesse,
Avec allégresse Celui qui fait notre bonheur :
Vive l'Empereur! (bis).
L,a nuit venue, toutes les maisons illuminèrent.
Au Port-au-Prince et dans les autres villes, une cérémonie à peu près semblable eut lieu, yar ordre. Dans le peuple, l'enthousiasme, surexcité par les rasades de tafia.
les danses frénétiques, la cacophonie des instruments, tenait du délire. Un amour bien naturel de la vie chez le plus grand nombre des mulâtres, l'entraînement chez beaucoup d'autres, et un véritable fanatisme de dévouement chez quelques-uns, firent rédiger une foule d'adresses, expédiées en hâte à Marchand.
Jamais on ne vit dans une Cour plus d'intrigues et plus d'espérances qu'après l'avènement de Dessalines. Tous ceux qui avaient combattu avec lui convoitaient des titres. Il n'j en eût aucun qui ne demandât au nouvel empereur la création d'une noblesse. Jacques l*"", jilus rusé en cela que Faustin l^"", leur répondait invariablement: « Moi seul suis noble! » Bien plus, il ne forma aucun corps de troupes privilégié. La 4° demi-brigade, dont la fidéUté avait été éprouvée, faisait à Marchand le service du Palais, et les compagnies d'élite des régiments en garnison dans les villes qu'il visitait, lui servaient de gardes.
•Environ deux mois après, les hauts fonctionnaires civils et militaires, reçurent du cabinet de l'empereur l'invitation de se rendre à Marchand, pour assister au premier annivei'saire de l'Indépendance. En même temps, le ministre des finances, Vernet, manda, dans les derniers jours de décembre, les administrateurs et les directeurs des domaines, pour vérifier leurs comptes de l'exercice de 1804.
Haïti fut rempli de mouvements. On rencontrait dans les quatre départements, sur les chemins qui conduisaient à Marchand, des fonctionnaires d'ordres différents, qui s'y rendaient à cheval à grandes journées.
Cette ville nouvelle, qui commençait à être un séjour agréable, prit, à partir du 29 décembre 1804, l'aspect d'un vaste campement. On avait groupé plus de 3000 ajoupas pour abriter les hôtes attirés par cette fête nationale, qui surpassa par l'entrain celle du 8 octobre précédent.
Il y eut d'abord, le 31 décembre, des courses. Dessalines