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LE PORT-AU-PRINCE

ne forme pas trottoir continu, varie devant chaque maison. Il est, de plus, coupé de petits fossés qui séparent les propriétés. En marchant sous les galeries, on s'expose soit à tomber dans un trou, soit à se heurter aux piliers, et les suites d'une chute ou d'un choc peuvent être également funestes.

Plusieurs places ornent la ville. Les "quatre principales portent les noms de Pétion, de l'Indépendance, de Valiière, de Geffrard. Sur cette dernière, entourée d'une grille, s'élèvent un kiosque et quelques escabellons auprès desquels gisent, dans l'herbe, leurs statuettes renversées. Les autres sont couvertes d'ajoupas, boutiques foraines sous lesquelles les détaillants tiennent le marché le samedi.

La plupart des fontaines , que l'on doit à Barbé de Marbois, sont en mauvais état. Souvent il n'y en a qu'une à laquelle puissent s'approvisionner d'eau les porteurs, qui la transportent sur la tête à domicile, dans des quarts, petits barils dont le contenu coûte de cinq à dix centimes forts, selon la rareté.

Sous l'administration de l'intendant nommé plus haut, le plus intègre et le plus sage de la colonie, d'après le jugement des historiens haïtiens eux-mêmes , on creusa le Réservoir ; on fit les deux terrasses de l'Intendance ; on posa les tuyaux de fonte qui conduisent l'eau en ville.

L'église, pompeusement décorée du titre de cathédrale, a été réparée sous le règne de l'empereur Soulouque. Derrière elle est situé le palais épiscopal entre cour et jardin. A quelques pas de là, sur la place dite la Terrasse, on montre un manguier énorme planté, si l'on en croit la tradition, toujours par Barbé de Marbois.

Le Palais-National, terminé en 1772, n'existe plus. Salnave le fit sauter en le quittant. Le président actuel habite, dans la rue de l'Egalité, une maison en bois, sans architecture, sous les galeries de laquelle le passant voit

les soldats de la Garde couchés à l'ombre sur des bancs ou sur les dalles. Leurs pacifiques fusils, réunis en faisceaux devant les portes, veillent tout seuls sur le chef de l'Etat.

Les prisons, l'hôpital, l'arsenal, le Ijcée, la douane, l'école lancastérienne, les secrétaireries d'Etat, l'administration principale, le trésor, les tribunaux, édifices qui n'ont que le nom, sont dispersés dans l'enceinte. Tous exigent des réparations. Le magasin de l'Etat, détruit par l'explosion de quelques livres de poudre, le 2 février 1827, n'a pas été relevé.

Primitivement on bâtissait en pierre. Ce mode de construction fut abandonné après le tremblement de terre, survenu en 1751, lequel était un bercement, en comparaison de celui de 1770, beaucoup plus désastreux.

Le phénomène commença à se produire à l'endroit appelé le Gouifre^ d'où sortent les rivières du Cul-de-Sac et de Léogane, au pied des mornes de la Selle, qui semblèrent sur le point de s'écrouler dans la savane.

Le 3 juin, jour de la Pentecôte, à sept heures du soir, les habitants prenaient le frais sous les galeries, lorsqu'ils sentirent le sol trembler sous leurs pieds. Ils se précipitèrent dans les rues, larges comme aujourd'hui et bordées d'ormeaux, qui ont disparu, La terre fut mouvante toute la nuit. Jusqu'au 18, on compta en moyenne cent secousses par jour.

Les usines du Cul-de-Sac furent renversées ; la rivière qui traverse cette plaine, après avoir cessé de couler pendant seize heures, vit ses eaux revenir tout d'un coup et déborder avec violence. Dans la ville, le palais du gouverneur, l'intendance, le conseil, l'église, le magasin à poudre, les casernes, les maisons des particuliers, tout ne forma qu'un entassement de décombres.

Cent personnes périrent dans cette catastrophe.

Alexandre Pétion était alors à la mamelle. Sa mère.

Le Président Fabre GenVard. [l'aj^c l^o

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