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LES ANGLAIS AU PORT-AU-PRIKCE

En cette extrémité, Polverel et Sonthonax réunirent les nouveaux libres et les engagèrent à combattre en désespérés, leur disant que, s'ils étaient vaincus ils retomberaient dans la servitude. Sa harangue fut accueillie par des bravos frénétiques ; mais cette étrange troupe ne songeait qu'à piller la ville, loin de vouloir la défendre.

Maître du Port-Républicain, le général Whyte s'y fortifia. Il éleva un blockhaus au milieu du cimetière extérieur, dans le quartier du Morne-à-Tuf, et, au sommet des mornes ce l'habitation Cauvin,un fort qui dominait la ville. Il fit faire aussi sur l'habitation Dessources, au haut du morne l'Hôpital, une redoute qu'il arma de quelques canons. Ses soldats, exposés au soleil pendant le jour et faisant la garde la nuit, souvent sous la pluie, furent rapidement emportés par la fièyre jaune.

Les colons, qui avaient appelé les Anglais, profondément découragés, envoyèrent à Londres un des leurs. Venant de Chamilly, pour demander des renforts. Le général "Whyte, craignant de succomber à son tour sous ce climat meurtrier, retourna en Angleterre. Il fut remplacé par le brigadier-général Horneck, qui vint de la Jamaïque au Port-Républicain, en septembre 1194. N'ayant pas assez de forces pour attaquer, celui-ci garda la défensive.

Le 18 mars 1791, Bauvais et Rigaud tentèrent de reprendre le Port-Républicain. Horneck envoya contre eux le lieutenant-colonel Markham et 1,000 hommes qui les repoussèrent jusqu'à Léogane.

A la fin du mois suivant, les Anglais reçurent un renfort de 2,500 hommes. Le général Williamson, gouverneur de la Jamaïque, succéda au brigadier-général Horneck, avec le titre de gouverneur-général commandant en chef des possessions de S. M. B. à Saint-Domingue.

La guerre continua. Les Anglais s'avancèrent jusqu'à Léogane dans la journée du 17 au 18 mars 1796, mais sans

réussir à s'en emparer. Quelques mois plus tard, le 5 décembre 1797^ Pétion leur enleva le fort de ia Coupe. En 1798, le général Whjte fut remplacé par le major Nesbit, mort peu de temps après. Thomas Maitland, désigné pour être son successeur^ reconnut l'impossibilité de se maintenir plus longtemps : les masses se prononçaient confiée l'Angleterre qui ayait rétabli l'esclavage. Il importait peu d'ailleurs à cette puissance que son pavillon flottât à Saint-Domingue, pourvu que cette colonie fût perdue pour la France et qu'elle y trouvât des débouchés pour ses marchandises.

Le 30 avril 1798, l'adjudant-général Huin et le capitaine Nightingal, en conférence sur le vaisseau VAbergavenny, mouillé dans la rade du Port-Républicain, dressèrent et signèrent le premier, au nom de Toussaint-Louverture, le second, au nom du gouverneur anglais, un traité dans lequel il fut stipulé que le Port-Républicain , Saint-Marc et la paroisse de l'Arcahaie, seraient remis au général Toussaint-Louverture ; cinq semaines étaient accordées aux Anglais pour évacuer Saint-Marc, l'Arcahaie et le Port-Républicain ; le général Toussaint-Louverture prenait l'engagement solennel de protéger les propriétés et la vie de tous les habitants qui, soumis autrefois à S. M. B., voudraient rester dans l'Ile.

L'escadre anglaise appareilla le 9 mai l'798. Toussaint- Louverture prit possession, le même jour, du Port-Républicain, au milieu d'un grand concours du peuple, qui le reçut comme un libérateur. Ce fut une véritable ovation. Il passa sous des arcs triomphaux dressés dans les rues et ornés de tout ce que le climat fournit de décorations naturelles.

En 1802, dans les premiers jours du mois de mars, le général Leclerc vint au Port-Républicain, où le rejoignit bientôt son épouse Pauline Bonaparte, attendre les escadres de riessingue et du Havre. Trois partis s'y disputaient

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