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LE CLERGE

pire a tracé au long la physionomie du clergé qui, sous ce magnanime empereur, vivait dans un concubinage public, élevant au presbytère les enfants qui en résultaient et disant sans plus de façon aux amis qui venaient les visiter : « Je vous présente ma gouvernante et mes enfants. »

Toussaint-Louverture, après sa victoire sur André Rigaud, avait proclamé, du haut de la chaire de l'église du Port-au-Prince, une amnistie. Il faisait ouvrir les temples, dire des messes, chanter des Te Deiim. Il demanda à l'abbé Grégoire de lui envoyer douze prêtres, soumis aux lois de la République, pour qu'ils prêchassent sa doctrine immuable dans les communes privées de desservants.

Aux douze prêtres, Grégoire ajouta, par-dessus le marché, un évêque, le citoyen Mauviel, curé de Noisy-le-Sec, coiffé de la mitre pour la circonstance. Avant de prendre possession de son diocèse, la nouvelle Grandeur écrivait au premier des Noirs : « Tous les amis de la liberté se réjouissent en voyant les noirs siéger parmi les législateurs de la France ; bientôt tous les chrétiens se réjouiront également en voyant des hommes de toutes les couleurs servir et monter à l'autel. »

Les prêtres d'alors, aventuriers en soutane, étaient dans les meilleurs termes avec les papas-lois et comme ces vils spéculateurs que le Christ chassa du Temple, faisaient un comptoir de l'autel, trouvant parfaitement leur compte à leur vendre des cierges bénits que ceux-là revendaient à leurs pratiques, et à dire les messes que, pour se donner plus de relief, ils font parfois intervenir dans leurs conjurations.

Les négociations entamées par le Président F. Geffrard avec le Saint-Siège firent cesser ces monstruosités.

Les simoniaques, qu'aucun Men hiérarchique ne rattachait à l'Eglise, qui n'étaient soumis à aucun contrôle, sont

remplacés, depuis le concordat de 1861, par un clergé en général honorable.

De tout temps, le catholicisme romain a été la religion de l'Etat.Il embrasse toujours la presque totalité de la population. Néanmoins, aucune entrave ne gêne les citoyens dans la pratique d'un autre culte. Le protestantisme, entre autres, y est représenté par les sectes wesleyenne, iancastérienne et anglicane .

Le premier synode de l'archidiocèse du Port-au-Prince fut inauguré le 28 dans l'église métropolitaine. En même temps, eut lieu la translation des reliques de saint Largien, apportées par Mgr Guilloux de Rome, où elles reposaient dans les catacoôibes.

Dès l'aube, la foule des fidèles, qui devait parcourir une partie de la ville avant de rentrer à la cathédrale, prit ses rangs dans le jardin de l'archevêché. La procession suivit la rue des Fronts-Forts jusqu'à la rue du Calvaire, et de là, tournant à gauche, se dirigea vers la rue Bonnefoi d'où elle remonta vers la cathédrale. Deux arcs de triomphe, ornés de draperies rouges et blanches, s'élevaient au milieu de la rue des Fronts-Forts et à sa jonction avec la rue Bonnefoi.

Les différentes confréries, rangées sur deux lignes, se développaient à la tête de la procession autour de la place de l'Eglise, dont elles embrassaient plus des deux tiers. A elles s'étaient joints de nombreux paroissiens de Sainte- Anne, suivant leur bannière. Venaient ensuite les soeurs de Saint- Joseph de Cluny avec leurs pupilles, les frères de l'Instruction chrétienne et les élèves du Petit Séminaire- Collège, précédant le clergé. Dans leurs rangs on apercevait, sur un brancard, une urne artistement peinte, contenant les restes du jeune martyr saint Pie et la fiole dans laquelle les premiers fidèles avaient recueilli le sang qu'il avait versé pour Jésus-Christ,

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