UNE INSURRECTION
toute communication d'une partie de la ville à l'autre, établit une ligne dont il confie le commandement au général Benjamin Martin. A cinq heures, il envoie en avant le colonel Eugène Gaspart avec le corps de Police et quelques volontaires que suit une colonne conduite par le général Donatien Jean. L'attaque commence. Nord Alexis survient avec un obusier, renfort irrésistible, et, comme le Deus ex machina du théâtre antique, prend la direction des opérations. Les rebelles, chassés de l'arsenal par une courte fusillade, sont mis en déroute et enveloppés. Plusieurs fuient vers les mornes environnants et au Carénage. Des détachements, lancés sur leurs derrières, les poursuivent. Le citoyen S. PapiUon découvre Cinna Lecomte qui, ramené en viUe, est passé par les armes.
Bolivar, trouvé blessé devant le corps de garde de l'arsenal,— Rébecca Justinien Palanco, dominicain, — Jobet
— Gagé, français, — qu'allait-il faire dans cette bagarre?
— Ch. Célestin, — Quiacoute, — T. Montpoint, — Gramon Imen, — Théodore Bileo, — Latour, — dominicains tous les trois, pris, les uns dans les mornes, les autres au Carénage ou aux environs de l'arsenal, eurent le même sort. Présent Paul, Lunique Benjamin et Paquiot réussirent à enlever un canot avec lequel ils regagnèrent la goélette qui attendait non loin de la côte l'issue des événements.
D'après l'enquête ultérieure , les rebelles étaient au nombre de trente-trois, tant Haïtiens que Dominicains. On lut à ce propos, dans le Moniteur du 28 avril ; « Nous » savons bien que les Dominicains essaieront de démon- » trer la preuve du contraire ; mais le gouvernement » d'Haïti possède des documents irréfutables, dont le » cabinet du président Baëz ne saurait nier l'existence et » qu'il ne soupçonnait jamais devoir être un jour livrés au » gouvernement haïtien. »
Parmi les pièces trouvées sur Cinna Lecomte, la plus importante était celle-ci :