FRÉRON, SOUS-PRÉFET
opinions roj'alistes lui furent imputées à crime. Assailli par les révolutionnaires sur son habitation, où il s'était transporté avec sa famille après une grave maladie, il fut traîné aux Cayes, et sa tête qu'on trancha, promenée par toute la ville.au bout d'un esponton.
Six ans plus tard, lors de la révolte éclatée au retour de Sonthonax, Auguste Rigaud fait massacrer presque tous les blancs trouvés dans les rues. André, qui commandait la place, voulant soustraire à la mort le reste de ces infortunés, leur donna l'ordre de se réunir chez lui. Il croyait que son toit était un abri contre la fureur de ses parents et de ses amis. Mais Augustin viole son domicile, met la main sur ses protégés et les conduit à l'Ilet où on les fusille. Puis il sort de la ville avec Pinchinat et parcourt les campagnes, insinuant aux habitants que les blancs nouvellement arrivés d'Europe allaient les remettre dans les fers ; que les blancs n'avaient jamais voulu sincèrement la liberté des noirs et des gens de couleur, que tout leur appartenant, il fallait les exterminer et les chasser.
Louis-Stanislas Fréron, le fils du Frelon deV Ecossaise de Voltaire, le rédacteur de VOraieur du Peuple, l'un des auteurs de la pétition du Champ -de-Mars, des journées du 10 août et de septembre, le fougueux montagnard de la Convention, le proconsul de Toulon et de Marseille, envoyé en 1802 par le premier Consul à Saint-Domingue, avec le titre de sous-préfet du département du Sud, racheta par la philantropie qu'il afficha dans ce nouveau poste, les cruautés commises pendant sa mission dans le Midi.
Deux mois après son entrée en fonctions, il assistait aux Cayes à un repas dont la plupart des convives étaient des colons. La conversation roula sur les craintes qu'éprouvaient les hommes de couleur au sujet du rétablissement de l'esclavage. Le nouveau sous-préfet se leva et déclara avec énergie que, s'il n'avait pleine confiance dans les sentiments
philantropiques du gouvernement français, lui-même porterait les indigènes à se révolter et se mettrait à leur tête. Ces paroles effrayèrent les colons qui le représentèrent comme un négrophile furieux, un jacobin, un ennemi de Bonaparte,
Le lendemain, on le trouva dans son lit, mort d une congestion cérébrale.
La même année, l'insurgé Joseph Armagnac s'emparait à dix heures du soir du quartier de l'Ilet.
L'année suivante, le 18 octobre, le général Brunet, commandant des Cajes, forcé d'abandonner la ville, se rendait au commodore Cumberland, et gagnait la Jamaïque sur la frégate anglaise le Pélican, suivi d'un grand nombre de familles de colons. L'indigène Geifrard prit possession de la place avec les 15«, 16" et Yi^ demibrigades.
Les Cayes a donné naissance, le IT janvier 1761, à André Rigaud, l'irréconciliable rival de Toussaint-Louverture, à MM. Etienne Berret et Antoine Fougère, deux poètes contemporains, et, à une date inconnue, à l'inventrice du punch jusqu'aux Cayes, Euphémie Daguille, cette maîtresse de Jacques P"", dont les têtes de lettres, imprimées aux frais de l'Etat, portaient :
LIBERTÉ ou LA MORT.
EMPIRE D'HAITL
Aux Cayes, le
Euphémie Daguille, amie de Sa Majesté Jacques, Empereur d'Haïti.
En 1806, pendant le séjour de Dessalines aux Cayes, les dépenses de cette hétaïre payées par le Trésor public, s'étaient élevées au chiiFre de 1,000 piastres par jour. L'Em-