SIMON BOLIVAR
ereur refusait d'ajouter foi à l'exactitude de ce compte. )n lui exhiba la note détaillée des sorties du Trésor de ces ifférentes sommes, note certifiée sincère et véritable par e trésorier ; convaincu après la lecture que lui en fit Dialuoi, son secrétaire, il ordonna de ne compter désormais à d"® Euphémie que 800 piastres par mois.
C'était encore un amant magnifique !.. .
Le 9 mars 1843, entrait aux Cajes l'armée populaire .ous les ordres de Charles Hérard aîné. Touraux, fidèle m président Boyer, refusa de se rendre et fit sauter l'arjenal. Ce dévouement a été célébré par Etienne Berret. I Simon Bolivar, né à Caracas, en 1783, et qui, après avoir étudié en Espagne et avoir visité la France, l'Italie 3t les Etats-Unis, était rentré dans son pays pour prendre part, sous les ordres de Miranda, à la guerre de l'indépendance, vint aux Cayes, le 28 décëinbre 1816. Il y prépara, avec l'aide de Pétion, qui lui donna des secours d'argent, des provisions de bouche et des munitions de guerre^ une expédition qui lui permit de battre les généraux espagnols Monte verde et Morillo, et de remporter à Boyaca une victoire décisive, qui affranchit le Venezuela et la Nouvelle-Grenade, et lui valut le titre glorieux de libérateur de V Amérique espagnole.
Lorsque je connus la ville en détail, M. Lassègue organisa une cavalcade et nous partîmes pour la plaine qui a vingt lieues carrées. Les chevauchées y sont délicieuses. Elle est traversée par de belles routes, droites et larges, qui rappellent celles du Nord, au temps du roi Christophe.
Nous visitâmes d'abord le fort des Platons, construit par Geffrard en 1804, et qui a une caserne souterraine à l'abri des bombes; le camp Gérard où, en 1803, Dessalines fit un auto-da-fé des brevets envoyés par Lamour Dérance aux officiers du Sud et les remplaça ; ensuite le camp Prou. C'est un lieu historique.
Apprenant la révolte d'Ogé et de Chavannes^ les mulâ-j très du Sud, aussi riches et plus nombreux que les blancs, « demandèrent, les armes à la main, l'exécution du décret du 28 mars. Réunis au nombre de cinq cents sur l'habitation Prou, quartier de la Ravine-Sèche, au milieu d'une gorge qui débouche dans la plaine du Fond, ils avaient à leur tête Rigaud, qui s'était signalé en prenant part à la guerre de l'indépendance américaine.
Les blancs des Cayes, sous les ordres d'un ancien militaire, Lefèvre-Duplessis, marchèrent contre eux. Mais le combat leur fut peu favorable. Ils demandèrent du secours à M. de Blanchelande. Le gou"^erneur-général envoya le colonel de Mauduit et son régiment, qui débarqua le 28 novembre 1790 au Port-Salut. Mauduit attaqua les insurgés et prit leur camp. Rigaud et ses compagnons furent faits prisonniers.
— Gens de couleur libres, leur dit l'aristocratique colonel, je A^ous parle au nom de la nation, de la loi et du roi ; vous avez été égarés par de folles prétentions ; vous ne devez jamais franchir la ligne de démarcation qui vous sépare des blancs, vos frères et vos bienfaiteurs. Rentrez dans le devoir.
Il retourna au Port-au-Prince en désarmant, chemin faisant, les pompons rouges du Petit-Goave et de Léogane.
Quelques kilomètres plus loin, on trouve le camp Périn, le camp Boudât, excellente position défendue par un double rempart.
Pendant les troubles civils de 1868, le président S. Salnave y avait établi des postes avancés.
Dans la plaine du Fond est l'emplacement de la ville Salva Tierra de la Zabana, fondée en 1503 par Ovando et abandonnée en 1606. Dans la plaine à Jacob, qui est contiguë, il y une mine de fer.
AFFAIRE DE VINCENDRON 309
En rentrant en ville, nous passâmes sur l'habitation Chollais. Le l*"" mai 1862, le général Salomon aîné y prit les armes avec quelques amis de son frère, le général Salomon jeune, alors en exil, contre le président Geflfrard. D comptait entraîner les populations rurales. Cernés de toutes parts et abandonnés, les révoltés se rendirent à distcrétion cinq jours après.
Je n'enregistre que les souvenirs des villes du littoral que tout passager aperçoit en passant; mais, pour peu qu'on pénètre dans les savanes et dans les mornes, on rencontre des bourgs qui ont aussi les leurs. Dans la plaine de l'Asile, entre Cavaillon et les Baradères, Vincendron fut témoin, le 15 août 1867, d'une affreuse boucherie.
Quarante soldats de l'armée du Sud, jeunes gens de quinze à vingt ans, la fleur des Cajes, d'Aquin et de Cavaillon, y gardaient un poste, sous le commandement du général Morisseau. Il était midi. Les uns se baignaient dans la rivière des Citronniers, qui est voisine ; les autres se reposaient de leurs fatigues à l'ombre des grands arbres. Une bande de 2nqnets sort subitement des bois, et, avant qu'ils aient eu le temps de sauter sur leurs armes, les massacre impitoyablement. On retrouva leurs cada\Tes, emportés par les eaux rapides de la rivière, parmi les roseaux des rives.
Pardon, si je profite de la transition ; mais, à propos de troubles civils, les longs et sanglants démêlés d'André Rigaud et de Toussaint-Louverture, connus sous le nom de Guerre du Sud, se présentent à ma mémoire, et je vais essayer, si vous voulez, de vous les raconter.
XYIII
Origine des partis haïtiens. — Politique d'Hédouville. — 11 mande au Cap Rigaud et Louverture. — Accueils diii'érents qu'i^ leur faits. — Opinion de Rigaud. — Intrigues de Louverture, — Il rompt en visière à Hédouville. — Arrivée de Roume. — Il tente de reconcilier les deux rivaux. — Complications. — Prise du Petit- Goave par les Jii gandins. — Roume déclare Rigaud rebelle. — Louverture se rend au Fort-Républicain. — Désarmement de la garde nationale. — Le jeune Moreau. — Proclamation du général en chef. — Dessalines entre en campagne. — Louverture prend possession de la partie espagnole. — La guerre civile continue.
Pour avoir une idée nette de cette longue lutte, commencée par des querelles particulières, bien vite dégéné-] rées en guerre civile, dans laquelle André Rigaud personnifiait les mulâtres contre Toussaint-Louverture qui personnifiait les nègres, il faut remonter à ses origines.
Afin de contrebalancer l'influence du second qui travaillait* avec activité à l'indépendance de la colonie, Hédouville eut l'idée de lui opposer le premier qui n'avait pas cessé de donner d'éclatantes preuves de dévouement à la métropole. L'agent du Directoire appela donc au Cap son préféré et pour endormit^ la défiance de Louverture, il le convoqua également. Celui-ci, instruit de ses desseins par Pascal, secrétaire de la commission civile, gagné en secret, se prépara à se rendre à son appel.
Au moment de partir, la nouvelle lui vint que Rigaud,