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CHAPITRE XXXII

lu su|ht1)0 i.'ranil r.ifniiii. — Eiitiro ilo h I.aenlal. — \.e portail ilc Lysiic. — I.e di'lili' de i;al- (lerne. — Abomlaiico de saumon. — La renne do lliisnni. — Le vieux Hoar Halverseu. — Comment on liérite des noms de famille. — Indépendance du peuple. — Commenl nue ferme ])asse d'un iiére à son fils. — Une lonchanle seène dé famille. — La nonrrilure des distrieis ruraux. — L'ancienne église de Borgund. — .\dieu à Husum et à Laerdal.

A Lnprflnlsoi'cii i(Mili'(''t' de l.i Licnliili comnienre l;i siiperlif jir.iiKU' roule (lui relie le linrd Sogiie ;'i l;i ville de ClM'i.-<li;iiiia el à (r.iiili'es |i;u'lies du p.iys. .\iille .'iiili'e riiiile. en Norvège, traversanl nue an.ssi l(Migue étendue, ne i)asse au milieu de scènes aussi spjendides el aussi diverses. Une brandie monte sur les Filefields, juns descend en Valders, l'autre va dans l'Hallingdal.

Laerdalsôren parail être le rendez-vous des vauriens du voisinaoe, i|iii. en été. éjiienl les lomistes et pratiquent sur eux Imile soile d'e.xluisiiins. De plus, (pui-hpies iHinliques ont la permission de vendre des spirilueux, (|ui attirent un nombre trop grand d'ivrognes. LaerdalsoreU' el (ijôvik, sur la Mjôsen, sont peut-être les pires entlroils de la Norvège; non (pi'ils soient très mauvais, mais ils contrastent fort avec les autres hameaux si calmes.

De majestueuses montagnes flanquent la vallée de Laerdal à son entrée. Çà et là, on voit des fermes et des liultes de pierre au milieu

d'un sol stérile. Au iiortail de Lysne, les terrasses atteignent une hauteur de 500 pieds.

Au delà de Lysne, la vallée se rétrécit et la scène devient iilus sauvage. On passe devant des fermes é|tarses ilont les bâtiments sombres avec leurs toits couverts de terre son! à l'unisson de ce triste paysage. Plus loin, la Laerdal semble fermée par les montagnes et l'on atteint l'étroit défilé de Galderne. Ici, l'ancieiuie roule, de beaucoup la plus pittoresque, gravit une colline escarpée d'oii l'on a une belle vue sur la j)ai-lie liasse de la gorge. La iiduvcIIc route, taillée dans le roc, en bien des endroits, court à la base des collines à c(jté de la rivière. Sur la rive droite du cours d'eau, on aperçoit les restes d'un gi'and chemin encore plus ancien. Je sais par expérience combien il est difficile en hiver de descendre les collines par leurs étroits sentiers, (piand la glace couvre les rochers, et barre la roule en bien des places. l*(iur sa jiropre sùrclé, il f;iut allaclier à ses souliers des talons particuliers appelés isùroddcr, avec des clous spéciaux (pii niordenl dans la glace.

Ici, la rivière écunu' dans sou lit rocheux et une chute empêche le saumon de remonter pins fiant. Dans l'étang profond (pii est à la base de cette chute, j'ai compté vingl-li'ois saumons iuiuiobiles sur son fond de gravier cl de sable.

Le saumon fait son apparition dans les rivières de la Norvège méridionale en mai. et, au nord, en juin. Il commence à frayer dans la dernière partie de septembre jus(pren novembre, et demeure dans les cours d'eau jus(|u'en décembre. Il (lé|iiisi' son liai dans le lit des étangs, et couve ses œufs de soixanic fnpialri'-vingls joni-s. Ouand il est âgé de quatre mois. le saumon a une longueur de cpialre à cinq pouces; il n'atteint (ouïe sa taille qu'à l'âge de six ans. Les plus grands ennemis de ce poisson, quand il est arrivé â sa pleine croissance, sont le phoipie et la loutre; ceux des Jeunes sont le canard, la mouette et, dans la Balliqnc. h' liroi-lid.

Au delà de cette passe, la vallée s'élargit et contient plusieurs fermes. Je nus pied à terre à l'une d'elles appelée Husum, et je fus bien accueilli par le vieux Roar Halvnisen et sa famille, qui consistait en Roar Roarsen, son lils aine, liaagen, Iver, Halvor et Pehr, et deux filles : Sûnneva, mariée au propiièiaire d'une ferme voisine, etSigrid,

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