MANIÈRE DE VOYAGER S
rétendiie du trafic. L'État prend ces arrangomeats avec les fermiers les plus solvables de chaque district et s'assure ainsi un bon et loyal service. A chaque station est déposé un registre dans lequel les voyageurs inscrivent leurs noms, leur destination, l'endroit qu'ils ont quitté, leur profession et le nombre de chevaux qu'ils prennent. Sur la couverture de ce livre sont transcrits les lois et règlements relatifs aux routes ; le nombre d'heures pendant les([uelles le voyageur est obligé d'attendre se règle d'après le nombre de chevaux qu'il a pris précédemment. Le tarif des prix d'une station à une autre est indiqué avec la plus scrupuleuse précision, afin qu'aucune erreur ne puisse être commise. Généralement le taux est d'une krona et vingt ôre par mille suédois, à la campagne, et d'une krona et soixante ôre dans les villes. Tous les mois, les employés du gouvernement relèvent les notes, et si un voyageur a une plainte à formuler, il l'enregistre et ajoute sa signature.
En Suède, tous les fermiers, à une distance spécifiée, sont obligés de fournir des chevaux sur la réquisition d'un maître de station. Cette loi semble rigoureuse, mais c'est sans doute le seul moyen praticable pour atteindre le but désiré. Aussi les stations sont-elles établies dans des endroits où l'on peut constamment obtenir des chevaux de renfort. Le voyageur est tenu de verser une somme additionnelle pour l'usure des véhicules et harnais ; le taux usuel pour le traîneau ou le char est de trois ôre par mille pour un char sans ressorts, et de six ôre pour un char avec ressorts. Le maître de station fournit le conducteur. Le péage des lacs et des ponts est à la charge du voyageur.
Le montant du poids alloué est de quatre cents livres y compris le passager; mais il n'y a jamais de difficulté, à moins que le voyageur n'ait une quantité extraordinaire de bagages ; deux voyageurs ensemble ne payent que pour un et demi. Un conducteur est mis à l'amende de vingt-cinq kronas lorsqu'il est convaincu de surcharge. Si le voyageur blesse le cheval en le faisant aller trop vite, il est responsable du dommage. La vitesse accordée par la loi est d'un mille suédois pour une heure et demie ; mais on va plus vite, et la moyenne est d'un peu plus de cinq milles anglais par heure. Quand on envoie un fôrbud (c'est-à-dire quand on fait retenir d'avance un
cheval) soit par messager ou par lettre, si le voyageur vient trop tard, il doit payer vingt-cinq ôre par heure, et le conducteur n'est obligé d'attendre que quatre heures. Quelquefois l'administration des postes doit changer les stations, soit parce que les fermiers refusent de les garder plus longtemps, ou parce qu'ils ne les tiennent pas bien.