DESCENTE VERS LA MER ARCTIQUE
sont construites sur les bords fie l'Alieu; le district entier possède environ deux cents vaches.
La région est maintenant presque entièrement dénuée d'arbres, car l'établissement date de longtemps et les habitants doivent aller à une distance considérable pour obtenir du bois de chauffage; autrefois les pins et les sapins abondaient, comme l'attestent les restes de troncs et de racines cpie l'on trouve dans les marais; aujourd'hui, ils ont entièrement disparu.
La boutitiue du village servait d'auberge; mais le marchand était parti en vacances d'été, attendu qu'il n'y a rien à faire en cette saison, et sa ménagère, aidée d'une servante, avait la charge de l'établissement.
Un le?is)namh, qui exerce les fonctions de shérilT, réside ici; il doit veiller à l'exécution des lois, et dans les petits endroits comme celui-ci les prisonniers sont confiés à sa garde. Une chambre de sa maison, munie de barreaux à la fenêtre, sert de prison, mais elle est rarement occupée. En Amérique, comme dans presque toutes les contrées de l'Eiu'ope, il ne faudrait pas longtemps à un prisonnier pour briser de si faibles barrières et s'èchapiiei': mais ici tout le monde respecte la loi. Avec deux Lapons sous ses ordres, qui agissent comme policemen, le lensmand a la charge de tout le district. Sa femme et lui me reçurent avec beaucoup d'obligeance, et ce fut pour moi une agréable surprise de l'entendre parler un peu anglais.
Auprès de la maison, se voyait le jardin, où poussaient des radis et des navets qui atteignent une bonne grosseur. Ici, les pommes de terre sont très petites; leurs tiges croissent si rapidement que les tubercules ont i)eu de chance de se développer, aussi les années sont-elles raies où ils peuvent se régaler de ce comestible; on peut dire la même chose des pois, qui cependant avaient liien rendu l'année précédente. L'orgi' pousse quelquefois, mais il faut la couper avant (pi'elle soit parfaitement mi'u'e; cette récolte est si peu cerlainc (pie l'on en sème rarement; [lar contre, le foin est très abondant.
L'été dure peu; la rivière Alten gèle parfois dans les derniers jours de septembre, et la glace ne se rompt (jn'à la liu de mai ou au commencement de juin.
I. LriiniiiHiiil i.'st la fdi'iiio norvés-'ieniip du mot suédois Icnsman.
Je me résolus à renvoyer Joselssuliii, car je prévoyais les dilTiciiltés qu'il rencontrerait à son retour si je l'éloignais davantatîe de chez lui. Le 7 juillet, le lernps lui éldulïaul et accablaiil ; un violcnl orage éclata sur nous; le l'racas du Innnerrc élail assourdissant et les éclairs aveuglants; la i)luie lomba à verse i)endanl quatre heures. C'était la troisième ondée que je subissais depuis mon arrivée en Scamlinavie; toutes s'étaient produiles en dedans dn cercle Aictiipie, el deux avaient été accompagnées de coups de lonnerre. Après la |»luie. le vent changea elle mercure descendit de 78° à 47°, — dilTérence de 'M" en (juelques heures.
Lelensmand me procura deux guides, deux frères, facteurs réguliers de la poste entre le hameau el Bosikop; ils s'appelaient Malhias Johannesen, et Johannes Johannesen Haella; la distance entre les deux endroits est de dix-linil à dix-neuf nulles norvégiens'.
Les rives de l'Allen jirès de Kantoi^eino sont d'un sabh' blanc, très fin, quelquefois d'argile, le district ayant évidemment été autrefois le lit d'un lac. Le terrain, en beaucoup d'endroits, est couvert d'une mousse spongieuse. La rivière court droit au nord et passe à travei's une contrée accideidée et montagneuse ; son cours est souvent obstrué par des rapides qui, pins loin, rendent sa navigation inqiraticable , en sorte que le voyage à Bosikop sur l'Alten doit se faire i)ar eau et jtar terre. En ai)proclianl dn preniiei' lapide, la rivière devint furieuse; le mugissement de l'eau ijui se jtrécipitait f(dlemeid couvrait nos voix. Tout à coup je crus entendre le bruit retentissant d'une cataracte, .l'avoue que je me sentis queh|ue peu imiuiel; car je n'avais pas encore été mis à même de juger de l'adresse de mes bateliers et je me donl.iis bien (pie nous arrivions à un endroit dangereux; en même temps, ils nie dirent — observation peu consolante — qu'en !8o8 trois hommes s'étaient noyés l;i. Soudain nouslond)àmes dans une S(H'le de tourbillon, et, à une courbe de la rivière, nous vir;"imes vers le liord ; ce n'était pas trop t(M, à mon avis. En efïet, à une courte distance, la rivière se précipitait d'une hauteur de vingt à viiigl-cini| [tieds sui' un Ii;mic de récifs. Cette chute s'appelle Njéjdagorze. Après avoir dépassé un aulie rapide
I. l'il lllillc IKil'Vi'Lîirll Viilll Ij.'.ll lllilliS Mii^liiis: il osl COnsé(|Ui'llllllrll( pli(s iriiUlil
i|iic li'^suéttois. hv inillo norvégien, cdiiMiic li' iiiiilc suéildis. csl de :i(i,0(lO pieds; le |iiei| siii'ilnis \;illt !t.074 Jiii'ils ;ill!;lais ; le pied iKUM'iiieii, je.d'J'.t,