‹ Le pays du soleil de minuitChapitre 31 sur 147 · LE FIORD ALTEN · texte numérisé non relu

LE FIORD ALTEN

me le fit ohsoiver un des marchands les plus importants, la fumée qui produit de l'argent n'est jamais désagréable. On entretient ici un nombre considérable de vaches, que l'on nourrit do poisson, de mousse de renne et de foin.

Le port n'est jamais fermé par les glaces; car le Gulf-Slream lèche la côte slérih' et désolée, qui, à certaines saisons de l'année, fourmille de poisson; : sans la pêche il n'y aurait point de Hammerfest. Sa position géographique est excellente; elle communique directement par télégraphe avec Christiania, et ainsi avec le reste du monde. Elle a trois journaux et un petit hôtel qui fournit des chambres commodes et une excellente table. Les écoles sont bonnes et fréquentées par tous les enfants, l'instruction étant obligatoire.

Un vice-consul américain réside dans le port. Dès que je lui eus fait ma visite, le pavillon aux bandes étoilées fut hissé sur sa résidence, et j'appris, à mon grand étonnement, que mon nom était coniui dans cette partie extrême du monde; en elfet, mon Afruftc équatoriale avait été traduite en norvégien. On me montra cette traduction ainsi que l'original en anglais. J'avais été pourvu de lettres de recommandation pour l'un des plus grands négociants de Hammerfest, Herr F..., qui me présenta à ses amis, et je fus admirablement accueilli dans plusieurs maisons, notamment chez le vice-consul américain.

La vie est très confortable à Hammerfest. Le poisson, l'un des principaux articles d'alimentation, abonde; le bœuf et le mouton viennent du fiord Tromsôel de la province méridionale la plusvoisine; en hiver, le gibier et la chair de renne foisonnent. On trouve ici du café, du thé, des épices et autres ol)jets de luxe ; on y donne des dîners qui ne seraient pas indignes de villes moins éloignées des centres de civilisation.

Le bois est cher parce qu'il faut l'apporter des fiords environnants; le peuple brûle du charbon qui vient d'Angleterre. Cette année il ne coûtait que cinq dollars la tonne, bon marché qui m'étoniia.

Toute cette partie septentrionale de la côte de Norvège est accessible en été et en hiver. Les steamers viennent à Hammerfest de différentes villes de la cote et de Christiania; le voyage exige quinze jours de navigation, parce que les bateaux s'arrêtent dans bien des endroits et la distance dépasse deux mille milles. Il y a aussi une ligne semimensuelle de steamers norvégiens depuis Hambourg. Ces bateaux sont

les plus grands et les plus conforUibles; aussi les touristes qui veulent voir les scènes de la côte ou le soleil de minuit les prennent-ils de préférence. Cette ligne apporte des marchandises de toute sorte, et ramène en retour les produits norvégiens.

Des coteaux sourcilleux, doiil h' plus haut s'élève à mille trois cent trente cinq pieds au-dessus du niveau de la mer, forment l'arriére-plan et laissent à peine delà place à la ville pour s'agrandir; leurs crêtes semblent étonnamment aiguës et quol(|ues-uns des blocs qui reposent sur elles ont l'air de vaciller au iioint de faire croire qu'une légère poussée les précipiterait le long des rampes.

En regardant du côté de la terre, je pus distinguer de petits lacs disséminés sur le désert aride ; au loin sont les îles stériles de Sorô et de Seland, cette dernière s'élevant de trois mille quatre cent huit pieds au-dessus du niveau de la mer, et portant le glacier le plus septentrional de la Norvège. Du sommet des collines on peut voir le soleil de minuit dans la même saison qu'au cap Nord, mais la scène produit une liirii moindre impression.

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