A TRAVERS [.A PENINSULE SCANDINAVE
Soignour osl un des soins itrinripaiix des paroiils ; l;i jeunesse est iiisfniite religieusement, cl dii npprenil à lire aux enfants avant même qu'ils aillent à l'école. Leurs [)laisirs soni en pelit nombre et simples: une danse de temps à autre le {limauche 'soir, des visiles de socirté, un moment de gaieté à l'occasion d'un mariage, des solennités à la Noël et autres fêtes, voilà rpiel est à peu près le catalogue de leurs amusements.
En été, les hommes Iravaillenl aux champs, [tèchenl, construisent des maisons, elc; leurs femmes et leurs filles suivent le bétail, moutons et chèvres dans les montagnes, font du fromage et du beurre, et viennent en aide aux hommes pendant la moisson. En hiver, elles fdent et tissent du chanvre et de la laine, se vêlissant ainsi elles-mêmes des produits de leurs champs et de leurs troupeaux, pendant que les hommes vont dans la forêt couper du bois.
Quoique les habitants soient uniforménieul pauvres, qu'ils ne tiennent point de comptes de ban(pi(', ipi'ils n'aieni pas d'argent placé, pas un d'eux ne paraît émncié par la faim ou grelottant de froid; si elle est grossièi'e, leur nourriture est saine, et leur aspect prouve qu'ils sont en bonne saidé. Il y a une prison, mais il se passe souvent des années sans que personne delà population fermière y soit enfermé; le peu d'offenses (pi'ils commettent sont liabilufllcmenl d'iuie naliu'e insignifiante.
Il existe une route carrossable pour une distance d'environ vingt milles et un senlier pralrcable à cheval, conduisant à quebpies milles plus loin jusqu'aux dernières fermes. Les' principaux hameaux sur cette route sont Niestby, Medby, Sandby, Braende, Drageide et Qvale.
En Norvège, les s/,i/f/.ss/,a^'er (hommes des stations) qui sont fermiers sont obligés, par une convention avec le gouvernement, d'avoir dans leurs écuries un nombre slipulè de chevaux, selon les voyages ou le trafic sur les grandes voies où ils demeurent; ils reçoivent en retour une certaine somme annuelle. Les lois et règlements sont à peu près les mêmes que ceux de la Suède.
. A cause de l'élendue de la nature montagneuse de la contrée et de la population plus clairsemée, il n'y a }»as aulanl de grands chemins que dans ce dernier pays, mais quehpies-uns de ces chemins sont simplemenl superbes, et l'on voyage pendant desceidaines et des centaines de milles sni des roules (pie l'on peut comparer à, celles des plus beaux
LE l'AYS DU SOI.KII, DE MINTIT
|i;ircs dans It's villes. Lé véliiciilo en iisni^e est la caniiile à deux roues, avec un siège pour uni^ seule personne, (|ui pose ses jambes en dehors, et un coflVeà l'arriére pour le bairagedu ronducleur; ee bagage doit être de peu d'importance ou bien il faut ])rendre un second véliicule. Dans certains districts les l'einiiers se servent aussi du « karre », comme en Suède.
Le voyage me paint agréable, car il n'y avait point de moustiques;
La (■arriolc.
les gens jue regardaieid passer devant chez eux et se deinaiiilaieiit ce que pouvait èlre cet étranger. Cela m'amusait beaucoup, car dès ipie ji' m arrêtais les tilles coin'aienl aussitôt nieltre leurs bas et leurs souliers. L,i plupart étaient occupées à la récolte du hiin ; les homnu^s fauchaient, les femmes elles enfants, tète el pieds nus, retournaient le foin et le mettaient en meules; d'autres élaienl sur la rivière, où elles inspectaient leurs filets pourvoir s'ils avaient pris ini saumon, tandis (|iie, çà el là, un hiinnue cunslnnsail un bateau, soit poin- lui, soit ]iour vendre.
Le soir, le bétail, les moutons et les chèvres redescendent des montagnes el sont panpiès dans les champs fauchés. e| les tilles traieid les
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vaches; les eiifaiils joiieiil el tous paraissent liciirciix. Tout poile uu aspect piiinilil': les cliaiTues, les faux ei autres iiisliiinients aratoires que j'ai vus étaient de la même mode (pie ceux usités il y a un siècle; les ritues des voitures sont d'un bois solide. Il me semblait avoir été rejeté dans le passé.
Nous fîmes halte au hameau de Nedre Almindingen (Nedre, signifie <i inférieur ») à deux milles norvégiens du Mord, pour rejioser pendant la nuit. .J'allai de maison en maison, mais je ne découvris personne et je commençai à craindre que tous les habitants ne les eussent (piitlces pour aller dans les montagnes; toutes les portes étaient ouvertes. Nous criâmes à tue-tête, mais en vain, personne ne se présenta; nous fouillâmes les granges, les étables et les habitations; j'avais grand'faim; plus faim encore (pie sonuneil. Eidin, après avoir fait Iteaucoup de vacarme, nous vîmes un homme el une jolie fille sortir d'une des maisons, en se flottant les yeux et à demi éveillés.
— Que demandez-vous, étranger ? Tel fui leur salut.
— Un lit, (piehiue chose à manger et uu cheval pour demain, répondis-je.
— Soyez le bienvenu ! diieiil-ils. Et immédiatement la lille alla chercher deux couvertures en peaux de mouton dont la laine était blanche cdiiime la neige; elle mit du foin fi'ais sur le lit en guise de matelas, posa une des peaux dessus, l'auti'e devant servir de couverture et un large oreiller de plumes. Tous deux disparurent et revinrent avec du pain et du beurre, un b(d en bois plein de lait, et me dirent : « Mangez et buvt>z; Ijonne nuit, dormez bienl <> Puis ils me laissèrent en possession des lieux.
Une grande horloge à l'ancienne mode faisait son incessant tictac dans un coin; des assiettes et autres objets de faïence étaient [•osés sur (les planches, et des estampes communes (irnaiciit les murs; quehpies chaises de bois, une table et une couchette, tons deux en bois (le pin, formaient tout l'ameublement; une échelle communiquait avec l'étage supérieur.
Je me couchai entre les peaux, laissant la i)orte ouverte au large et ne tardai pas à tomber dans un profond sommeil, dont je fus réveillé le matin de bonne heure par un bruit de voix venant du dehors. On m'apportait un bassin rempli d'eau pour mes ablutions malinales, et
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un déjeuner composé de café, de pain , de beurre, de lait et de fromage.
Le hameau senddail être le rendez-vous de toutes les filles des fermes du voisinage ; (luelipies-unes étaient fort jolies avec leurs cheveux blonds, leurs yeux bleus et lenis joues rosées, images de santé, de gaieté et de bonheur. A ciu(| heures, elles commencèrent à se rassembler; elles venaient d'un petit village situé de l'autre coté de la rivière appelé Ovre Almindingen ( nvrc signifiant » supérieur »), et se rendaient aux montagnes. Chacune d'elles avait une boite en bois, à peu près de la forme d'un grand livre, contenant leur nourriture pour la journée, c'est-à-dire f|uel((ues crêpes beurrées et la galette ordinaire; la jikipart portaient aussi un petit seau de lait d'une main et, de l'autre, une paire de soidiers; tontes avaient la tète et les pieds nus et leurs cheveux tombaient en tresses par derrière; elles ne mettaient leurs souliers (|ue quand le terrain était raboteux; car, dans ces^ districts ruraux, l'argent est gagné diiicnn'nl et les souliers sont précieux.
Les tilles, bavardant joyeusemeni, disparureid bieiilùl dans leur marche vers les montagnes, où elles allaient garder le bétail ou couper le foin. Celles qui ne portaient point de seau de lait, tricotaient des bas en marchant, car les femmes travaillent toujours, excepté le dimanche. Je pus entendre leurs éclats de rire et la musi(|ue de leurs chansons pendant (in'ellfs gravisssaient la colline. La pauvre vachère qui se loue à bas prix et la tille du riche fermier marchaient côte à côte comme deux sœurs, car dans ce pays [irinnlif règne une paii'aile égalité sociale.
Je passai la rivière à gué jns(in'au liamean d'Ovre Almindingen, ipii consistait en (|ueh|ues maisons de fermes avec des communs. J(^ fus surpris de trouver chez h's liabilanis de cette localité un type ressendtlaid ipiehine |ieu à celui des Lapons; tous étaient aciivemeid occupés à faucher le foin.
La route passait mainlenanl siu' la rive droite du cours d'eau, et devenait plus pauvre, quoique encore assez bonne. Un ])eu plus loin, presque toutes les fermes étaient sans habitants; mais à la fin j'anivai à une maison où je Innivai la laniille assise à table, et dinanl ; Ir père pailageail un grand puissmi ciii. salé, (pie Ions mangeaient comme une l'riandisi' : je Icurdeniauilai poin'qiioi Ir pois.son n'élail pas cnil : ils nn' i'(''pi»ii-
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dirent que, s'il l'él.iit, ils en mangeraient trop. Je fiisinvilé à [jarliigiT le repas, qui iïit suivi d'une amicale causerie et de i|ncstions sansnomlire.Le fermier était l)eaucoup plus vieux que sa femme, (lui avait de jolis traits et une belle figure, de beaux clieveux et des yeux gris; mais un teint de tristesse assombrissait son visage el elle paraissait fatiguée et usée. Elle nourrissait un enfant dont la mère était morte trois mois pins lut : acte de pure bonté, car elle avail nourri son propre enfant pendant treize mois.
Storjord, situé à l'extrémité de la partie habitée delà vallée, est au milieu d'une scène sauvage et entouré par une forêt. La ferme se trouve sur le bord de la rivière Jiinkersdal, (jni prend son nom de la vallée qu'elle arrose et se jette, non loin de là, dans la rivière Lôniselv; les cours d'eau ainsi ivunis coulent par la S;dtdal jiis{pi'à la mer; on voit dans l'éloignement les monts de Vestfjeld, couverts de neige, et pas très loin une magnifique cascade tombant d'une hauteur île sept à huit cents pieds, et à gauche la haute montagne de Kimaanasen.
Une nuit dans celte solitaire mais hospitalière maison fut tout ce(iuc je pus me ménager ; ma chambre était un modèle de propreté, cependant le murmure des rivières m'empêcha de dormir. Le lendemain, a|)rès un déjeuner copieux de café et de lait, on apporta du vin, on en remplit des petits verres, et tous ensemble me souhaitèrent un heureux voyage vers la Suède. A neuf heures et demie du malin le thermomètre manpiait G8° à l'ombre et 118° au soleil ; à midi, 12.^° au soleil et 7i° à l'ombre.
A mon retour, je trouvai le propriétaire de Storjord. ipii, ayant eu vent de ma visite, s'était empressé de revenir chez lui; il parut désappointé de mon départ. J'aimai son aspect franc, ouvert, et je regrettai de ne l'avoir paa vu à mon premier passage. Après une bomie ciuserie nous nous séparâmes, et je rei)ris ma route. Au presbytère, le digue pasieur el sa femme m'accueillirent de nouveau et je dus passer la nuit chez eux. Le matin, avant de déjeuner, nous eûmes une adoration familiale, i»eiidant liHinelle la femme du i»asteur accompagna les liymines sur un mélodéon; pendant la prière, tous se tinrent debout, la tête courbée et les mains jointes. Un bon nombre de jeunes filles, proprement vêtues, étaient venues i)asser un examen devant le pasteur, comme préparation pour la cérémonie de la confirmation.
Lesoleil de minuit ne brillait jihis. et à celte heure il faisait pres- (jUe sombre; nous étions au !5 aual el, plus hjiii an sud, les jours dimi-
luiaient rapiilemeiil; il ôlait duiic grand lomps iiour moi ti'ciitii'piciidi'e mon voyage à travers la péninsnle.
Mes bateliers étant itrèts, nous hissâmes la voile et partîmes. Je vis ])ii'nl(M (pie mes amis les marins connaissaieiil loiites les légendes de cette cùte sauvage. « Voyez-vous ceci? me dit l'un deux en désignanl \m ])réripice du (lord à noire droite. 11 y a longtemps, bien longtemps, lors(pie la Norvège était sous la domination des Danois, un fermier, cpii demeurait dans une ferme nommée Leifsets, donna un jour une giande fête pour le uiariage de sa tille. Des Finlandais suédois (Krae/i), qui avaient eidendu ]iarlei' de relie (été, Irancbirenl les montagnes flans rinteiilion de piller le fermier et ses hôtes; mais ils ne connaissaient pas le chemin et arrivèrent chez un des tenanciers du fermier de Leifsets, qu'ils forcèrent, en le menaçant de mort, de les mettre dans le bon chemin. Une neige épaisse couvrait les montagnes et les nuits étaient obscures; le tenancier piil une lorclie, mit ses palins, et dit aux voleurs de le suivre. Connaissant parfaitement le pays, il s'élail mis en léte (pi'ils n'arriveraient pas à Leifsets. Pendant le trajet, il a|)procha du bord d'un précipice; se plaçant de façon (pie la clarté de la lorche les empêchât de le voir, il la jeta dans le précipice, et les bandits, suivant la lumière, y tombèrent et se l)risèrent en bas. Le tenancier se hâta de courii- à la ferme. Il tii';i un coup de fusil piès de la fenèlre alin d avei'lir les con- . vives de son arrivée et leur ap|irenilii' (prils venaieni d'échapper à une bande de i)illards armés. Le lendemain, ou clieiclia à l'endroit où la torche avait été jetée, et, tout en bas, dans la neige, on découvrit les voleurs, d<)nt les cadavres étaient gelés. » Puis, levant le doigt, lebat(dier ajouta : u Voici la place oii les brigands lïu'ent lues, et on a nommé cet endroit le précipice des Kvarii. »
Un jien plus loin, me montrani luie baie, il dit : « Nous autres pêcheurs, nous appelons ceci la « baie de l'Homme mort », k cause des rafales subites (|ui viennent des montagnes et souvent fout chavirer les bateaux et noient les bateliers, o
Le lenqis devint 1res chaud ; le mercure se lenail au soleil à dix heures, à 118% et â l'onduv à G8°. A onze heines le ciel s'assombrit, d'épais nuages se formèrent el le vent s'éleva; les pêcheurs se hâtaient d'aborder à terre, et, sur la rive, les gens emmenaient leur foin sur leurs chariots aussi vite ()u"ils le pouvaient, ou le niellaient eu meules.
ORAGE AliCTKJUE l~2'.)
L'orage éclata sur nous; h' vciil soul'llait avec fuice et le tonnerre roulait furieu ement, pendant i[ue des éclairs éblouissants se succédaient sans relâche. Heureusement, nous tournâmes la terre à temps, nous prîmes deux ris dans la voile, et, courant devant le vent, nous passâmes rapidement sur les vagues, la mer nous fouettant de côlé et nous mouillant de liant en bas. L'orage dura une lieure; c'était le troisième que j'avais vu en dedans du cercle Arcti(iue et ce dut être le dernier de cette année.
Avec un bon vent, nous arrivâmes à l'embouchure d'une rivière qui était le déversoir du Lange-Vand (cand, en norvégien, signifie « lac »); l'eau s'élançait avec une grande force, car c'était l'heure du reflux, et nous dûmes tirer le bateau le long du bord par le petit canal d'écoulement. Le lac a environ un mille de largeur, sur trois ou quatre [milles de longueur; les bords en terrasse étaient parsemés de fermes et flanqués à quehjue [distance en arrière de hautes montagnes, sur lesquelles on pouvait voir les sentiers suivis par le bétail lurs(|u'il se rend dans ses pâturages pendant l'été.
Après avoir remonté une petite rivière , nous arrivâmes dans ini second lac i>lus étroit et itlus long que le premier, avec des bords sombres et âpres. A la pointe est situé le hameau de Skjônstuen, complètement entouré de montagnes, la basse terre ayant l'apparence du fond d'un chaudron. Je passai la nuit dans un lit fait avec du foin frais, mais je ne [uis dormir. Ce mystère me fut dévoilé lorsque j'eus découvert que j'étais dévoré parim nombre prodigieux de [luces; quant au remède, je n'en trouvai pas d'autre que de me jeter sur une talili' (|ui nie servit découche. C'était la première fois que je faisais leur connaissance en Scandinavie. Les peaux de mouton, à moins qu'on ne les sorte nouvellement du grenier, sont des nids pour ces pestes, durant l'été, et, comme règle, dans les régions très primitives, il faut s'en méfier.
De Skjunstuen, le chemin est très raboteux et quelquefois il ne semblait pas possible d'aller plus loin, le sentier finissant en apparence au pied d'un récif à pic, ipii paraissait devoir nous barrer le passage; en nous servant de chaque pierre, nous pûmes continuer lentement notre route. Lorsqu'il y a un mort ici, on descend le cercueil jusqu'au bas de la falaise avec des cordes.
A douze milles anglais de Skjunstuen, nous arrivâmes a une ferme
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sur les bords de la rivière du Lang-Vand; c'était uue maison faite eu rondins de Imis et deux autres bâtiments ayant la l'orme de pains de sucre, constrnits en gazon. Nous ne trouvâmes rien à manger ni à boire excepté du lait aigre.
On ri'|ireiid la navigation à ccl cndroil, bien i|n"il l'aille allendre un tcmiis considérable avani de se i)rocnrer un baleau. Après ipR'hjnes coups de rames on atteint leLang-Vand supérieur. Nous limes une voile avec des branches de bouleau, nous la lixàmes sui' la proue de notre bateau plat, et, comme nous avions un vent Irais, nous avancions lestement. Le lac se trouve entre deux hautes montagnes; la vue est superbe el la cluile d'une cascade, tombani des hauteurs âpres et boisées, ajonlailà la beauté. Trois rivières — rYkii'u, la Lommi etl'Erva — â l'écume blanche, se jettent dans ce lac qui fourmille de truites splendides. Deux heures de navigation à la voile et à la rame nous tirent ai'rivcr â P'agerli, à l'exlrémilè supérieure du lac. Trois ou (piatn; fermes disséminées sur le bordconstiluenl le hameau de Fagerli. Mes tidèlesi)èclienrs m'avaient amené là nni'nie où leni' avail dil de me conduire le marchand de Veuset. Larsen nous recul aniicalemenl et les écoula alli'iilivemenl pendant qu'ils lui remettaieid leur message; entre lemps, sa femme nous préparait à manger.
L"hnmi)le ferme élail située au pii'd des collines, près du lac ; loul â côté passait la rivière Ykien, sur les liords de la((uelle étaient échoués de nombreux baliveaux de jtins el de sapins ([ue Larsen avail cou[)és pendant l'hiver, en haul de la montagne, et (|u'il avait tlollés jusqu'en bas lors de la fonte des neiges. Oueli|ues-uns avaient de vingl-trois â vingt-cinq pieds de long, et de douze â seize ponces de diamètre; d'autres, d'environ treize pieds de long, mesuraient vingt-huit pouces à une extrémité et vingt-six à l'aulre. La petite ferme avail deux maisons, dans l'une desiiuelles la chambre des élrangers me fut assignée. Dans l'attente des Lapons que l'on avait envoyé chercher, j'allai (piel(|uefois pêcher dans le lac, el, en moins d'une demi-heure, je revenais* avec ipialre ou cinq truites de dix-huit â vingt-deux pouces de longueur, prises avec des vers à riiami'çon. Du lait, do la crème, du beurre, du fromage, de la galelle et des fraises sauvages, (pie les enl'aiils allaient cneillii' pour moi, telle élait la carie de chaipu' jour.
Kn me rendant à uni' lérme voisine, de l'antre coté de rVkien, j'en-