‹ Le pays du soleil de minuitChapitre 43 sur 147 · CHAPITRE XI · texte numérisé non relu

CHAPITRE XI

Climat d'iHé en ileilans du cercle Arcti(|iie. — Végétation.

Aucun pays, depuis le cercle Arctique vers le nord, ne possède un climat aussi doux et une végétation aussi luxuriante que la Norvège et la Suède. Les contrées situées sous les mêmes latitudes en Asie ou en Amérique, offrent un aspect stérile et froid comparé avec la partie du monde que nous venons de visiter. Ce climat est dû à plusieurs causes : le Gulf-Stream, la Baltique et le golfe de Bothnie; la position des montagnes qui abritent les vallées; la prédominance des vents du sud et du sud-ouest qui soufflent presque toute l'année, spécialement en Norvège; les longues heures de soleil et la puissance solaire. Du côté norvégien, le long de la côte et des fiords, grâce à l'influence du Gulf-Stream, le printemps commence de meilleure heure, et l'été est plus long qu'en Suède ; mais les jours de soleil le sont moins et le climat est plus humide; consèquemment, la végétation ne croît pas si vite. L'été succède à l'hiver plus rapidement sur le golfe de Bothnie, et la végétation augmente presque visiblement, surtout lorsque la rosée est épaisse. Grâce à un hiver moins rigoureux sur la côte norvégienne, et à une période plus longue de temps moyen ou plus doux, bien des arbres fleurissent et prospèrent à une plus haute latitude qu'en Suéde.

|0(i LK l'AYS Dr SOL Kl L DE MINUIT

Le spijile, que l'on sème dans le cerele Aicliijue au commencement ou au milieu île juin, alleini une hauteur do sept à huit pieds au commencement d'août; il monte donc de (pialre-vingl-seize pouces en neuf semaines, et. si on le sème en premier, il pousse quelquefois de trois |)0uces par jour. A Niavi, l'orge (Mail prrlr à être moissonnée au milieu d'août, six ou sept .semaines après avoir été semée.

Le mélèze [lari-r et/ro/hva) s'étend en Suède un peu au-dessus du cercle Arctique; mais, en Norvège, il va plus loin. Le cerisier {priinitfi 'li(i(h(i<\ croît en Sin''ile en dedans du cercle arctiiiue; en Norvège, il s'avanci' jiisiiii'à 70° 20'. el. sur les liords de la rivière Taiia, il atteint une liaulenr de dix à douze pieds el poi'le di's IVinls. Le sorbier (surhiifi (iiiriijHirid) fructifie en Norvège au liord Allen, 70°; le tnrlius Iii/hrida pousse en buisson en Norvège jnsipi'à Tromso, 09°. Le lilas {si/rinr/a viih/avis) existe à Lofoden aussi liant que 08° 30'. L'érable [acer plahmdirJcs)^ — le maionnier (.tuciiIus lùjipocastanKm) el le nerprun (liumiiius l'rdiH/iihi) ponsseid jiisi|n'au cercle Arctiipie; l'orme lui mus iiKiiiliiiKi) croit au 07°; le ri/f/s//s t//pl/H/s à 08° iiO". et le neiselier frw'////Aw//Y'/A///^/), à Stegen. 07° oG'. mais il ne poi1e point de finils.

La région des sapins (l'ei/io si//rf/f/ct/) s'étend depuis la côte à environ 3,200 pieds au-dessous de la ligne des neiges; mais, vers les hautes latilndes, lesarlires grossissent très lenlement; ils soni rabougris et se tioiivcnl dans les marais. Quand le saiiin dis|iarail, on cesse de remanjuer les plantes suivantes : msi/ ri/aun/ioi/i/'//, rt/rcr (jlnbulnrh, (jal'ium horedlc, l//shii(iclii(( ll/i/rsi/lnra, /ilird(/mites coiuiintiiix, smiluviini bifolid.

Dans la deuxième région [rrijid siihsijifdlicd], les arbres conliniieid à croître à uni' baulcnr de 200 pieds au-dessous de la ligne des neiges. Des liii'èls de sapins écossais el aiih'es i/>i////.s si/lrcstris el d/iics) s'étendent en Suède aussi haut que 08° 30', et à 700 ou 800 pieds an dessus du niveau de la mei'. Plus le pays s'élève, plus ils sont rabougris, et ils disp;ii"iissenl dans Irs Irn-cs pins au nord. En Norvège, on les rencontre mémi' ;i l;i h.iiilriii- du 70° N.

La troisième région, |ilns caractéristique [n'i/io siilxiljiiiid) ^ est celle du boul(>au; ces arbres croisseiil à iinr |iliis li.inli' élévation i[ne tous antres. Le hrli/ld dllxi rrrnirosd pousse à mir bailleur de 2,000

FLORE NOHVKCIENNK IfiT

pieds dans la partie méridionale, mais on ne le viùl pas en Norvège au-dessus du 04°. Le hotiila alba fjl lit i noua, ou bouleau du pays haut, se rencontre à la partie septentrionale presque extrême, et pousse dans quehpies districts du sud jusipi'à 3.oOO pieds au-dessus du niveau de la mer. Le honleau atteint souvent une liautenr de quatrevingts pieds, prend un développement à ]ii'u prés pareil, ef atteint quinze à dix-huit pieds de circonférence dans le sud.

Dans la quatrième région {rprjio nljiiita). le houleau a disparu, ef le saule nain {sali.r (jlatica), le houleau nain ihrtifla nana), et le ^^w- W'm'ijiin'iperus cominiinis) croissent à environ 1,400 pieds au-dessous de la ligne neigeuse. On trduvc dans la cinquième région Xarbiiatiis alpina, le triciitalis etn'ojii'n, la rrronicn ulpiiia, X iiiidruinoda ccfulo'd, le ptcrh crispa, et YdrrlKiiu/i'licd. Plus liant, le saule et le liouleau nain perdent même leur forme de huisson ; le hotuJa nana rampe sur le sol. Sur les côtés chauds des collines, on voit le lijchnh (sayina?) apotala, Vop/u\i/s (orr/iis?) alpiiid, Xer'ujovon luiifloniin, Xaftlral/iilus li'diitiitns ; et, dans les marécages, Xaira (ilpinn, le cnrcx ustuliitii. If riicciiiiniii uH(juiosinii , même à (S(l(> pieds de la ligne des neiges.

Dans la sixième région, les montagnes ne dégèlent pas. Quand le sol est délivré des neiges, très peu de plantes croissent : Xcmpetrinn nigrum (sans baie.s) , Xandroiiirdn tctragona et lii/pnoidcx , la diapensif/ hipaiiicd ; sur les iléclivilés pins vertes, Xà f/riitiann tondla et n'iralh, la rdiiipariulfi mi'ijhird, la drahn 'dp'uin ; dans les endroits plus froids, le pedicidaris Jùrsutu et f'kninncii, la di/nis octopetal». La région s'étend à 200 pieds au-dessous de la ligne des neiges. Encore plus haut, comme nous l'avons vn, la végétation se montre en peu de fleurs exquises, et la mousse de icinie [eladonid range ferina], qui croit presque à la ligm: neigeuse, est abondante an S|»itzberg, 80° N. On eu fait de l'alcool, car elle possède un peu de matières farinacées. La mousse d'Islande (cctraria ishindica) abonde aussi et contient quatre-vingt pour cent de substance digestive; on s'en sert souvent (mélangée avec de la farine) pour remplacer le |iain dans les mauvaises années.

Quant aux céréales, nous voyons (jue le blé ne prospère pas en dedans du cercle Arc!i((ne en Suéde, (pioiipi'il réussisse en Norvège.

Le blé commun pI nutros espèces croissent jusqu'à Skil)itllen, GO^^S', et même très rapidement; dans le sud, depuis les semailles jusqu'à la moisson, il exige de MO à 120 jours. Les variétés d'été et d'hiver du seigle prospèrent aussi haut que le fiord Alten. On voit aussi l'orge à Alten; si elle est semée dans les derniers jours de mai, elle fleurit à la mi-juillet, et on la récolte à la fin d'août et au commencement de septembre; elle rapporte au décuple. L'avoine croît jusqu'au GO °N., et à Alten jusqu'au 70° ; le pois de champ pousse à Bodô, G7° 20'. Les pommes de terre rendent bien sur la côte de Norvège, à Alten, et, dans les étés chauds, même jus(pi'à Skarsvag, à environ 7r4',et même à Vadsô. Le climat est plus froid sur le coté est du cap Nord. A Vardô, 70°40'N, on ne peut commencer à jardiner ou à planter avant le milieu de juin, et quelquefois pas avant la Saint-Jean ; les brouillards prédominent depuis juin jusqu'à la fin de juillet; août et septembre sont généralement clairs.

Les betteraves poussent aussi haut que Vardô; h' ch.invri' el le lin. bien qu'assez médiocres, atteignent dans la région la plus septentrionale,au 70°N.,une hauteur de deux à trois pieds. Le vulpin, lafolle avoine et le trèfle rouge croissent jusqu'au 69° dans le Finnmark occidental; le trèfle blanc au 70°; on voit des navets ou raves à Vardô ; les carottes poussent jusqu'au fiord Varanger, et, à Alten, (dles atteignent un poids d'une livi'e el demie; les panais n'arrivent pas à |iliis d'un pouce et demi en grosseur. Le houblon croit jus([u'à Lofoden.

La contrée est surtout riche en baies. La fraise sauvage (//w/w/r/ vesca) est très parfumée, très douce, el nuuil au delà du70°N., el dans la partie méridionale de la Scandinavie, jusqu'à 3,000 pieds. Le framboisier sauvage inihiix iiLnis] prospère au 70° N., et, au sud, à une haulenr de 3,000 pieds; la framboise arctique (r///i//s nrcficux) est délicieuse, elle a le goût de l'ananas. On trouve aussi la canneberge {racciiiium o.ri/coccus) et la cnmmnQ[empetritm nujvinn]. Bien des variétés de brimbelles et de myrtilles {vacrinium) poussent partout au 71°, et. plus au sud, à une haulriu' de 3 à 4,000 pieds. On voit le groseillcr [ribes) aussi haiil tpie le 70° au Finnmark occiil('iit;il, et ilnns Syd-Va-, ranger, à la rivière Jacobs; dans les montagnes, il va jusqu'aux limites du sapin et du bouleau. Les groseilles noires et rouges sont sauvages sur les montagnes; de même la groseille alpine {nbes alpinum) [et la

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cornouille suédoise [cornus surcira). La baie la plus estimée est le

ruhus rhamœmorus ( ). qui pnusse partout aussi loin que le

71° N., et que l'on trouve au sud jusqu'à 3,000 pieds au-dessus du niveau de la mer ; avant de mûrir, elle est rouge, et, quand elle pousse en buisson épais, elle forme un très beau parterre rouge. La cerise [prunus ariuin et cerasus), mûrit jiarfois en Norvège, au 66° N.

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