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Irilniées (l;iii;> lo pays, fl, t'ii outre, deux collèges agricoles. Ces écoles ont graiulemenl contribué au développement et au perfectionnement de l'agriculture, et le i)euple les regarde avec une laveur toute particulière, popularité (pi'elles méritent ajuste titre. Le but de ces institutions est d'élever le niveau de l'agriculture et d'enseigner aux fils des lerniiers les moyens d'aniéliorer leurs terres. Les étudiants sont tenus de donner deux ans à leni' insli'uclion : les cours conipreinient les principes de l'agriculture et de l'horticulture, le soin des animaux domestiipu's, le perfectioiuiement des élèves, le dessin, l'arpentage, le drainage, les métiers de charpentier, de serrurier, de carrossier, de forestier, les matliéniati(|ues, la chimie agricole, la météorologie, l'ai'l du \élérinaire, la iiolani(|ue, un i>('ii de zoologie et de géologie, la l'abricalion du beurre et du fromage, la construction des barrières et lies nuu's. On a joint à (juelipu's-nnes des principales écoles des classes de laiterie pour lesfennnes; (dies y passent un an à faire du beurre et du fromage. Après avoir terminé leurs examens, les étudiants peuvent, s'ds le veuleid, passer encore deux autres années dans un collège agricole; ceitendani la plupart rctournenl chez leurs parents avec la coiuiaissance prati(|ue du fermage.
L'instruction est gratuite, m;us les étudiants donneni leurs travaux à l'école; la dépense est supportée en partie par la jirovince et en partie par l'État. Le coût du collège, y c(un])ris la nourriture et le logement, est d'environ 600 kronors jtar an. Il y a aussi un institut forestier, avec six ècoh'S moindres, pour l'éducalicui de forestiers pratiques. L'école d'agricuilure la jibis sei)lenlrionaIe est établie sur les rives de la rivière Lule; chaipu' li'in en a généralement nue, et, dans le sud, où la iiopulation est plus dense, (piehpiefois deux.
Cette année, le i)rix d'une vache, dans cette partie du pays, était de 80 kronors; (juand le foin est rare, le prix di'scend jusqu'à oO kronors. Un beau chevul de l'iMiiie vaLiil de 200 à 2oO kroimrS, et un mouton de 7 à 10 kronors; on payait vingt livi'es de mouton i kronors; dans la saison, on a vingt livres de saumon pour o kronors, et autant de bceuf de première (pialité pour la même somme ; le beurre coûtait oO ore la livre. Une corde de bois, de huit pieds de long, sur six de liant et trois de large, valail de i ;i fi kronois, et |iour ."iO ore on avait vingt livres de foin. La paye d'un journalier variail de 1/2 à 1 kronoi's par jour, les charpentiers
L'N ACCUEIL CUUDIAL l7o
et les nuirons leceviiicnl tic 2 à 2 ki'onors ut demi; mais les prix du travail ont presiiue doublé depuis.
J'étais venu à Uniea avec lierr Dauntell, (pii taisait une tournée d'inspection des écoles d'agriculture du nord. Ce savant était un lettré en anglais, et parlait en outre parfaitement le français et l'allemand; je lui fus redevable de bien des actes d'obligeance pendant nnju séjour dans son pays. Son gouvernement l'a envoyé, en (|ualilé de commissaire royal pour la Suéde, ;i l'Exposition de Pliiladelpliie, où l'on a eu occasion d'apprécier ses manières courtoises. En sa compagnie, celle (lu gouverneur de la lân, et d'auhvs fonclioniiaires, nous nous rendîmes en voiture à l'écule d'agriculture de Innertalle, à (juehjues nulles de la ville. Bien ipie ce fut le matin, tons élaient en tenue de soirée et portaient leurs décorations.
Le directeur de l'école, berr D' U..., avail reçu son grade de docteur en philosophie à l'université d'U[)sal. Cette institution, dont la renommée s'étend au loin, ne confère de grade (|ue (|uand le prétendant ;'i cet honneur a donné des preuves de capacité, en passant un examen rigoureux; on ne fait aucune exceiitiondans la stricte exécution de ce sage règlemeid.
L'école d'Irmertafle, (pii ne date (pie de [teu d'années, avait en culture un peu plus de cent acres de terrain ', mais 800 autres acres de terre inculte et de forêts devaient êln^ amendés par le labourage, et la nature rocheuse et marécageuse du sol offrait aux étudiants d'excellentes occasions pour apprendre l'art du drainage. Des ateliers de forgeron et de charpentier étaient] en pleines ojiérations; la grange et tous les bâtiments extérieurs me parurent très beaux. Le troupeau de la ferme consistait en (rente tètes de liét;iil, outre les chevaux, moutons et porcs de différentes espèces. On observait avec grand soin les produits des croisements. On faisait aussi des exjjériences avec le blé, (jui ne parait pas prospérer en ce district : en Norvège, ainsi que cela a été établi précédemment, il pousse plus au nord ({n'en Suède.
Nous fûmes chaudement accueillis, .l'étais frap[)é de l'aspect Confortable de la maison, et l'on voyait du premier coup d'œil que la main d'une femme y présidait. Les sofas et chaises du parloir élaient cou-^
: L'acre vaut 40 ace; 4671''.
verts de housses en toile blanche ; des pots de fleurs ornaient les fenêtres ; si propre était le par(|iiet, (jiroa irnignait de marcher dessus; il y avait un piano avec une pile de musique à côté; près de la fenêtre, une machine à coudre américaine; des liravures pendaient aux murs: des Jigurines en porcelaine étaient dispersées çà et là; sur la table, des journaux illustrés et des livres; dans un casier, des ouvrages français, allemands, grecs et latins; et parmi les livres pratiques en anglais, des essais sur » l'art de dompter les chevaux ' » et « comment on administre une ferme-' ».
Des fenêtres de derrière, la vue donnait sur un jardin rempli de fleurs, fraises, frambroises, groseilles, pois, carottes et pommes de terre, et plus loin, une étendue de champs verdoyants. La végétation me parut beaucoup plus avancée ici (pràLulea, (iuoi(jue la distance ne soit que de 70 milles envirun. Les fraises, très grosses, allaient mûrir, ainsi que les groseilles; les chuux, choux-fleurs et lailuesavaient pommé ; les pois portaient abondamment et des melons poussaient sous cloches.
Lorsque l'examen de l'école fut terminé, on nous invita à prendre part ;i un succulent repas, dont la maîtresse de la maison fit les honneurs avec une grâce si charmante, que l'on se serait cru chez soi ; le reste de la journée se passade la façon la plus agréable. Entre autres plats, on nous en servit un(jui est particulier à la Scandinavie : un pudding de poisson; en Suède, on emploie comnuuiément le brochet; en Norvège, la morue. Le poisson est découpé en petits morceaux après ([ue l'on en a retiré les arêtes, puis haché très fin avec du beurre; après (pioi, on le mêle à des œufs, du lait, de la farine, assaisonnés de [loivre et de sel; un fait bouillir le tout dans un moule pendant deux heures, puis on le mange avec du beurre et de la sauce d'écrevisses ou de homard. Ce |)lat est vraiment délicieux et très léger. Il y en a un autre, ajjpelê kôttbullar, très populaire, fait du meilleuili(euf, mêlé de graisse et haché fin; on y ajoute des œufs, du lait, desê|)ices, puis on lemidc en boulettes, et on le frit dans le brinre. L'n aulri' plat, dénommé kôldolmar, se prépare de la même manière, mais on le roule dans des feuilles de chou bouillies, i)uis on le met dans un pot avec du beurre et on le fait cuire ;i petit