‹ Le pays du soleil de minuitChapitre 48 sur 147 · UN CAS DR FIKVRE TYPHOÏDE · texte numérisé non relu

UN CAS DR FIKVRE TYPHOÏDE

niêiits, el les spéculateurs vireni liicii que la hausse ue pouvait pas toujours durer.

Un jour que j'entrai dans une maison où régnait la fièvre typhoïde, un triste spectacle frappa mes yeux. Une petite fille d'environ dix ans expirait dans les bras de sa mère (pii la caressait. Le col de l'enfant, non encore raidi par la iu(»rt, |>erniellail à la lête de se balancer en tous sens (piand la mère passait la inain dans ses cheveux; mais les mouvements cessèrent graduellement et alors elle fut convaincue que la pelile avait cessé do vivre. Qiioiiprelle ne versât pas une larme, elle ne pouvait cacher les angoisses de sa douleur. Pour ([ue la désolation de ce foyer fût plus complète, siu' un lil voisin était couchée une autre fille atteinte de la même maladie, e( si [làlc, (pi'elle semblait prêle à rejoindre sa sœur. J'en avais le cœur serré.

— Avez-vous vu le médecin? dis-je à la mère.

— Oui; il m'a donné une ordonnance, mais elle n'a pas fait de bien.

— A-t-ilvu l'autre enfant?

— Non.

— Pourquoi ne l'avez-vous pas fait appeler?

— Je suis trop pauvre, répondit-elle.

Je me souvins que j'avais dans mon bagage un médicament que feu mon excellent ami, le D' F.-L. Harris, m'avait donné lorsqu'il me serra la main à bord du steamer qui m'emportait loin de l'Amérique, en me disant : «Ayez bien soin de vous, mon garçon! »

— Je vais revenir, dis-je, et je vous apjjorlerai un remède poiu' votre enfant, qui sera, je l'espère, la consolation de votre vieillesse.

Le médicament fit très bon elTet, et, avant que je quittasse la province, la fillette était guérie.

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