CHAPITRE XIII
Provinces iiiéridionalos do Wfslerboltpii. — Angerinanlaiiil. — rne belle livièrc. — Oriisknl «Isvik.— lue fôle |iitloresi|iie. — Ilerii'isaiirl. — .le iiiiilte llernôsaml.— Une roule cliarnianle. - Seène rurale.— Ecole d'agricullure à N'ordvik. — lieaux liiliments. — Quartiers des iHudianls. — H('i;ienienl#. — Accueil liospilalier. — Va diiier. — l.'holesse. ^ llonntteté du peuple. — Amélioration dans la végétation. — l'oniniiei-s. — I-e liameau de Nora. — Cliansïemenls de lenipirature. — Inc réunion. — La rivière Angermann. — Lue belle ferme. — (jrande hâssja. — Fabrication du beurre. — llarmanger. — L"église paroissiale. — Kpitapbes rlans le cimetière. — Cummeut on a siiin du pauvre. — Funérailles à Njnlanser.
Au siiil lie \V('.<!('rlMill('ii son! les pniviiifc.-^ (rAiiL'i'rnianlaml, de MtMU'lpail l'I (II' llclsiiifland, .siliiri'S ciilrc le 01' cl le (iV ilcuirs di' laliliitlo, arros(!'t^s par de licaiix lacs cl de belles rixièics: des l'ortMs cmivreiil de \asles clendiies; les rivages Sdiil di'iilcli's de haies cl île lidi'ds sur les CiMti's (lcs(|uc|s, près de la mer, ;i|i|iaiaissenl i|e jolii's villes cl lies villages piltorcstpii'S. Quand iKiiisaiirniis cnv dans leurs bois cl dans loufs vallées, ipiand nous atiiuns visilé leurs liaiiicauv cl Icins rennes, nous Iraverscrons eiiCDre une l'ois la pti'iiiiisule Scandinave diine nier à raulrc. cl innis ciuuitaieroiis sa véi!;(''lalioii à celle Je la coiitive plumait nord.
l-'Angcnnanlaiid c>l une liellc piovincc, cl lieaiicnu|i de ses vallées stiul liés prodnclivcs. l.'Aii^ennanelIven. (|iii aiiose lunl smi lenitoii'c, esl la plus prormide rivière du N^rdlaiid cl de lu Siicdi': les
UNE COTE PITTORESQUE I8.i
sleamboals la remontent jusqu'à Myland, distant d'à peu près soixante milles, les petites embarcations poussenl JMsi|ii';i Holm, à Ireiilc milles plus juin.
La localité la plus se[)lenlrionale sur la côte est le village d'Ornskoldsvik, en laliludc 03" l.'J', an milieu de collines à rexirémité d'ini liurd, avec une pupulalioii de 000 âmes. Elle est composée d'une grande rue bordée de maisons giandes et commodes, doni deux ou trois ont environ l.'K) pieds de long sur 4U à io |)ieds de large; presque joutes reposent siu' i\r<- l'ond.ilions en granit et sont peintes en bl.iiie on eu jaune cliiii'. Il y ;i plusieurs magasins, inie sl.itioii léléyi-.iphiipie, un hôtel et im petit jardin piddic.
Siu' la côte méridionale d'OrnskôldsN ik, la scène augmente de beau lé, et. jusipi'à Suudsv;dl. I;i rôh' l;i plus èlevi'c de l;i Suéde, de nombreuses îles émaillent la merle long du bord; les principales sont rilô-nord et Ulfo-sud, habitées par (pndipies ciuitiiines de pèriiein-s.
La ville la |)lus importante et en même temps le port de la province est Heniôsand sur l'île dllernô, en latitude Oi° 'MV, avec nue po]»nlation de 4,700 âmes. Elle est admirabItMueul située sur la déelivilé d'une colline et ollre à la \ue de belles résidences; c'est le siège li'nn gouverneur, d'ini évèipie. d'inie cour ili' justice, et sa position près l'entrée de la |-i\iéi'i' Aiigernian lui donni' nue assez grande importance cminnerciale.
\oii loin de la ville se lrou\e l'école d'agi'icultnre de .\ordvik, (pie j'allai visiter le 28 août en prenant passage à bord d'un petit steamer, La matinée était superbe et l'eau sans une lide; l'air avait la sécheresse particulière, la pidpriéié rafraîchissante (pii donne la force à l'homme l'aligné et lend la sauté au malade ; il fallait se nnniir d'im pardessus, car sur le pont le mercure était à ."j:!". Après avoir vogué im l)eu pins d'une heure, je débarcpiai et trouvai le directeur de l'école (jui nous attendait; nous passâmes en voiture par un cliaihianl pays, sur une roule excellente ipii côtoyait le liord. L'iie brise légère et fraîche, chargée des émanations des plus et des llenrs sauvages, souftlail sur nous; des oiseaux et des papillons voltigeaient partout, et des ruisselels d'eau claire bondissaient en bonillonnani dans leur course vers la mer; la roule était bordée de cha(|ue côté d'une herbe courte parsemée de nndhers en pleine lloraison. Pendant (^ue nous montions et descendions
18i LK PAYS DU SOLEU. DE MINUIT
les collines, des lionls, des iles, des navires, des bois, des fermes, des prairies et des cliamps cultivés venaient successivement frapper nos yeux.
L'école de ^'ordvik est nue iiistihilidii plus ancienue (jue crile d"Inner(afle; elle est aussi dans un district l)eaucoup |)liis leitile et plus pen[tlé: c'est pounpuii l'agriculluie a plus tressor, el les expériences sur différentes espèces de grains peuvent être poursuivies avec de meilleurs résultats par suite de sa situation plus méridionale.
Les bâtiments de la ferme sont commodes; on y a joint une immense grange d'environ 200 i)ieds de long et large en proportion. Au rez-de-chaussée se Irouveiil les écuries jiour le bétail], avec un chenal par leipiel les déjeclions des animaux se rendent dans une hutte adjacente, où l'engrais est préservé de tout contact avec la pluie; en outre, un grand espace pour remiser les voitures, chars, charrues et autres ustensiles aratoires; de l'autre coté, on enunagasine le grain.
De mémequ'à Inncrlalle, les jeunes gens qui recevaient riiisiriiclion étaient au nombre do douze; leur cpiartier renfermait une cuisine, une salle à manger, une salle d'étude, et des chambres à coucher, le tout remanjuablement propre. A midi, ils vinrent diner; c'étaient des gars solides et bien portants, aux visages hàlés par le grand air. Les étudiants d'ici me parurent plus avancés en écriture que ceux des premières écoles (pie j'avais vues, et pourvus d'une meilleure éducation préliminaire; je remarquai un iierfectionnement progressif sous ce raj)port à mesure (lue j'avançai vers le sud, dans des districts plus riches. Ces jeunes gens, par l'étude, le travail, et l'économie, se pré{)araient pour la carrière agricole, cette noble profession qui doit être le but incessant de leurs efforts; ils désiraient en porter haut le drapeau cl se tenir au niveau de la marche du progrés.
L'école n'avait que seize vaches, mais les produits s'amélioraient raiiidement en apparence aussi bien (pi'en valeur. Une des vaches avait donné dans une année 300 gallons de lait', deux gallons un quart rendent, en moyenne, une livre de beurre ; on tient un compte exact dé la (piantité de lait donnée par chaque vache, surtout (piand les élèves